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evolution de la gacilly au fil des années

 

 

COMMERCE

 

Le Marché - Les Halles.

Le premier document à parler du marché de La Gacilly est un aveu de 1465 où il est écrit : « une halle ou cohue située au milieu de la ditte ville où il y a marché tous les sabmedys ». Dans un autre aveu du 13 septembre 1639, il est aussi question d’une halle ou cohue au milieu de la villeLe premier document à parler du marché de La Gacilly est un aveu de 1465 où il est écrit : « une halle ou cohue située au milieu de la ditte ville où il y a marché tous les sabmedys ». Dans un autre aveu du 13 septembre 1639, il est aussi question d’une halle ou cohue au milieu de la ville. Il est donc permis de penser que le lieu et le jour du marché datent au moins de six siècles. A cette époque, la cohue était en fait une place publique réservée à diverses manifestations comme les marchés, la tenue des petites justices ou cohues. A signaler que ce dernier mot vient du breton koc’hu qui veut dire justement halle. Cette place halle/cohue de La Gacilly se trouvait entre le carrefour Olivier et le placis du Cas-Rouge.

Lorsque le sieur Yves-Marie de la Bourdonnaye (pas encore marquis) prend possession des terres de La Gacilly en 1711, il envisage immédiatement l’ouverture de deux foires supplémentaires et d’un second marché le mardi à La Gacilly qui s’ajoutera à celui du samedi. Par missive de 1712, il adresse sa requête au roi Louis XV qui lui accorde, par lettres patentes de janvier 1713, de créer les deux foires et, par lettres patentes de février 1739 enregistrées à Nantes le 26 novembre 1739 que recevra son fils Louis, d’ouvrir un second marché le mardi. Le document royal précise que « le seigneur devra construire une halle, que tous les marchands, étals, boutiques et échoppes seraient admis à aller, venir, séjourner et échanger toutes sortes de marchandises licites et permises ; que ce mardi serait remis au lendemain, s’il tombait un jour de fête solennelle ». Pour la concession des deux foires et du marché du mardi, Yves-Marie de la Bourdonnaye paya cinquante livres comme « droit de joyeux avènement au roi de France ». Malgré la concession royale, le marché du mardi n’eut jamais lieu car, ce jour-là, se déroulait celui de Carentoir. Pour ne pas nuire à ce bourg, l’idée fut abandonnée.

 En 1739, Louis-François de la Bourdonnaye fit cependant construire les halles au milieu de la ville et y fit « établir les étalages nécessaires aux marchands » ce qui lui permit d’encaisser des droits d’entrée, d’étalages, de havage et de bouteillage dont la perception fut assurée par ses fermiers. Ces halles furent construites entre le chemin menant aux ruines du château et le placis du Cas-Rouge, pratiquement à l’emplacement de l’ancienne cohue ; elles ressemblaient très fortement aux halles de Questembert avec douze piliers carrés plutôt massifs en schiste ; ils étaient surmontés d’un toit à deux pans soutenus par une charpente en bois très sophistiquée. Cette construction avait « une croupe assez désagréable à son extrémité Nord » et, la tête, côté Sud, était « flanquée, à l’Ouest, d’un petit clocher en ardoises d’une hauteur de quatre mètres qui logeait une cloche de médiocre grosseur avec une vieille horloge dont le marquis de la Bourdonnaye avait autrefois gratifié sa bonne ville de La Gacilly. Ce seigneur avait aussi fait construire en mansarde, dans ladite halle, une vaste salle voûtée pour les audiences de son sénéchal », c’est à dire celui qui rendait la justice en son nom et qui s’occupait de ses finances. C’est sur le petit clocher que « se plaçaient les insignes gouvernementales et, fidèle écho politique, sa flèche vit en peu d’années se succéder à sa pointe, le bonnet de la liberté, l’aigle impérial, le drapeau blanc et la flamme aux trois couleurs ».

Toujours en 1739, en sollicitant la réunion des trois justices de son ressort et leur transfert au bourg de La Gacilly, le parlementaire demandait aussi la suppression de l’ancien marché de Ruffiac et son transfert à La Gacilly qu’il obtint. A cette époque, la demande était très forte pour l’accroissement du nombre de foires et de marchés où s’effectuait la quasi-totalité des échanges et des achats importants. Les tenues de ces foires ou marchés d’une localité étaient souvent déplacées dans une autre localité ; ces changements obéissaient à des motifs complexes et nombreux : désaffection d’un pardon, construction de halles, lieux de passage prenant de l’importance, développement d’une ville proche, changement de lieu d’habitation du seigneur.

La Révolution allait amener des bouleversements et les halles qui, en 1789, dépendaient de la seigneurie, sont vendues, comme bien national, ainsi que la maison qui servait de prison située au même endroit, le 2 septembre 1803 (15 fructidors an 11) à dame Françoise Poligné, veuve de Pierre Roussel, marchande demeurant en la ville de La Gacilly, pour la somme de 2.400 livres par le citoyen Hervé Provotaye représentant Charles de la Bourdonnaye. La municipalité les récupère le 5 août 1811 ; au nom de la commune, le sieur Godefroy Saulnier, notaire, demeurant à la Bouère, achète le bâtiment à cette dame Françoise Poligné, pour la somme de 2850 francs, somme provenant de la vente du Vaulieu, un commun situé au bord de l’Aff entre le chemin du Vaugleu et le pont.

Dans le rapport d’une délibération du conseil municipal de 1809, il est écrit que « cette halle avait été construite sur le terrain de la ville ; qu’elle avait toujours été déclose et appuyée sur des piliers ; que le sieur de la Bourdonnaye n’avait joui que du droit de coutume ; que la chambre au-dessus était indivise entre le sieur de La Gacilly, ceux de la Ville Orion et de la Ville-Louët, pour les audiences de leurs juridictions ; que les habitants s’en étaient toujours servis pour loger leur bois dans la mauvaise saison ; que l’horloge avait été transportée du donjon de la halle dans le clocher de l’église situé à l’extrémité de la ville, il y avait environ quatre vingts ans ».

En 1886, le maire, Léon Eoche-Duval, et le conseil municipal décident d’abattre ces halles afin d’agrandir l’hôtel de ville construit entre temps sur l’extrémité Sud et aussi afin de construire de nouvelles halles plus modernes de structure métallique copiées sur les halles centrales de Paris construites en 1870 par Victor Baltard. Puis, pour faire place à un parking, presque un siècle plus tard, elles disparaîtront à nouveau pendant l’été de 1970 ; François Mousset de Carentoir,

 

Les Foires Gaciliennes.

Le premier document faisant référence aux foires de La Gacilly date de 1320 ; il y est écrit que : « les foires de Saint Sylvestre, de my-caresme, de Saint Bartélemy et de Saint Martin d’hyvert » étaient très suivies des cultivateurs de Sixt-sur-Aff, de Cournon, de Bains-sur-Oust et de Redon. Au début du XV° siècle, sous Guillaume III de Montauban, donc un siècle plus tard, ces quatre foires existaient toujours et avaient pris une certaine importance.

Le marché aux volailles, après la construction de la « maison de ville » en 1835, se tenait place Municipale (place du Général de Gaulle actuelle), à La GacillyEn 1465, dans un acte traitant de la gestion du chapelain du château de La Gacilly, il est dit : « … et outre cinq foires par chacun an, savoir : quatre en la ditte ville de La Gacilly : les jours de Saint Sylvestre, le sabmedy de la my-caresme, les jours de la Saint Barthélémy et Saint Martin d’hyvert avec les droits de coutume aux dittes foires et marchés sur toutes et chacune des marchandises et devoir de trépas (droit de passage, c’est à dire octroi) dans l’étendue de la ditte terre ». La cinquième est une assemblée à la trève de la Chapelle-Gaceline, au jour de Saint Pierre et Saint Paul. D’après ce texte, les foires avaient donc lieu le 31 décembre pour la Saint Sylvestre, le 24 août pour la Saint Barthélemy et le 12 novembre pour la Saint Martin ; pour cette dernière, il y a ambiguïté car, dans le sanctoral de l’église catholique, au 11 novembre, est placée la fête de Saint Martin, évêque de Tours, celui qui partagea son manteau avec un pauvre en plein hiver d’où son nom de Saint Martin d’hiver et le 12 novembre, dans ce même sanctoral, il y a une autre fête de Saint Martin, pape et martyr de l’empereur Constance. Il semble que la foire de La Gacilly avait bien lieu le 12 novembre et pourtant elle s’appelait « Saint Martin d’Yver ». Pour ce qui est de la foire de la Mi-Carême, elle n’avait pas lieu à une date fixe car il faut savoir que Pâques a toujours lieu le premier dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps, c’est à dire entre le 22 mars et le 25 avril, la Mi-Carême est donc placée trois semaines avant cette date puisque le carême dure quarante jours. Par suite, le « sabmedy de la my-caresme » n’a pas de date fixe et peut varier entre le début de mars et le début d’avril.

Dans un minu de 1513, les droits de coutume et de trépas sont détaillés : « sçavoir, de chacun cheval portant marchandises, ung denier ; et chacune charrette portant charge, deux deniers ; et chacun cheval ou jument que l’on mène pour vendre, ung denier ; et troyes bestes o le pié fourché que l’on mène pour vendre, ung denier ; et le droit d’estaillaiges, bouteillage et coustume de la foyre estant au dit lieu le jour de Saint-Martin d’Yver, quel droit de coustume monte, par chaque étal des estrangiers, quatre deniers ; et chacun tavernier, un pot de vin de bouteillage ». De plus, aux termes d’un aveu de la même année, il est dit que le seigneur de La Gacilly est en droit « de contraindre ses sujets à mettre les vins qu’il vendait en détail à prix raisonnables ».

Dans un aveu du 13 septembre 1639, il est toujours question de ces quatre foires et aux mêmes dates.

Dans un aveu de 1645, si les quatre foires existent toujours, les dates ont été modifiées ; voici le texte de cet aveu : « avecques quatre foires l’an, savoir : l’une le jour de Saint Martin en yver, le samedi prochain avant Quasimodo, le premier jour de may et le mardi prochain enprès la my-aoust ». Il semble donc que, si la foire de la Saint Martin n’a pas changé de date, celle du samedi de la Mi-Carême a été déplacée au samedi qui suit Pâques, puisque la Quasimodo est le premier dimanche après Pâques ; celle de la Saint Barthélemy (24 août) est devenue la foire du mardi après la mi-août et enfin la foire de la Saint Sylvestre a été remplacée par celle du 1° mai. Cet accommodement des dates et jours de foire avait dû être demandé par les personnes qui venaient à ces foires et parfois de très loin ; comme le dit l’abbé Chérel, « ces foires amenaient des négociants et marchands de l’Ile de France et de Bourgogne, du Poitou, de la Gascogne, de la Touraine et même des Flandres.

Après être devenu propriétaire de La Gacilly en 1711, Yves-Marie de la Bourdonnaye adresse au roi Louis XV à la fin de 1712, une requête afin d’obtenir le droit de tenir deux foires supplémentaires à La Gacilly. La permission lui est accordée par lettres patentes de janvier 1713 de « créer et établir à perpétuité une foire le 6 (ou 26) avril, le lendemain du jour de la Saint Vincent et une autre, le 17 juin, le lendemain de la fête de Sainte Julitte et de Saint Cyr. Les lettres patentes du roi furent enregistrées à Rennes le 4 mars 1713.

C’est à partir du milieu du XVIII° que le nombre de foires va augmenter car elles deviennent un lieu d’échanges et d’achats de plus en plus important. De six en 1713, elles passent à treize un siècle plus tard ; la liste en est donnée par un document de 1840 :

  • Le samedi avant le carême.
  • Le 3° samedi de carême, c’est à dire le samedi de la Mi-Carême.
  • La veille de la Quasimodo.
  • Le 2° samedi de mai.
  • Le 16 juin.
  • Le 2° samedi de juillet.
  • Le samedi après le 25 juillet.
  • Le 24 août à la Saint Barthélemy.
  • Le 2° samedi de septembre.
  • Le samedi après le 29 du même mois.
  • Le 2° samedi d’octobre.
  • Le 12 novembre à la Saint Martin.
  • Le 31 décembre à la Saint Sylvestre. 

Ogée, dans son Dictionnaire de la Bretagne, en 1845, parle de la très grande importance des foires et marchés de La Gacilly. Ducrest de Villeneuve, en 1842, parle de ces treize foires et ajoute que des marchés aux bestiaux supplémentaires avaient lieu de la Quasimodo au 24 août.

Sur le vu de la liste qui figure ci-dessus, quelques remarques s’imposent :

  • Les quatre foires initiales de 1320, à savoir : le samedi de la mi-carême, le 24 août, le 12 novembre et le 31 décembre se retrouvent dans cette liste, contrairement à la liste de 1645.
  • Les foires de 1645 se retrouvent, en gros également, dans cette liste avec le samedi de la Quasimodo et le 12 novembre, fête de la Saint Martin.
  • Par contre, sur les deux foires créées en 1713, l’une, celle du 6 ou 26 avril de la Saint Vincent a disparu en 1797 (c’était plus une assemblée qu’une vraie foire) et celle du 17 juin a été ramenée au 16, jour même de la fête de Sainte Julitte et Saint Cyr.

Les six foires nouvelles qui apparaissent dans cette liste, ont comblé des vides qui existaient dans le calendrier annuel et En 1842, une nouvelle foire est encore demandée ; une étude est confiée par la municipalité à Emmanuel Etrillard. Pour ce faire, il commence par dresser une carte dont La Gacilly est le centre et trace, à partir de ce centre, un cercle ayant un rayon de deux myriamètres (20km) pour délimiter la zone d’influence de la future foire. Il dresse la liste des communes concernées où, curieusement, des villes comme Béganne ou Rieux sont omises. Pour cette dernière, il faut faire remarquer que des foires importantes y étaient implantées et depuis fort longtempstoutes ces nouvelles foires se déroulent un samedi, elles coïncident donc avec le jour de marché ; seuls les mois de janvier et de février sont dépourvus de foire. Pendant tous ces siècles, à aucun moment il n’est question du rassemblement de Saint-Jugon qui donnait pourtant lieu à une espèce de foire. La raison en est toute simple : les foires d’assemblée ne sont pas assujetties à l’octroi mais seulement au droit de coutume perçu par le seigneur, propriétaire du lieu saint.

En 1842, une nouvelle foire est encore demandée ; une étude est confiée par la municipalité à Emmanuel Etrillard. Pour ce faire, il commence par dresser une carte dont La Gacilly est le centre et trace, à partir de ce centre, un cercle ayant un rayon de deux myriamètres (20km) pour délimiter la zone d’influence de la future foire. Il dresse la liste des communes concernées où, curieusement, des villes comme Béganne ou Rieux sont omises. Pour cette dernière, il faut faire remarquer que des foires importantes y étaient implantées et depuis fort longtemps.

 

Lors de la création de la foire de la Saint Vincent en 1713, des emplacements furent attribués pour la vente des bestiaux :

  1. Le marché aux moutons et aux cochons se tenait à l’extrémité de la rue du Bétail, dans l’angle de la rue du Pavillon actuelle et de celle qui monte à la Bergerie,
  2. Le marché aux chevaux se déroulait à l’extrémité de la rue Saint-Vincent, le long du chemin qui partait vers Ploërmel, c’est à dire l’ancienne voie romaine., Ces deux marchés étaient reliés par un sentier qui longeait la chapelle Saint-Vincent,
  3. Le marché aux volailles, après la construction de la « maison de ville » en 1835, se tenait place Municipale (place du Général de Gaulle actuelle),
  4. Le marché aux châtaignes, quant à lui, se tenait sur le placis du Cas-Rouge.

En 1840, lorsque le docteur Mathurin Robert acquiert un hectare de terrain dans le domaine Lasalle, en face de la nouvelle église, c’est pour y aménager une vaste place qui servira de champ de foire. A partir de cette année-là, l’ancien marché aux moutons est délaissé, le marché aux chevaux devient le marché aux cochons et tous les autres bestiaux se retrouvent sur le nouveau champ de foire ; quelques années plus tard, les bœufs se retrouveront autour de l’église. Ces grands marchés de bestiaux perdureront jusque dans les années soixante, c’est à dire jusqu’à ce que les marchands de bestiaux soient motorisés.

 

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Les Métiers Gaciliens.

Dans la liste des mariages gaciliens de 1646 à 1747, le curé qui enregistre les unions à cette époque-là, a pris soin de noter parfois les occupations des jeunes gens qui se marient. En ce qui concerne les jeunes filles, il est permis de penser que leur occupation principale est de rester au foyer pour assurer la cuisine, le ménage, élever les enfants tout en apportant une aide précieuse à l’époux lorsqu’il travaille sur place ou en exécutant des travaux de couture ou de filature. Sur les 700 mariages qui eurent lieu en cent ans à La Gacilly, une seule fois il est fait mention d’une occupation féminine : journalière avec Louise Burban qui épousa un laboureur, Jean Coué le 13 mai 1709.

Les métiers exercés par les hommes peuvent être divisés en cinq grandes catégories :

  • Les métiers de la terre.
  • Les métiers de la maison.
  • Les métiers de la bouche.
  • Les métiers de l’étoffe.
  • Les professions libérales.

Il faut remarquer cependant que les différentes catégories s’imbriquent parfois l’une dans l’autre ; ainsi le laboureur cultive le lin et le chanvre, travaille souvent cette matière première et même tisse les toiles et les vend par la suite. De plus, à l’intérieur d’une catégorie, une personne peut fabriquer et vendre en même temps, c’est à dire que l’artisan est aussi commerçant et très souvent la distinction entre les deux n’est pas facile à faire ; ainsi un tisserand fabrique ses toiles et peut très bien les vendre au détail ensuite. Enfin, la ville n’a pas le monopole des boutiques d’artisans et de commerçants ; c’est ainsi qu’un cordonnier, Jean Pelet, est installé à la Saudraie et Jean Riaud à Trégaret. Guillaume Callot est boucher au Lieuvy, René Hervy est tailleur d’habits à la Provostais et Ambroise Noël à Lauloyer. Même les professions libérales se retrouvent dans les villages, par exemple, maître Jean Pézeron habite à la Glouzie.

 Il est hors de question de vouloir entreprendre une étude, si minime soit-elle, de chacun de ces métiers ; cependant les moins connus de ces métiers ou ceux qui ont disparu, donneront lieu à un développement suivant leur importance et surtout suivant les archives qui en parlent.

  • Les Métiers de la Terre.

Aux XVI° et XVII° siècles, tous ceux qui travaillent la terre ou élèvent des bêtes sont appelés laboureurs. A partir de la moitié du XVIII° siècle, ils seront dénommés cultivateurs puis, quelques années plus tard, ils deviendront les agriculteurs, c’est ainsi que le citoyen Viviers, habitant dans l’ancien presbytère de la Motte, sera appelé agriculteur en 1790. Fait remarquable dans la liste des mariages gaciliens, il y a autant de laboureurs dans la ville de La Gacilly que dans les villages gaciliens ; la distinction très nette qui existe actuellement entre la ville et la campagne ne l’était pas à cette époque-là. Même après la guerre de 39/45, il y avait encore des personnes qui possédaient des vaches ou des chevaux dans la ville de La Gacilly.

Pour les métiers de la terre et avec les laboureurs, il y a aussi beaucoup de journaliers ; eux non plus n’habitent pas forcément à la campagne, ils sont très nombreux dans la ville de La Gacilly et, en 1798, ils sont même plus nombreux en ville qu’à la campagne, il faut dire qu’alors ils sont devenus des journaliers pour les métiers de la bouche et de la maison plus que pour les métiers de la terre. A partir du XVIII° siècle, lorsqu’ils seront embauchés pour une certaine période et non plus pour une seule journée, ils prendront alors le nom de domestique et auront généralement le couvert et le gîte chez l’employeur.

 Voici quelques journaliers gaciliens :

  1. 1701, Georges Morice,
  2. 1798 : près des Halles : Marie Garel et Yves Chesnais.
  3. Rue du Pont : Marie Cheval, Joseph Morin, Louise Devaux, Louise Poulain, Jean Bruc, Jean Grimaud et la veuve Cheno.
  4. Au Cas Rouge : François Rouillé et Jean Morice.
  5. À la Bouère : Joseph Percheul et Gilles Hervé.
  6. À la Villouët : François Colin qui est d’ailleurs appelé domestique.

Enfin d’autres métiers peuvent être rattachés à cette catégorie, entre autres :

Le charron :

Mathurin Proudy au Tay en 1798.

Le forgeron:

ancienne forge de Mr SIMON Rue Lafayette à La Gacilly

 

 

Le maréchal : Jacques Métayer en 1701 ; à la même époque, il y en a un autre au Pâtis ; en 1788, Joseph Danard, époux de Marie Maude et, en 1798, Mathurin Jagut au Cas-Rouge et Julien Bruc dans la rue du Pont.

 

 

 

 

 

 

 

Le tanneur :

Le bétail est très nombreux, élevé pour sa viande mais aussi pour sa peau. Malgré le bas prix du cuir, les tanneurs sont très nombreux. En 1679, Jean Chesnais est tanneur à La Gacilly ; au début du XVIII° siècle, il y en a un de chaque côté de la rivière au Bout-du-Pont, un autre à la Bouère et un également au Pâtis ; en 1798, il y a Pierre Soulaine à l’emplacement du café Leclerc, les frères Rondoin dans la rue des Ponts, Julien Bizeul derrière l’ancienne poste ainsi que Michel-François Le Guiff à la Bouère. A un mariage de 1794, à La Gacilly, onze tanneurs sont témoins. Quelques années plus tard, il sera même installé une chamoiserie pour la préparation des peaux.

  • Les Métiers de La Maison.

Dans cette catégorie, il aurait pu être fait une distinction entre les métiers de la pierre et de l’ardoise, puis les métiers du bois voire ceux du fer ou encore ceux du cuir mais cela aurait mené trop loin et n’aurait pas facilité la compréhension :

Les maçons :

Michel Hochet au Pâtis en 1798.

Les menuisiers :

François Percheul à la Provostais, Philippe Gateau, rue Saint-Vincent, Jean Denoual, rue du Pont, de même que Honoré Clésio.

Les charpentiers : Charles Sorel à Brozéas et Julien Morice au Tay.

Les couvreurs :

 François Espert (ou Spert) à Brozéas, Jean Spert, rue du Pont et Pierre Gautier dans la même rue. En 1712, Yves Ozaine est couvreur à La Gacilly

Les serruriers :

 En 1788, Guillaume Le Masson au Cas-Rouge qui fut accusé de vol par Marie Méaude, l’épouse de Joseph Danard, le maréchal-ferrant. En 1798, Yves Chenais, chemin des Barres, derrière la maison Renaud, Joseph Bizeul, dans la maison Collet de la rue du Pont.

Les cordonniers : 

ancienne cordonnerie JUHEL Rue Monteil à La Gacilly

 

 

Jean Pelet à la Saudraie en 1672 ; à la même époque, il y en a un à la Ville Jarnier et Jean Grinsart l’est à La Gacilly en 1702. En 1798, il y a aussi Jean Fontaine à la Villio ; Gilles Epaillard et un Homet dans le chemin des Barres, Jean Moulin et Jean Racouët dans la rue du Pont.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les horlogers

ancienne horlogerie BERTHAUX

 

 

Qui n’apparaîtront que peu de temps avant la Révolution : Jean-Baptiste Le Dault dans la maison Lalys de la rue du Pont.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais il y a aussi des métiers moins connus comme

Les chaudronniers :

Louis Pinaud de la rue du Pont.

 

Des métiers ont pratiquement disparu ; c’est le cas pour

Amoulangeurs

Comme Joseph Sorel de la rue Saint-Vincent. C’est un artisanat qui s’est éteint avec la disparition des moulins à eau et à vent ; l’amoulageur était en fait un charpentier spécialisé dans la réparation des moulins, principalement des dents des roues d’engrenage qui s’usaient très vite.

  • Les Métiers de Bouche.

Les bouchers :

 En 1670, Guillaume Callot est boucher au Lieuvy et Jean Chesnays à La Gacilly en 1686. Au début du XVII° siècle, il y a un boucher au Chêne. En 1798, François Paris tient boucherie dans la rue Saint-Vincent.

Les meuniers :

Pour la confection de la farine, il y a de nombreux moulins à La Gacilly, aussi bien à eau (le Bout-du-Pont, la Bouère, le Lieuvy) qu’à vent (le Pavillon, Marette à Saint-Jugon, la Croix des Archers, Brozéas). C’est la raison pour laquelle des meuniers résident à La Gacilly : Jean Lesné en 1672 ; les frères Thomas, Guy et Jean, en 1694 ; Pierre Gautier en 1700 ; Pierre Mabon de la Bouère en 1798 ainsi que la veuve Jean Moulin (nom prédestiné) dans la rue du Pont. Toujours autour des grains et de la farine

Il y a d’autres métiers, maintenant disparus, comme :

Les blatiers

Qui achètent et vendent du blé et d’autres graines. Mathurin Boucher est blatier dans la maison Martel de la rue Saint-Vincent, Laurent Mahé et Vincent Thomas ont le même commerce dans la rue du Pont en 1798.

Le fournier

Autre métier disparu, c’est à dire celui qui tient le four à ban et, plus tard, le four public ; au XV° siècle, Guillaume Bouillart est le fournier de La Gacilly, il paie d’ailleurs pour cela 110 sols par an au seigneur ; Georges Pouligner est fournier dans la maison Debray du Cas-Rouge, en 1798.

Les boulangers

ancienne boulangerie BELLON Rue Monteil à La Gacilly

 

 

Comme Jean Toudroit en 1673 et, à la même époque, il y a un boulanger à la Ville Jarnier ainsi qu’à la Corblaie. Joseph Hervé près des Halles et la veuve Le Gouer dans la rue du Pont en 1798.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les sauniers:

Autre métier qui a disparu et qui, à l’époque fut très important, ce sont en fait des vendeurs de sel. Celui-ci est non seulement employé comme condiment mais aussi et surtout comme conservateur. Il y avait un saunier au bourg de Peillac nommé Roul vers 1550 ; l’une de ses filles, Renée, épousa, en 1565, François Macé, sieur de la Grationnaye et du Vauglagen en Peillac.

 

Les poissonniers :

 On trouve Pierre Royer, près des Halles en 1798,

 

Les aubergistes

 Comme la veuve Le Roy dans la maison Gérard près des Halles, Jean Hersard au Lion d’Or de la rue du Pont (maison Lejout) et, toujours à la même époque, des cabaretiers : Michel Epaillart à la Bouère, François Thomas, Jean Cordelier et Yves Rubaud près des Halles, Jean-Marie Tatard dans le chemin des Barres, Mathurin Riallain dans la rue Saint-Vincent et Joseph Piguel dans la rue du Pont. Aux cabaretiers peuvent sans doute être adjoints les débitants comme Julien Homet dans la rue du Pont. Peut-être peut-on ajouter dans cette catégorie, une marchande de tabac ; à cette époque, le tabac est souvent pris sous forme de chique. Jeanne Grimaud, veuve David, tient un tel commerce en 1798 près des Halles.

  • Les Métiers de L’Etoffe.

Aux XV°, XVI° et XVII° siècles, après les métiers de la terre, il semble bien que ce soit autour du tissu qu’il y ait eu le plus de gens concernés ; cinq métiers s’occupaient directement des étoffes :

  1. Les producteurs de lin et de chanvre.
  2. Les fileurs.
  3. Les tisserands.
  4. Les trafiquants ou négociants.
  5. Les commerçants.

Les Producteurs de Lin et de Chanvre.

Grâce à son climat maritime, grâce à la diversité de ses sols cultivables, grâce aussi à sa forme topographique de bocage offrant aux tiges frêles de lin et de chanvre des abris naturels contre les vents violents, certaines contrées de la Bretagne présentaient des conditions climatiques favorables à la culture de ces deux plantes. Le lin poussait très bien dans toute la zone littorale de la Bretagne, c’est à dire dans toute la ceinture dorée et également dans le bassin de la Vilaine. Le chanvre se cantonnait surtout dans les grasses alluvions de la Vilaine et de ses affluents, l’Oust en particulier. Les graines de lin et de chanvre indigènes étaient de médiocre qualité et s’épuisaient rapidement, principalement celles de lin. Aussi devait-on en faire venir des pays nordiques, des provinces baltiques en particulier. Chaque année, de nombreux bateaux chargés de ces semences, accostaient aux quais de Saint-Malo, entre autres, pour décharger leur cargaison de graines ; celles-ci étaient ensuite vendues par les blatiers. Ce commerce dura jusqu’au début du XX° siècle. A La Gacilly, Melle Homet en vendait en 1900. A cette époque, il y avait encore 10ha de chanvre à Tréal et 8ha de lin. La culture de ces deux plantes était longue et difficile. Arrivées à maturité, elles subissaient plusieurs traitements. Tout d’abord le rouissage, travail réservé aux enfants et aux adolescents ; il consistait à tremper les tiges dans l’eau des ruisseaux ou des rivières afin de les débarrasser des corps étrangers. Certains seigneurs, alors propriétaires des cours d’eau, interdisaient ce traitement sous prétexte que cela encombrait les rivières et faisait périr le poisson. De même, les meuniers n’appréciaient pas non plus cette opération du rouissage car certains paquets de tiges, les tourelles, s’en allaient au fil de l’eau et bouchaient les rigoles d’alimentation en eau des moulins. Le meunier Dando du moulin du Pont-Grignard sur l’Ardenne de Tréal écrivait au préfet du Morbihan en avril 1858 pour se plaindre « de l’engorgement de son moulin en aval par le rouissage du lin et du chanvre ».

Ensuite venait le séchage au soleil, puis le broyage avec la broie ou « macque » afin de briser les tiges sans casser les fibres. Quelquefois on se contentait de le teiller à la main pour séparer la fibre textile de la « chêvenotte ». L’étape suivante était le peignage de la filasse pour faire tomber les parties grossières qui donnaient l’étoupe utilisée pour le calfatage des bordés et des ponts en bois des bateaux.

Venait ensuite le filage au moyen du rouet ou du fuseau ; c’était le travail des jeunes filles et des femmes. Ces dernières ne travaillaient d’ailleurs pas que la filasse ; mais les moutons étaient fort nombreux et, après leur tonte qui avait lieu fin mai, début juin, la laine était filée à la quenouille dans le suint, c’est à dire sans être lavée ; mise en écheveaux et lavée, elle servait ensuite aux tricots de gilets et de chaussettes. Pour les distinguer des fileurs de filasse, ils étaient appelés fileurs de laine, c’était un métier à part entière et même les hommes s’y adonnaient comme Jean Boutin près des Halles à La Gacilly en 1798 et Pierre Auvray à la Bouère. Quelques femmes avaient une certaine réputation en la matière comme Mathurine Cheval à la Bouère.

Tous ces travaux étaient très souvent exécutés chez le paysan qui, à lui seul, produisait la matière première et la transformait. Cependant des particuliers achetaient parfois le lin et le chanvre frais récolté et se chargeaient ensuite du broyage, du filage et du tissage.

 

Les Tisserands.

 La demande de toile étant de plus en plus forte, c’est un métier qui se répandit beaucoup surtout au XVI° siècle. Les tisserands s’appelaient alors les « faiseurs de toile ». Dans un acte de 1569 concernant la seigneurie de Bodéan en Saint-Jacut, il est question de « Dom Jan Garre, faiseur de toile ; il fut tué de « gué à pens » (sic) et misérablement par le fils du sieur de Bodéan ». Deux remarques au sujet de ce passage d’acte : d’abord il faut se rappeler que le titre de « Dom » était donné au responsable d’une chapellenie, il s’agit donc d’un prêtre et ensuite que ce prêtre était un tisserand en plus d’être chapelain. Au XIX° siècle, les tisserands étaient encore très nombreux ; on en dénombrait 46 sur la commune de Tréal.

Ces tisserands s’établissaient aussi bien à la ville que dans les villages mais toujours assez près des paysans pourvoyeurs de filasse. A l’inverse de beaucoup de métiers de l’époque, celui-ci exigeait une sédentarisation, le métier à tisser ne pouvant pas se déplacer facilement. Le tisserand s’installait parfois dans sa maison mais celle-ci étant très souvent plus que réduite et le métier à tisser occupant beaucoup de place (1,50m de large pour obtenir un tissu de 80cm.), un appentis attenant à la maison était construit en planches et en palis et le métier à tisser y était installé. Après avoir été filée, la laine était, elle aussi, travaillée par les « tissiers en laine » ; au XVII° siècle, il y en avait un au Pâtis. Plus encore que pour les autres métiers, les tisserands étaient disséminés un peu partout aussi bien à la ville qu’à la campagne ; ainsi, en 1798, Marcoul Loyaux était installé à la Ville Jarnier, Joseph Rabin à Lauloyer, Joseph Glet à la Haute Bardaie, Louis Tatard à la Bouère et, dans la ville de La Gacilly, Guillaume Le Roux près des Halles. Le dernier tisserand de La Gacilly fut sans doute Mathurin Thomas du Pâtis qui exerça son métier jusque vers 1950.

Sous Françoise d’Amboise, certains tisserands se spécialisèrent dans la fabrication d’un filet de chanvre auquel on donna le nom de « lihoué ». Le chanvre avait été choisi pour ce tissage à cause de ses trois qualités : force, blancheur et pureté. A La Gacilly, le premier tisserand à confectionner ce filet, fut un habitant de Lauloyer en 1450. Beaucoup d’autres le suivirent aidés par un grand nombre de journaliers si bien que le lihoué devint une spécialité gacilienne qui fut alors exporté en Vendée et en Loire-Inférieure pour servir de lien d’étoupe. Plusieurs de ces tisserands se regroupèrent dans la venelle de la Navette qui prit alors le nom de venelle du Lihoué.

Les Trafiquants ou Négociants.

De condition plus aisée que les fabricants, ils formaient une espèce d’aristocratie dans certaines villes jouissant de privilèges, de prérogatives et d’exemptions accordés par le roi car ils se recrutaient dans la noblesse et la bourgeoisie. Réglant un peu à leur guise le cours des marchés, ils tenaient dans leur dépendance économique tous les tisserands. Ceux-ci vendaient leurs toiles aux voisins, aux gens des villages des alentours en faisant souvent du porte à porte, puis sur les marchés et les foires. Mais peu à peu, ces négociants passent sur les foires et achètent en grosse quantité ces toiles pour les revendre beaucoup plus loin et même les exporter. Nantes et Saint-Malo étaient des ports exportateurs de toiles, Vannes le deviendra par la suite.

 Dans la liste des mariages du milieu du XVII° siècle comme dans le recensement de 1798, il est souvent question de marchand sans que l’on sache vraiment marchand de quoi ; ces gens vendaient un peu de tout et donc des toiles. Quelquefois il était précisé qu’ils étaient marchands de drap ; il y en avait un à la Haute Bardaie au XVII° siècle. Un marchand spécialisé dans les tissus était aussi appelé texier en linge mais il était à la fois artisan et commerçant comme Pierre Bruc en 1677 ou Jean Congo de Malansac en 1673. Voici quelques marchands de La Gacilly :

  • En 1673, François Riaud,
  • En 1676, Julien Hervé,
  • En 1683, Jean Blanchard,
  • En 1798 :
  • Au Cas Rouge : Louis Roumy (au n°2 actuel de la rue La Fayette d’aujourd’hui ancienne maison de P. Boucher) et Paterne Soulaine.
  • Près des Halles : Jean Maro et Geffroy Soulaine, ce dernier habitait dans l’ancienne maison de Pierre Clésio, au n° 1 de la place du Général de Gaulle actuellement.
  • Rue des Ponts : Joseph Guillemin dans l’ancienne maison Sevet (bar-tabacs actuel)
  • Rue du Pont : Julien Mabon, Julien Boucher, Joseph Morice, Mathurin Deto et La Bouchereau.
  • Rue Saint-Vincent : Charles Boucher, Pierre Rouxel, Joseph Boucher père et Pierre Danard.

Le bassin de la Vilaine produisait plutôt des toiles pour l’emballage et l’habillement. Certaines villes s’étaient spécialisées ; c’est ainsi que Rennes et ses environs fabriquaient des toiles pour la confection des voiles dites « noyales ». Les toiles de La Gacilly et des alentours étaient employées pour l’habillement. Un certain tissu de laine, le « casto », fabriqué dans le pays, était même très recherché pour la fabrication d’habits très chics.

Dès 1676, Colbert fait paraître un arrêt en Conseil d’Etat « portant règlement pour les longueurs, largeurs et qualités des toiles qui se fabriquent en Bretagne ». Un personnel d’agents royaux (intendants, commis de marque…) veille à l’application des règlements et infligent des pénalités parfois lourdes pouvant aller jusqu’au bannissement et même aux galères. Les toiles étaient contrôlées au moment de la vente et, une deuxième fois, au moment de l’embarquement pour celles qui étaient exportées. A cause de cette réglementation abusive, de l’implantation de manufactures plus ou moins importantes, puis l’arrivée du coton et la disparition des navires à voiles, ce travail de la toile va disparaître peu à peu de nos campagnes d’autant plus vite que ce métier était aléatoire à cause des gelées, par exemple, pendant lesquelles les tisserands ne pouvaient pas travailler.

Les Tailleurs.

on peut voir les costumes Gaciliens vers 1850-1900Parmi les métiers découlant du tissage, le plus répandu est certainement celui de tailleur souvent appelé aussi tailleur d’habits. Au début du XIX° siècle, Tréal comptait encore 31 tailleurs. A l’inverse des tisserands, ce n’était pas un métier sédentaire ; le tailleur se déplaçait chez le client avec son matériel soit à pied, soit en carriole, plus tard à bicyclette, accompagné parfois d’un commis ou d’un apprenti. Il se chargeait de la découpe et les aides éventuelles cousaient. Très souvent, et en plus de la maigre rémunération qu’il obtenait, il avait le coucher et le couvert.

A La Gacilly, les tailleurs furent toujours très nombreux, en voici quelques-uns par ordre chronologique : Jean Coué en 1669, Pierre Hervy de la Provostais en 1674, Jean Geffray en 1680, Ambroise Séguin en 1709, François Morice en 1710, Ambroise Noël à Lauloyer la même année ainsi qu’à la même époque, un autre à la Haute Bardaie et au Pâtis. D’autre part, au village de la Glouzie et dans une très vieille maison, des ciseaux et un dé ont été gravés sur un ancien linteau de porte qui a été transformé en rebord de fenêtre (cette pierre est toujours visible actuellement) ; comme les ciseaux étaient la marque des tailleurs, il est permis de penser que ce village avait aussi son tailleur d’habits. Il y en avait encore une dizaine en 1798 : Joseph Boulard et Julien Lucas dans la rue du Pont ; Joseph Gicquel et Alain Boulard près des Halles ; Pierre Robin et Joseph Texier à la Corblaie ; François Glet (ou Guillet) à la Saudraie, Joseph Rabin à Lauloyer et Mathurin Séguin à la Provostais.

  • Autres Métiers de l’Etoffe.

Couturier.

La distinction avec les tailleurs n’est pas facile à faire car le tailleur est aussi et très souvent couturier. Julien Noël est couturier à La Gacilly en 1671 et François Poulain en 1707.

Chapelier.

Très tôt, La Gacilly se spécialisa dans la confection des chapeaux de laine, c’est pourquoi cette corporation y fut assez nombreuse ; les chapeaux gaciliens étaient fabriqués avec de la bourre de laine et du poil de veau.

Chapeliers connus : Pierre Burchot en 1710 et François Gautier en 1712.

En 1798, il y a Mathurin Boucher à la Bouère, Jean Leroy dans la rue Saint-Vincent et Joseph Provost dans la rue du Pont.

  • Mercier : Julien Ory en 1711.
  • Foulonnier.

Il s’occupait du moulin à foulon afin de feutrer les toiles et les draps. Il plongeait d’abord l’étoffe dans l’eau froide de la rivière puis la jetait dans une cuve d’eau chaude où elle était malaxée par deux gros et lourds pilons munis chacun de trois dents. Ces pilons étaient soulevés lentement et successivement par les pales d’un arbre de couche mu par la roue d’un moulin. Ensuite, il dégraissait le drap avec de l’argile appelée « terre à foulon », le redressait sur les bords et, une fois séché, le lustrait à la carde.

Les Autres Professions.

  • Chirurgien : Maître Jacques Glains en 1680
  • Greffiers : Joseph Prioux en 1738 et le citoyen Thomas à la Bouère en 1799.
  • Huissier : Puissant Marin, rue des Ponts à La Gacilly en 1798.
  • Notaires : le citoyen Saulnier à la Bouère et Jean Cheval dans la rue du Pont

En 1718, Julien Cavalon était sacriste de l’église, c’est à dire sacristain ou « bedeau ». En 1798, à la Bouère vivait une ancienne religieuse, ursuline à Malestroit, Louise Séguin. A la même époque, il y avait aussi à La Gacilly, des rentières : les Demoiselles Julienne et Marthe Le Gouer ainsi que la veuve Macé qui demeurait derrière la maison Roger dans le chemin des Barres

La Révolution allait apporter de nouveaux métiers surtout administratifs comme :

  • Secrétaire de municipalité : le citoyen Louis Clésio de la Bouère en 1799, curieusement on le retrouve la même année dans la rue du Pont.
  • Commissaire du Directoire Exécutif : Charles-Florentin Séguin dans l’ancienne maison Collineaux, au n° 5 de la rue Yves Josso actuelle.
  • Juge de Paix : Joseph-René Séguin dans l’ancienne maison Doncker, au n° 3 de la   place du Général de Gaulle de maintenant.
  • Officier de Santé : le citoyen Clavier dans l’ancienne maison Collet, au n° 8 de la rue

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CONSTRUCTIONS

 

-Construction de l’Hôtel de Ville

Au début de l’année 1834, le maire se fit adjoindre, en qualité de commissaires municipaux, MM. Etrillard, Orinel, Puissant et Louis Poligné pour l’assister dans la surveillance et la direction des travaux de construction de la Maison de Ville, c’est ainsi qu’était appelé à cette époque l’hôtel de ville. Louis Poligné mérite des éloges pour la peine qu’il se donna dans le choix et l’acquisition des bois et autres matériauxDepuis 1830, le conseil municipal était composé ainsi : Mathurin Robert, maire, Pierre Etrillard, adjoint, Constant Orinel, Jean-Marie Hersart, Julien Saulnier, Louis Poligné, Jean-Marie Puissant, Pierre-Mathurin Soulaine, Louis Cheval, Pierre Gautier, Jean Bruc et Yves Dubois. L’élection du 14 décembre 1834 vint ajouter Jean-Jacques Le Dault, Joseph Bernard et Michel Hervy. Au début de l’année 1834, le maire se fit adjoindre, en qualité de commissaires municipaux, MM. Etrillard, Orinel, Puissant et Louis Poligné pour l’assister dans la surveillance et la direction des travaux de construction de la Maison de Ville, c’est ainsi qu’était appelé à cette époque l’hôtel de ville. Louis Poligné mérite des éloges pour la peine qu’il se donna dans le choix et l’acquisition des bois et autres matériaux.

M. Mathurin Marie Robert, docteur en médecine, était le fils de l’instituteur tué par mégarde par les Chouans lors de l’attaque de La Gacilly. Avec le seul assentiment du conseil municipal et le concours particulier des quatre commissaires municipaux, il ose entreprendre, sans architecte, à ses risques et périls, au moyen d’avances pécuniaires considérables et malgré l’incertitude du remboursement, la construction de cette Maison de Ville polyvalente qui fera plus tard l’orgueil de la commune pendant de nombreuses années. M. Robert avait voulu une construction élégante et hardie, d’une architecture assez remarquable pour attirer constamment les regards des voyageurs. Il estimait que « l’instruction est aujourd’hui un sûr moyen de réussite et de considération. » C’est la raison pour laquelle il prévoit une école primaire au premier étage de la nouvelle Maison de Ville.

Le 8 mai 1834, jour de l’Ascension, M. le maire pose la première pierre de la « Maison de Ville. » A cette cérémonie fut convié le préfet du Morbihan qui l’honora de sa présence et M. Robert déclara « que chaque citoyen songe donc, en travaillant à la construction d’une maison d’école, qu’il y prépare une place pour ses fils ou petit-fils et leurs descendants. » Le maire avait souhaité que l’édifice soit situé en plein cœur de la ville, près de la partie ancienne : rue de la Louiserie, rue Saint-Vincent et placis du Cas Rouge d’un côté et la partie nouvelle avec la prévision d’une église nouvelle et d’un champ de foire de l’autre, c’est à dire tout près des halles. C’est pourquoi le côté Sud de celles-ci est démoli ; il ressemblait « à la croupe assez désagréable de leur extrémité Nord. » Ce côté Sud ne différait de l’autre que parce qu’il était flanqué, à l’Ouest, d’un petit clocher couvert en ardoises d’une hauteur de quatre mètres qui logeait une cloche de médiocre grosseur avec une vieille horloge dont le marquis de la Bourdonnaye avait autrefois gratifié la ville de La Gacilly.

Le nouveau bâtiment est prévu pour contenir la mairie avec une salle de délibérations, le tribunal de la justice de paix, une bibliothèque municipale et, au premier étage, une salle d ‘enseignement « la mieux disposée et la plus belle du Morbihan. » selon le témoignage des inspecteurs du moment. Des combles sont aménagés au second étage pour recevoir le mécanisme d’une horloge publique qui est placée dans une tourelle entièrement plaquée et couverte de tôles en zinc ou galvanisées. Cette horloge à répétition d’un fini et d’une simplicité admirables fut commandée à M. Gourdin de Mayet en Sarthe. Elle fut placée dans sa tourelle le 3 septembre 1835. M. François Eoche-Duval, négociant, distributeur des

Postes et capitaine de la garde nationale qui devait devenir le successeur de Mathurin Robert à la mairie, commanda et surveilla la fabrication de la cloche de l’horloge dans les ateliers du sieur Chovet à Nantes ; elle fut coulée en 1836 et ce fut un beau timbre qui éleva hardiment sa forme légère ; la tourelle se terminait par un mât paré de la flamme aux trois couleurs.

La première rentrée scolaire fut effectuée en 1837. Lors de la démolition des anciennes halles en 1886, la surface libérée permettra d’agrandir l’hôtel de ville et lui donner l’aspect extérieur d’aujourd’hui, construction élégante et hardie pour l’époque

 

Place du Champ de Foire.

Dépourvue de place convenable pour ses foires et ses marchés si importants, La Gacilly se devait d’avoir un champ de foire très vaste et très fonctionnel. Le conseil municipal fut autorisé par ordonnance royale du 14 septembre 1840 « à faire l’acquisition d’un hectare de terrain pour être transformé en une vaste place dite Place Robert et sur laquelle aboutiront les rues Lorois et Bernard. » Fin 1840, M. Robert, le maire, peu de temps avant d’entreprendre la construction de l’église actuelle, décida le conseil municipal à voter les crédits nécessaires pour l’aménagement de cette place face au terre-plein où devait s’élever la future église, au débouché des nouvelles voies de communication qui viennent d’être mises en service.Dépourvue de place convenable pour ses foires et ses marchés si importants, La Gacilly se devait d’avoir un champ de foire très vaste et très fonctionnel. Le conseil municipal fut autorisé par ordonnance royale du 14 septembre 1840 « à faire l’acquisition d’un hectare de terrain pour être transformé en une vaste place dite Place Robert et sur laquelle aboutiront les rues Lorois et Bernard. » Fin 1840, M. Robert, le maire, peu de temps avant d’entreprendre la construction de l’église actuelle, décida le conseil municipal à voter les crédits nécessaires pour l’aménagement de cette place face au terre-plein où devait s’élever la future église, au débouché des nouvelles voies de communication qui viennent d’être mises en service. Située à l’Ouest de la rue Bernard, elle fut construite sur les clos et prés dits de Lasalle, terrain de 80 ares et 49 centiares, non compris la largeur primitive de la route, acquis par la commune le 3 décembre 1840 pour la somme de 4.092,50fr. Les travaux commencèrent aussitôt et furent terminés avant le début de la construction de l’église. Cette place fut baptisée Place Robert en mémoire de Mathurin-Marie-Joseph Robert, maire de La Gacilly, qui fut à l’origine de nombreuses innovations gaciliennes ; il fut le centre et le pivot du progrès de son pays natal. Contrairement à ce qui a été écrit, le champ de foire ne portait pas, en 1841, le nom de ce maire si dévoué. Ce n’est que quelques années plus tard que cette place prendra le nom de place Robert.

 

 

 

AFF CANALISÉE

 

Le canal de Nantes à Brest, conçu par les Etats de Bretagne au XVIII° siècle, fut mis en œuvre par Napoléon à partir de 1806 pour des raisons stratégiques. Sur ce canal devait se greffer une multitude de canaux secondaires. C’est ainsi que fut envisagée la canalisation de l’Aff jusqu’aux Forges de Paimpont pour expédier plus facilement le fer. Mais cette canalisation s’arrêta à La Gacilly et encore fut-elle incomplète car, par exemple, elle ne fut jamais dotée d’un véritable chemin de halage ; c’est davantage une sente que les chevaux ont tracée au fil des années sur la rive droite de la rivière, quand ce n’était pas les matelots qui halaient le bateau à l’aide de la « bricole », corde passée sur une épaule et sous un bras. Cette sente était d’ailleurs inexistante après le Passage près du Port-Corbin à cause des marécages. Le lit de la rivière était alors balisé de 80m en 80m par de gros pieux peints en blanc. Par temps de fortes eaux, ce sont eux qu’il fallait suivre pour ne pas s’égarer dans les marais. Le marinier utilisait alors la perche ou la voile lorsque le temps le permettait, sinon il fallait « déhaler » sur les pieux qui balisaient l’Aff ; cela consistait à attacher une grosse corde du treuil sur l’un des pieux, à manœuvrer le treuil et à recommencer l’opération sur le pieu suivant. Pendant que le marinier effectuait cette manœuvre, le matelot et son cheval faisaient le tour par Glénac, Branféré et le pont de Bilaire pour retrouver son patron et le bateau près de l’écluse de la Maclaye.

 

 

AMENAGEMENT DE L’AFF

1879-Demande d’une Construction d’une Ecluse à l’Embouchure de l’Aff

M. Le Ministre des travaux publics faisait, par sa dépêche du 24 décembre 1879, connaître que :

1° Il y avait lieu d'ajourner d'une manière indéterminée les travaux de canalisation de la partie supérieure de l'Aff, c'est-à-dire en amont de La Gacilly.

2° Les ingénieurs étaient invités à étudier ce qui serait nécessaire pour achever la partie navigable (entre La Gacilly et le canal de Nantes à Brest), mais dans des conditions plus modestes que celles qui correspondent à une évaluation de dépenses de 320,000 Fr.

3° Il ne paraissait pas nécessaire d'atteindre une largeur de plafond de 10 mètres uniformément (on réserverait des élargissements pour les parties les plus sinueuses), ni de porter le tirant d'eau à lm, 62, surtout s'il devait en résulter la submersion de terrains.

4° Les ingénieurs auraient d'ailleurs à indiquer dans quelles proportions il conviendrait de réclamer le concours des départements, des communes et des intéressés. L'agrandissement du port de La Gacilly paraît adopté en principe.

Nous nous occupions, avec toute l'activité qui nous est permise, du travail réclamé par M. le Ministre, lorsque nous avons reçu en communication

En date du 3 de ce mois, une lettre par laquelle M. le Préfet demande à M. l'Ingénieur en chef un rapport sur l'agrandissement du port de La Gacilly.

En date du 4, un extrait du registre des délibérations du Conseil général du Morbihan, lequel, en invoquant diverses raisons, a émis dans sa séance du 7 avril, le vœu qu'il fut procédé à l'amélioration de la navigation de l'Aff, non plus partiellement, mais d'une manière définitive, et de telle sorte qu'il y ait assimilation avec le canal de Nantes à Brest.

En date du 13 mai, une dépêche de M. le Ministre des Travaux publics qui réclame l'avis des ingénieurs sur le vœu émis par le Conseil général.

Comme en réalité, il n'y a qu'une question à examiner, nous croyons pouvoir nous borner à une seule réponse ; mais vu l'importance, nous lui donnerons quelque développement sans craindre le reproche d'une répétition de ce que nous aurions dit antérieurement.

Les ouvrages autorisés consistent jusqu'à présent dans :

Un lit de 5 mètres de largeur au plafond. Un tirant d'eau de 1 m, 10 au-dessus de l'étiage de la navigation du bief de Redon, sur le canal de Nantes à Brest, bief avec lequel il y a communication directe.

 

 

Le Port.

Le projet d’un canal de Nantes à Brest date du XVIII° siècle mais la Révolution empêcha sa réalisation. Les travaux ne La création d'un débarcadère à La Gacilly, Dans une session du conseil général du Morbihan de 1836, (la même qui décidera la construction de cinq grandes routes à partir de La Gacilly), le préfet Lorois décide la canalisation de l’Aff de l’Ile aux Pies à La Gacilly. Bien sûr, les bateaux remontent déjà à La Gacilly mais la rivière n’est pas très navigable, elle est souvent encombrée, les hautes eaux comme les basses gênent considérablement la navigation ; malgré tout, en 1864, un trafic de 884 tonnes est enregistré. C’est l’année où, le 22 novembre, le conseil municipal de Glénac, sous la présidence de M. de Gouyon émet un avis favorable pour « le projet de canalisation du cours inférieur de la rivière d’Aff de La Gacilly à l’écluse de la Mâclais pour développer les mines de fer de Sourdéac. »commenceront qu’en 1832 et il faudra attendre 1842 pour aller de Nantes à Brest par la voie d’eau. M. Robert, le maire de La Gacilly, lors de l’allocution qu’il prononça à l’occasion de la pose de la première pierre de la Maison de Ville en 1834, avait déjà déclaré que M. le préfet venait à La Gacilly : « pour prendre des dispositions et mesures tendant à préparer la canalisation de l’Aff » afin de créer de « nouveaux moyens de développer l’industrie de notre petite ville comme un canal de navigation susceptible de rendre La Gacilly un entrepôt de commerce qui peut devenir un jour considérable. » Trois ans plus tard, lors de son allocution pour le retour du chef-lieu de canton à La Gacilly, le maire reparle de cette canalisation.

Dans une session du conseil général du Morbihan de 1836, (la même qui décidera la construction de cinq grandes routes à partir de La Gacilly), le préfet Lorois décide la canalisation de l’Aff de l’Ile aux Pies à La Gacilly. Bien sûr, les bateaux remontent déjà à La Gacilly mais la rivière n’est pas très navigable, elle est souvent encombrée, les hautes eaux comme les basses gênent considérablement la navigation ; malgré tout, en 1864, un trafic de 884 tonnes est enregistré. C’est l’année où, le 22 novembre, le conseil municipal de Glénac, sous la présidence de M. de Gouyon émet un avis favorable pour « le projet de canalisation du cours inférieur de la rivière d’Aff de La Gacilly à l’écluse de la Mâclais pour développer les mines de fer de Sourdéac. » Quelques mois après, le méandre de l’Aff par Cournon est coupé grâce au creusement du canal de Pré-Naval. Le 11 février 1868, le maire de l’époque, Orinel, et son conseil municipal décide la construction d’un débarcadère mais les travaux ne débuteront que dix ans plus tard. Vincent Morice, entrepreneur, est chargé des travaux en utilisant du sable de la Glouzie, des moellons de schiste de la carrière de Villeneuve près du Bout-du-Pont, de la pierre de taille de Saint-Jean-la-Poterie et de la chaux de Doué du Maine-et-Loire. Comme pour l’église, le devis a été sous-estimé en partie à cause du renchérissement du coût de la main-d’œuvre. On arrive malgré tout à construire quatre cales de 20m à deux niveaux différents afin de faire face aux montées des eaux de l’Aff et de permettre le déchargement des bateaux en toutes saisons.

En 1884, le trafic portuaire atteindra 20.000 tonnes ; cette année-là, pour la construction de l’église de Tréal, de nombreux charrois furent organisés à partir du port de La Gacilly pour transporter les ardoises d’Angers, le sable et la chaux du Val de Loire. A signaler que la couverture de cette église fut réalisée par les frères Sorel de La Gacilly.

Le 25-10-1890, le conseil général adresse à la municipalité une décision du Ministre des Travaux Publics qui accorde une subvention pour l’élargissement du terre-plein du quai de six mètres ; par contre, les autres demandes d’amélioration comme l’allongement du mur du quai et la surélévation du plan d’eau à 1,62m au moyen d’une écluse à établir à Port-Corbin ont été refusées.

 

 

La création d'un débarcadère à La Gacilly.

 

La dépense répartie sur plusieurs exercices s'est élevée à 67,825 Fr. 38, soit pour une longueur de 8700 mètres 7796 Fr. 01

L'étal des choses est en ce moment :

Un chenal sinueux de 5 mètres de largeur qui, pendant plusieurs mois chaque année, disparaît quoiqu'il ait été balisé, sur deux kilomètres environ, dans ce qui est appelé Le Lac ou Mortier de Glénac.

Un lit quelquefois trop resserré qui, lorsque les eaux deviennent grandes, est cause de courants violents sur une partie du parcours, et produit une surélévation très gênante au droit du port de La Gacilly. Un tirant d'eau, en plusieurs points inférieurs à celui prescrit ; parce qu'il n'a pas été complété, ou parce qu'il y a eu par les crues, des apports qui n'ont pu être enlevés en temps et lieu, des crédits maintes fois réclamés pour un entretien n'ayant pas été accordé.

Des bateaux très souvent dirigés à la perche, ou ailleurs halés par des hommes obligés de franchir à chaque instant les nombreuses clôtures des propriétés. La nécessité d'une réduction dans le poids du chargement, pour un trajet de huit kilomètres, quand sur le canal de Nantes à Brest, qu'il faut nécessairement emprunter quels que soient les points de départ ou de destination, le poids peut être au moins d'un tiers en plus.

Cependant, malgré cet état si défectueux sous tant de rapports, le tonnage transporté s'est progressivement accru de 1624 t en 1870 à 10, 136 t en 1876 pour atteindre 16,768 t en 1879.

On conçoit dès lors l'insistance du Conseil général pour qu'il soit fait mieux.

Prenant « ce qui se passe en considération et comptant sur un développement de plus en plus prononcé, nous avions le 26 juin 1879, regardé comme indispensable une canalisation complète, en rapport avec le canal de Nantes à Brest, soit un chenal convenablement rectifié, de. 10 mètres de largeur au plafond, avec un tirant d'eau de 1m, 62, un chemin de halage et un agrandissement du port de La Gacilly dont la surface, 15 ares environ, est loin de pouvoir satisfaire aux besoins.

Les dépenses étaient évaluées comme il suit :

Acquisitions de terrains et dommages aux propriétés 30,000 »

Déblais ordinaires 120.000 Fr

Déblais sous l'eau 145.000 Fr.

Débarcadère de La Gacilly 8.000 Fr.

Construction d'aqueducs, ensablement du chemin de halage, plantations et dépenses imprévues 17.000 Fr TOTAL 320.000 Fr

Une augmentation du tirant d'eau peut être obtenue de deux manières

Un approfondissement, ce que nous avions en vue dans les évaluations énoncées ci-dessus.

Un relèvement du plan d'eau au moyen d'une écluse.

Ce que nous connaissons des localités nous permet d'affirmer qu'en choisissant un emplacement convenable, par exemple environ à 3 kilomètres en amont de l'embouchure de l'Aff ;

1° La construction de l'écluse et des ouvrages accessoires ne donnerait, lieu à aucune difficulté quelque peu sérieuse.

2° Les terrains supérieurs généralement élevés n'auraient point à en souffrir ; au contraire paraîtrait-il, car nous avons dû, il y a quelques années, répondre à une plainte émanée de riverains qui prétendaient que leurs propriétés s'étaient asséchées et étaient devenues moins productives depuis le creusement du chenal.

Revenant à la dépêche de M. le. Ministre des Travaux publics, en date du 24 décembre 1879.

Chacun le sait, des ouvrages exécutés à diverses reprises pour y apporter successivement des perfectionnements sont toujours beaucoup plus coûteux que lorsqu'on fait bien dès le début. Ainsi, en ce qui regarde l'Aff, les améliorations déjà réalisées eussent certainement été moins dispendieuses si on avait opéré dans les conditions déjà admises par M. le Ministre. Puis on réaliserait de notables économies si l'on procédait avec ensemble à l'exécution de travaux d'une utilité réelle, qui ne cesseront d'être réclamés, et qui ne pourront se faire attendre longtemps.

M. le Ministre a demandé que les ingénieurs fissent connaître dans quelle proportion il conviendrait de faire concourir les départements, les communes et les intéressés.

On se rappellera sans aucun doute le résultat des démarches pour obtenir les premières subventions. Si nos souvenirs sont fidèles, une seule commune, celle de La Gacilly, s'est engagée pour 2500 Fr. et sur le refus des autres, les départements du Morbihan et d'Ille-et-Vilaine, pour 10,000 Fr. chacun. Il n'y a eu aucune subvention particulière.

Il nous semble douteux que l'on doive compter sur plus, au moins de la part des communes et des intéressés. On serait d'ailleurs d'autant moins en droit de l'espérer que, si l'on se borne encore à des améliorations partielles, les vœux légitimes des populations n'auraient pas reçu satisfaction.

 

En résumé, nous pensons qu'il y a lieu :

1° De faire droit à la demande du Conseil général. Une canalisation de la partie de la rivière d'Aff au-dessous de La Gacilly, dans les conditions du canal de Nantes à Brest, comme largeur de chenal et de tirant d'eau.

2° De prier M. le Ministre des Travaux publics de prescrire des études dans ce sens.

3° l'augmentation du tirant d'eau en aval de La Gacilly soit par un approfondissement du lit soit mieux par la construction d'une écluse accompagnée d'un barrage. La réalisation de cette troisième partie du programme implique des dépenses élevées, même en renonçant à l'écluse, parce que les déblais sous l'eau sont on ne peut plus difficiles à exécuter dans le lit de l'Aff à cause de la présence de troncs d'arbres et de bancs que la drague est dit-on impuissante à entamer. Il n'est pas possible de se rendre compte de la situation sans une étude assez complète.

Cette étude est commencée et se poursuit par les soins de M. l'Ingénieur de l'arrondissement de Ploërmel, dans les limites du temps dont peut disposer le personnel restreint de cet arrondissement.

Les dépenses de ces études sont prélevées sur le crédit de 8,000 Fr. qui a été alloué pour l'exécution des travaux d'amélioration de l'Aff approuvée par décision ministérielle du 12 novembre 1877.

En résumé, nous pensons que la navigation de l'Aff ne pourra être convenablement améliorée que par un ensemble de travaux dont la dépense maximum ne paraît pas susceptible d'être déterminée ou limitée a priori.

Notre service poursuit en ce moment les études nécessaires pour éclairer l'administration.

Vannes, le 15 juillet 1880

L'Ingénieur en chef,

DE FROISSY

 

1879- on parle toujours de l'amélioration de l'Aff

Cette [7] proposition qui est l'objet du vœu déposé par l'honorable M. Évain et plusieurs de nos collègues, vous devez la prendre en sérieuse considération, et votre 2e commission vous propose de vous y associer de la manière la plus énergique.

« MESSIEURS » Dans votre session du 22 avril 1879, vous avez, sur la proposition de votre 2° commission, renouvelé avec instance le vœu que des crédits soient alloués par l'État en vue de rendre parfaitement navigable le lit de la rivière d'Aff sur tout son parcours.

MM. les Ingénieurs des ponts et chaussées, dont la sollicitude pour l'achèvement de cet important travail ne s'est pas démentie, ont préparé des avant-projets en vue d'arriver à la réalisation de votre vœu. L'un de ces projets établit que, pour canaliser l'Aff entre La Gacilly et le Pont-du-Secret, une dépense de 5500,000 Fr. paraît nécessaire. L'autre, qui a trait à l'achèvement des travaux commencés et déjà très avancés en aval de La Gacilly, ne comporterait, sauf la dépense d'une écluse que, pour notre part, nous jugeons indispensable, qu'une allocation de 320,000 Fr.

Nous appelons, Messieurs, sur ce dernier projet toute votre sollicitude et toute votre bienveillante attention.

 En effet, il ne s'agit plus ici d'un projet sommairement étudié, et dont ni les frais définitifs, ni les réels avantages ne peuvent se traduire en chiffres précis.

Commencé depuis douze ans, le travail d'approfondissement du chenal de l'Aff, entre La Gacilly et le canal de Nantes à Brest, est loin d'arriver à la navigabilité désirée. MM. Les Ingénieurs eux-mêmes reconnaissent que, aujourd'hui « le chenal est tortueux, de 5 mètres de largeur à » peine, et disparaît, quoique balisé, pendant plusieurs mois de l'année, sur une longueur de 2 kilomètres, dans le mortier de Glénac. » Le lit, quelquefois trop resserré, lorsque les eaux deviennent grandes, les retient en amont, notamment au droit du port de La Gacilly, à une hauteur très gênante, et est la cause de courants violents sur une partie du parcours. Le tirant d'eau n'est pas toujours de 1m10.

Les bateaux sont dirigés à la perche ou hâlés par des hommes forcés de franchir à chaque instant les clôtures des propriétés riveraines, ce qui leur enlève toute force.

De tout quoi résulte la nécessité d'une réduction de plus d'un tiers dans le poids du chargement, pour un trajet de 8 kilomètres, alors que sur le canal d'Oust, qu'il faut nécessairement suivre, il est bien supérieur, ce qui entraine une perte considérable pour les mariniers sur leur fret.

En réalité, Messieurs, dans l'état actuel, le port de La Gacilly est inabordable aux bateaux pendant cinq mois par an. Et cependant, malgré tous les inconvénients constatés par le service des ponts et chaussées, le tonnage, qui était de 1.600 tonnes en 1870, est de 10,000 tonnes aujourd'hui. Et nous pouvons affirmer qu'il monterait à plus de 20,000 tonnes, si les bateaux pouvaient y aborder avec sécurité toute l'année, car le canal absorberait tous les transports par terre si longs et si dispendieux.

Il ressort des évaluations faites par nos Ingénieurs les plus compétents que cette section de l'Aff, amenée à parfaite canalisation, n'aurait coûté que 50,000 Fr. par kilomètre, alors que la moyenne de semblables travaux donne un chiffre triple et quadruple pour des résultats bien inférieurs.

C'est pourquoi nous vous prions de réitérer plus instamment que jamais votre vœu pour le perfectionnement de la portion de l'Aff située en aval de La Gacilly.

Nous vous prions aussi de vouloir bien appeler l'attention du Gouvernement sur l'opportunité de travaux de canalisation entre La Gacilly et Guer, travaux qui, d'après les études préliminaires, ne présenteraient pas d'insurmontables difficultés.

Louis Evain, E. Lorois, H. de la Bourdonnaye ; Cte du Bot. »

Les conclusions de ce rapport sont mises aux voix et adoptées.

 

1882- Avant-Projet de Barrage sur l'Aff et le Canal

Monsieur le Préfet

Les Ingénieurs du département du Morbihan m'ont adressé directement, le 27 mai dernier, un nouvel avant-projet de travaux, destinés à compléter l'amélioration de la rivière d'Aff dans les deux départements d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan.

Ce projet a été dressé conformément aux prescriptions d'une dépêche ministérielle du M décembre 1879, qui, écartant un premier projet montant à 320.000 Fr, a invité les Ingénieurs à étudier ce qui serait nécessaire pour achever, dans des conditions plus modestes, la mise en état de la partie navigable de l'Aff, et à indiquer dans quelle proportion il convient de réclamer le concours des départements, communes et intéressés.

La dépense de 109,000 Fr., que comporte le nouveau projet, peut être regardée comme d'accord avec l'avis du Conseil général des ponts et chaussées (22 mai 1878), qui avait admis les travaux en question avec un chiffre de 100,000 Fr. dans, ses prévisions pour l'amélioration des voies navigables.

Le projet se justifie d'ailleurs par les considérations suivantes :

L'Aff est un affluent du canal de Nantes à Brest, qui y débouche un peu à l'aval de l'écluse de la Maclais, à environ 10 kilomètres de Redon.

On a dépensé, depuis 1868, une somme de 78,000 Fr. pour régulariser le chenal et obtenir 4 m, 10 de tirant d'eau. Les départements à l’Ille-et-Vilaine et du Morbihan, la commune de La Gacilly, où commence la navigation, ont contribué pour 22,500 Fr. à cette dépense. La navigation de l'Aff s'est développée rapidement : de 884 tonnes en 1864, elle est montée, en 1881, au chiffre de 17,572. On croit que le chiffre de 1882 sera de 20,000 tonnes. La région qui avoisine Redon est, en effet, dans une situation de prospérité croissante qui s'explique par l'existence d'un fret de retour. La Gacilly est un des centres secondaires de cette activité commerciale. Aussi, demande-t-on que les bateaux puissent passer de l'Aff dans le canal de Nantes à Brest, et réciproquement, sans être obligés de diminuer ou d'augmenter leur chargement. La circulation du canal n'étant pas, en moyenne, supérieure à celle de l'Aff, cette rivière en est un tributaire très important.

Pour améliorer la navigation en restant dans les limites de dépense qui leur étaient assignées, les Ingénieurs renoncent à creuser le lit et obtiennent le tirant d'eau de 1m62 par une écluse de 0m77de chute. Ils rétablissent ainsi à l'origine, à La Gacilly, le niveau qui existait autrefois, et en vue duquel ont été établies les roues d'un moulin important auquel il ne sera pas causé de préjudice.

Le rapport à l'appui du projet donne, avec tous les détails nécessaires, la description des divers ouvrages proposés.

La dépense s'établit ainsi :

Déblais d'élargissement du lit actuel sur 6.591 mètres mais notamment sur 880 mètres      7.270

Dérivation de Port-Corbin, sur 1.516 mètres           18.234

TOTAL= 23.404

 

Déversoir et pertuis 10.000

Écluse 45.000

Maison éclusière 5.000

Perrés et enrochements du côté du lac 2.436

Somme à valoir 14.160

TOTAL=100.000

Indemnités de terrains et dommages  9.000

TOTAL 109.000

 

 

MM. les Ingénieurs demandent que l'Administration, prenant en considération l'avant-projet, en autorise la mise à l'enquête dans les deux départements intéressés.

Le Conseil général des ponts et chaussées, saisi de l'examen de l'affaire, a émis l'avis qu'avant de prendre en considération l'avant-projet présenté par MM. les Ingénieurs, dont la dépense s'élève à 109,000 Fr., dépassant ainsi les prévisions de 9.000 Fr., il convient de provoquer, de la part du département d'Ille-et-Vilaine, du département du Morbihan et de la commune de La Gacilly que l'exécution du projet intéresse particulièrement, des offres de concours en rapport avec la dépense à faire.

J'ai adopté l'avis du Conseil par une décision de ce jour, dont je vous prie, Monsieur le Préfet, de vouloir bien assurer l'exécution, en ce qui vous concerne.

Veuillez en informer M. l'Ingénieur en chef, à qui je renvoie le dossier de l'affaire.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération la plus distinguée. Signé : E. LEB

 

1883- Projet pour l'amélioration de l'Aff et de la traversée des marais

Amélioration de la Rivière de l’Aff.

J'ai l'honneur de vous communiquer ci-après la dépêche, en date du 1er mars courant, par laquelle M. le Ministre des Travaux publics fait connaître qu'il a pris en considération le projet relatif aux travaux d'amélioration de la rivière d'Aff, dont vous sollicitez l'exécution depuis plusieurs années.

Conformément aux instructions de M. le Ministre, j'ai invité M. l'Ingénieur en chef à me faire parvenir des propositions pour les opérations auxquelles donneront lieu la mise à l'enquête et les conférences mixtes.

Je vous tiendrai, ultérieurement, au courant du degré d'avancement de l'instruction de cette affaire.

« Paris, le 1er Mars 1883.

» MONSIEUR LE PRÉFET,

J'ai reçu. Le rapport de M. l'Ingénieur en chef Frossard, relatif au concours offert par les départements du Morbihan et d'Ille-et-Vilaine, et par la commune de La Gacilly, pour les travaux d'amélioration de la civière d'Aff, entre cette commune et le canal de Nantes à Brest.

J'ai décidé, le 4 juillet dernier, conformément à l'avis du Conseil général des Ponts et Chaussées, qu'avant de prendre en considération l'avant-projet de ces travaux, dont la dépense s'élève à 109,000 Fr.,

Il convenait de provoquer, de la part des départements intéressés et de la commune de La Gacilly, des offres de concours en rapport avec la dépense à faire.

» M. l'Ingénieur en chef avait évalué à 20 000 Fr. la somme à réaliser.

Le Conseil général du Morbihan a offert 3000fr

Celui d'Ille-et-Vilaine 1.000fr

La commune de La Gacilly 1.000fr.

Total 5.000fr.

Bordereau

M. l'Ingénieur en chef calcule que pour les travaux antérieurs, qui ont coûté 60.000 Fr, le concours fourni a été de 1/4, et il n'est pas d'avis de se contenter des offres actuelles. Il fait d'ailleurs remarquer que l'Aff a maintenant 1 m, 10 de tirant d'eau et que, quoique la navigation laisse encore beaucoup à désirer dans la traversée du lac de Glénac, elle se trouve déjà amenée à un degré de perfectionnement supérieur à celui de bien des voies navigables du même ordre.

Le Conseil général des Ponts et Chaussées, à l'examen duquel j'ai soumis cette affaire, n'a pas cru devoir adopter la manière de voir de M. l'Ingénieur en chef, et a présenté les observations suivantes :

De ce que de grands sacrifices ont été faits par des localités, il n'en résulte pas que tout perfectionnement ultérieur leur sera refusé, si elles ne maintiennent pas leurs sacrifices à la même hauteur : si l'on ajoute les dépenses anciennes (78,000 Fr.), et à venir (109,000 Fr.), pour les comparer aux sacrifices faits (22,500 Fr.), et offerts (5,000 Fr.), on voit que ces derniers représentent près de 1/6 des dépenses, fraction assez importante.

D'autre part, l'Aff fournit à lui seul au canal de Nantes à Brest, dans le grand bief de Redon, une circulation égale à la moyenne qu'offre ce canal entre Redon et Pontivy ; il a donc une importance analogue à celle du canal.  La navigation de l'Aff s'est accrue en huit ans de 884 tonnes à 20.000 tonnes. Redon doit sa prospérité à l'existence d'un fret de retour ; or, c'est La Gacilly qui lui en fournit la majeure partie. Le commerce aurait d'ailleurs un grand bénéfice à charger à La Gacilly des bateaux qui iraient jusqu'à Redon, grâce à un tirant d'eau continu de 1 m, 62. Enfin, la navigation se fait actuellement dans de très mauvaises conditions à la traversée du lac de Glénac, et les bateaux ont à parcourir des marais où le halage est impossible.  Lors de la préparation de la loi du 5 août 1879, relative au classement et à l'amélioration des voies navigables, on avait prévu une dépense de 100,000 Fr. pour l'amélioration de la rivière d'Aff. La dépense de l'avant-projet dressé par les Ingénieurs étant de 109,000 Fr. et le concours des intéressés de 5,000 Fr., il y a un léger excès de 4,000 Fr. auquel on ne doit pas s'arrêter.

En résumé, le Conseil a émis l'avis qu'il y avait lieu :

1.    De prendre l'avant-projet en considération.

2.    D'en autoriser la mise à l'enquête dans les départements d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan, dans les formes tracées par les ordonnances du 12 février 1834 et du 15 février 1835.

3.    Inviter MM. les Ingénieurs à procéder aux conférences mixtes.

J'ai l'honneur de vous informer que j'adopte l'avis du Conseil

 

1884— Travaux et Projet sur l'Aff

 

Rivière D'Aff

Cette rivière, comme la précédente, a été classée navigable, par ordonnance royale du 10 juillet 1835, entre La Gacilly et le canal de Nantes à Brest, sur une longueur de 8.700 mètres.

La largeur de l'Aff varie de 15 à 25 mètres dans cette partie.

 

Fréquentation.

D'après les relevés statistiques prescrits par le décret du 19 novembre 1880, la fréquentation, en 1883, a été, tant à la remonte qu'à la descente, de 393 bateaux jaugeant ensemble 9.766 tonneaux, d'où il résulte pour 1883 une diminution et pour 1882, de 216 bateaux et de 5.454 tonneaux.

 

Cette diminution provient :

1° du chômage des forges de Redon qui employaient beaucoup de minerai provenant des gisements de Glénac ;

2° de la cessation de l'exploitation des forêts de sapins du voisinage.

 

Travaux exécutés.

De 1868 à 1874, la partie navigable de l'Aff a été l'objet de diverses améliorations : une somme de 52.911 Fr. a été employée à approprier le lit de cette rivière à la navigation, en le débarrassant des obstacles qui l'encombraient, en le régularisant et en l'approfondissant pour un tirant d'eau de 1m10 sur 5 m de largeur.

De 1877 à 1878, La Gacilly a été dotée d'un débarcadère dont l'établissement a donné lieu à une dépense de 13.900 Fr.

 

Enfin de 1878 à 1883, on a exécuté un projet de travaux complémentaires de ceux entrepris de 1868 à 1874. Ce travail de parachèvement a donné lieu à une dépense qui s'est élevée à 11.000 Fr.

 

Entretien.

Comme en 1882 et 1883, un crédit de 2.000 Fr. est ouvert, sur le budget de 1884, pour l'entretien des ouvrages mentionnés ci-dessus, et pour le curage du lit de l'Aff, sur les points où les vases peuvent entraver la navigation.

 

Projets.

Le 27 mai 1882, il a été [présenté un avant-projet montant à 109.000 Fr, ayant pour objet :

1° L'approfondissement et le redressement du lit de l'Aff pour un tirant d'eau de 1 m, 62 entre La Gacilly et le canal de Nantes à Brest ;

2° La construction d'une écluse et d'un barrage.

Par décision du 1er mars 1883, M. le Ministre des Travaux publics, prenant en considération cet avant-projet, a autorisé sa mise à l'enquête dans les départements d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan, et a invité les Ingénieurs à procéder aux conférences mixtes.

Ces formalités remplies, l'avant-projet a été renvoyé, le 24 janvier 1884, à l'approbation de l'Administration ; mais M. le Ministre a décidé, à la date du 11 mars dernier, qu'il serait sursis à la présentation du projet déclaratif d'utilité publique jusqu'à l'époque où la situation budgétaire permettra de doter l'entreprise

 

1890-Refus du Conseil Général du Morbihan

Le 25 octobre 1890, le conseil général du Morbihan adresse à la municipalité gacilienne une décision du Ministre des Travaux Publics refusant la surélévation du plan d’eau à 1.62m au moyen d’une écluse à construire au Passage du Port-Corbin

 

1892- la révision du Projet pour la Construction d'une Ecluse au Port Corbin

Au nom de la commission, M de Beher, donne lecture du rapport suivant

À plusieurs (11) reprises déjà l'affaire dont nous avons l'honneur de vous entretenir a sollicité votre attention ; mais elle revient aujourd'hui devant vous doublement assurée de vos dispositions bienveillantes, puisque c'est en vertu d'un vœu récemment exprimé qu'elle vous est soumise.

 

Depuis près de dix ans, la ville de La Gacilly, dont l'activité commerciale s'accroît d'une façon constante, a, non seulement dans son intérêt propre, mais encore dans celui de toute la contrée, réclamé l'amélioration de son port et de sa rivière et vous ne lui avez pas mesuré votre appui.

 

Séance du 27 Avril

Des délibérations itératives et pressantes ont signalé, recommandé cette couvre à la libéralité du Gouvernement ; mais longtemps, votre bon vouloir est demeuré stérile.

En 1884, après avoir fait établir un projet, comprenant des écluses, des ponts et une dérivation partielle, et coûtant 113.700 Fr., le Ministre objectait l'insuffisance de ses ressources et ajournait la déclaration d'utilité publique.

Fallait-il, comme on l'a dit à cette époque, nous résigner à notre situation, avec l'espoir de meilleurs temps ? Grâce à Dieu, vous ne l'avez pas pensé ; les intéressés encore moins et nous pouvions constater, l'an dernier, que la question reprenait faveur : que l'importance de la rivière d'Aff et de son port d'embarquement paraissait enfin reconnue. Aujourd'hui, Messieurs, vous êtes appelés par l'Administration elle-même à donner à la réalisation du projet une impulsion décisive.

Sans parler de l'élargissement en voie d'exécution du quai de La Gacilly, et de sa transformation prochaine, l'on en vient à traiter la grande question, la question capitale le relèvement du niveau d'eau, et à provoquer une solution pratique. Nous ne nous étonnerons pas, Messieurs, qu'on réclame votre concours effectif ; nous ne nous en plaindrons pas davantage. Il est fort aisé de comprendre, assurément, les embarras qu'éprouve le Ministre à subventionner des travaux sur un budget extraordinaire dont les ressources sont diminuées au moment où de toutes parts les demandes affluent. Et comme, en définitive, c'est bien lui qui supporte la lourde charge, cette proposition de mise à l'étude est un grand pas vers la solution que vous avez indiquée.

Des dragages, pratiqués en face de Glénac, ont obtenu, dans la section d'aval, une amélioration durable. Il s'agit maintenant, suivant votre vœu du mois d'août, d'établir entre ce point et La Gacilly un niveau d'eau normal et permanent. Mais, abandonnant le projet onéreux de 1884, on se contenterait, comme vous l'avez voulu, de construire une écluse, avec un pont mobile, au Port-Corbin, dans les conditions les plus économiques, de façon cependant à procurer une circulation constante à la batellerie et un débouché facile sur la Vilaine et Redon, à des communes qui n'y accèdent qu'avec de longs détours.

Qu'il vous suffise de savoir que, d'après un relevé tout récent pris, à l'écluse voisine, le trafic, pour le seul port de La Gacilly, se monterait à 20,000 tonnes par année, si le niveau d'hiver pouvait être toujours maintenu or c'est là justement le but de la demande.

Qu'il vous plaise enfin de connaitre l'appréciation que portent sur le mouvement de l'Aff navigable, à son point de départ, les principaux 63 négociants de Redon, en relations d'affaires avec notre Département. Ils disent que La Gacilly fournit à elle seule autant de marchandises que toutes les stations placées sur le canal, entre Pontivy et les confins d'Ille-et-Vilaine.

J'ajouterai qu'en ce qui touche les communications par terre, plusieurs communes, enclavées par l'Aff, font d'énormes circuits pour gagner la rive opposée, et que d'autres, appartenant aux cantons de La Gacilly, Rochefort et Malestroit, ne peuvent, dans la direction de l'Est, faire usage de leur chemin le plus court, qui aboutit au Port-Corbin, sans aller au-delà.

Il nous faut conclure, Messieurs et avant tout nous tenons à préciser les choses.

 

L'Administration des Travaux Publics vous invite à ajouter à votre demande d'études une promesse de concours, et adresse un appel semblable aux communes intéressées et au département voisin, mettant d'avance à notre charge collective la construction des ponts et une part dans la dépense générale. Or, la question ainsi posée ne saurait être résolue.

Dans quelle proportion, en effet car on veut une proportion pouvez-vous contribuer à un travail dont vous ignorez la nature et le coût d'un travail conçu à nouveau et dans des conditions prochainement réalisables ?

J’estime, sauf meilleur avis de M. le Préfet, qui ne me contredira pas, j'en ai la confiance, j'estime qu'on n'attend de nous qu'un engagement de principe conforme, d'ailleurs, aux vœux précédemment émis.

Aussi votre 2e Commission vous propose-t-elle la résolution suivante Le Conseil, considérant que l'amélioration de la rivière d'Aff, dans sa partie classée, constitue pour la ville de La Gacilly et la région environnante un intérêt capital et urgent, prie l'Administration d'ordonner, dans le but d'y satisfaire, des études, suivant le vœu formulé par lui le 21 août 1891.

Il insiste pour que le projet, comprenant l'établissement au Port-Corbin d'une écluse, avec pont mobile, soit aussi réduit que possible, pour en permettre à bref délai l'exécution.

Il invite M. le Préfet, dès qu'il pourra le faire utilement, à vouloir bien consulter les communes sur les sacrifices collectifs ou privés qu'elles pourraient s'imposer ; enfin à se mettre en relation avec le Département d'Ille-et-Vilaine, s’engageant à régler sa contribution proportionnelle sur les conditions du projet et le chiffre de la dépense.

Le rapporteur, croit devoir dissiper, par avance, l'inquiétude que peut ressentir le Conseil en face de cette proposition, et indique tout d'abord que la dépense ne sera pas aussi considérable qu'on serait porté à le supposer, car il s'agit d'un projet restreint. Ce que nous vous demandons en ce moment, dit-il, c'est d'émettre un vote de principe, vote réclamé par le Ministre pour que l'État fasse étudier le travail.

M. Caradec désirerait connaître le chiffre du contingent incombant au Département.

M de Behr répond qu'il s'agit d’un pari proportionnel, indéterminé, quant au chiffre, et subordonnée à l'importance encore inconnue du projet.

M. Caradec voit un danger à adopter les propositions finales de M. de Beher. On demande, dit-il, que nous contribuions à la dépense afin que les Ingénieurs puissent faire les études, et l'on nous dit qu'ils ne les feront pas si nous n'en prenons l'engagement. Je crois que cet engagement serait dangereux.

Behr : j'ai reconnu dans mon rapport que la question était mal posée. Prenez seulement un engagement de principe, et vous vous prononcerez, lorsque vous connaîtrez le montant du projet.

M. le Préfet : l'État ne fera étudier le projet que autant que le Département prendra une partie de la dépense à sa charge.

M. le Cte de Pluvié : Nous pouvons dire que nous y contribuerons dans une certaine proportion, mais pas autre chose.

Après cette discussion, les conclusions du rapport sont mises aux voix et adoptées.

 Au nom de la commission, M de Beher, donne lecture du rapport suivant

 

A plusieurs reprises déjà l'affaire dont nous avons l'honneur de vous entretenir a sollicité votre attention ; mais elle revient aujourd'hui devant vous doublement assurée de vos dispositions bienveillantes, puisque c'est en vertu d'un vœu récemment exprimé qu'elle vous est soumise.

Depuis près de dix ans, la ville de La Gacilly, dont l'activité commerciale s'accroît d'une façon constante, a, non seulement dans son intérêt propre, mais encore dans celui de toute la contrée, réclamé l'amélioration de son port et de sa rivière, et vous ne lui avez pas mesuré votre appui.

Séance du 27 Avril

  

1895-Amélioration de l'Aff. Projet Construction d’une Écluse au Port-Corbin.

Conformément (12) à votre délibération du 25 août 1893, il a été procédé, dans les conditions que vous avez indiquées, à l'instruction du projet de construction d'une écluse à Port-Corbin, sur l'Aff navigable, pour le relèvement du plan d'eau de cette rivière.

Le dossier de l'affaire a été transmis à M. le maire de La Gacilly, qui a été invité à, notifier à ses collègues des communes voisines le dépôt de ce dossier à la mairie du chef-lieu de canton, et à provoquer des souscriptions tant communales que particulières pour contribuer à la dépense qu'entraînerait l'exécution des travaux.

Les maires d'un certain nombre de communes se sont réunis à la mairie de, La Gacilly à deux reprises, les 8 février et 14 août 1894, en présence de M. l'Ingénieur de Ploërmel. Les communes du Morbihan, intéressées à l'amélioration projetée, ont été, ensuite invitées à voter le concours financier mis à leur charge, et l'avant-projet a été communiqué à M. le Préfet d'Ille-et-Vilaine, en vue des subventions à obtenir, d'une part, des communes de ce département ayant intérêt à l'exécution des travaux, et, d'autre part, du Conseil général lui-même.

J'ai l'honneur de vous mettre sous les yeux une lettre du 19 août courant par laquelle mon collègue d'Ille-et-Vilaine me renvoie le dossier communiqué, avec ses observations

Sur les trois communes du département qui ont été appelées à offrir un concours financier, la commune de Redon, seule a voté une subvention conditionnelle de 1,000 francs ; Bains et Sixt ont refusé leur concours, en contestant, du reste, en ce qui les concerne, l'utilité du projet.

M. le Préfet d'Ille-et-Vilaine estime, par suite, qu'il ne lui parait pas opportun de demander, au Conseil général de son département, qui trouverait peut-être exagérée la part contributive qui lui est attribuée, de se substituer aux communes ci-dessus désignées pour parfaire ou assurer le contingent de ces communes, dès lors surtout que le Conseil général du Morbihan, qui, représente le département le plus intéressé dans l'amélioration poursuivie, n'a pris lui-même aucune résolution ferme au sujet de la partie financière du projet. La consultation des communes du Morbihan, au point de vue financier, a donné le résultat suivant

La Gacilly a voté une somme de (Délibération du 14 octobre 1894.)4,000f

Glénac (Délibération du même jour.) 600

Cournon Délibération du 11 novembre 1894.)  300

Carentoir (Délibérations des 25 février et 2 décembre 1894.  300

M. le maire de Carentoir a en outre pris l'engagement, à la date du 22 mars 1894, de verser une souscription particulière de (Engagement valable pendant 2 ans

Ensemble = 5200F

 

Les communes de la Chapelle-Gaceline, Quelneuc et Tréal ont refusé leur participation.

En résumé, le montant des travaux d'amélioration à exécuter est évalué à 66.000 Fr d'après l'avant-projet dressé par M. les Ingénieurs.

Le concours financier à fournir par les intéressés pour obtenir la prise en considération du projet est de 44.000fr c'est-à-dire des 2/3 de la dépense.

Les communes ayant voté 6.600 y compris la subvention conditionnelle de la ville, de Redon.

Il resterait à combler un déficit de 37.400 Fr J'ai l'honneur de vous prier, Messieurs, de vouloir bien me faire connaître quelle suite, dans ces conditions, il conviendrait de Donner au projet dont il s'agit

 

1898-Travaux sur le Pont du Port- Corbin Montant des Travaux

Devis

Montant des Travaux

Construction (14) des maçonneries et des abords du Pont de Port-Corbin, sur l'Aff, entre Glénac et Bains 21.500 Fr, Construction du tablier métallique du dit pont 13.500 Fr

Dans sa délibération de mai 1912,

Le conseil municipal de La Gacilly fait remarquer

L’assemblée communale serait désireuse de voir arranger le pont de Pré-Naval. Ce pont dont le tablier est très bas et peut fort bien être remonté, empêche les bateaux de passer lors des grandes eaux en hiver. En surélevant ce pont de 20 centimètres, les bateaux ne seraient pas arrêtés de chaque côté par les eaux trop hautes et tous les hivers ; il n’est pas rare de voir des chalands rester à ce pont trois semaines à un mois, ne pouvant passer en raison du niveau de l’eau. Lors d’une dernière consolidation de ce pont, deux poutres en fer ont été passées sous celles en bois existantes déjà et le tablier a été abaissé d’autant. Le conseil municipal demande donc que ces deux poutres en fer soient surélevées cet été à ce que les bateaux puissent librement passer désormais.

1924-Rapport de la Commission Départementale pour le Projet du Pont de Prénatal

Au nom de la 2e Commission, M. de Gouyon donne lecture du rapport suivant :

La reconstitution du tablier du pont de Prénaval, situé sur la commune de Glénac et reliant les deux rives de l'Aff, est réclamée depuis plusieurs années par les usagers, le service vicinal et celui de la batellerie.

Vous en avez déjà été saisis, et les retards apportés à la réalisation de cette affaire doivent pour partie s'expliquer par la lenteur des pourparlers engagés avec le Ministère des Travaux publics. La batellerie demande en effet que le tablier soit relevé.

Enfin, la subvention ministérielle étant fixée à 4.000 francs et le prix total de la dépense entraînée par le projet devant atteindre 18.000 francs, la commune de Glénac a fait l'énorme effort de voter 7.000 francs.

Or, il faut remarquer que si le pont de Prénaval est bien situé sur son territoire, il est surtout d'une utilité générale et met en communication le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine.

 

Si l'on veut voir enfin cesser un état de chose plus que fâcheux, puisqu'en ce moment le pont est interdit à tout véhicule un peu lourd, il est urgent de suivre les propositions de l'administration. Votre 2e commission vous propose donc le vote des 7.000 francs destinés à parfaire la dépense, avec renvoi à la commission des finances pour l'étude des voies et moyens.

Les conclusions de ce rapport sont adoptées, avec renvoi à la commission des finances pour les voies et moyens

 

1924-Projet de Surélévation du Tablier en bois

Dans sa séance du 16 juillet 1920, le conseil municipal de Glénac et, lors de sa première session de la même année, le conseil d'arrondissement de Vannes avait demandé l'étude d'un projet d'exhaussement du pont de Prénaval, réclamé par les négociants et les commerçants de La Gacilly et de Redon, ainsi que la substitution au tablier en bois actuel d'un tablier en béton armé.

La reconstruction de l'ouvrage est nécessitée par son mauvais état ; quant à son exhaussement, il est demandé depuis longtemps par le commerce et la batellerie.

Le service vicinal a préparé pour l'exécution de ces travaux un projet s'élevant à 18.000 francs, que j'ai l'honneur de vous soumettre ci-joint.

Par décision du 20 décembre 1923, M. le Ministre des Travaux publics a approuvé ledit projet en ce qui concerne l'exhaussement du tablier et alloué, pour ce travail, une subvention de 4.000 francs.

Par délibération du 2 mars dernier, le conseil municipal de Glénac a voté un crédit de 7.000 francs pour former la quote-part de la commune dans la dépense de substitution au tablier en bois du pont d'un tablier en béton armé.

J'ai l'honneur de vous prier, Messieurs, d'accord avec les agents du service de bien vouloir allouer une subvention d'égale somme pour parfaire le montant de cette dépense.

 

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Le Bureau de Poste.

mise en activité des bureaux telegraphique à la Gacilly

Le bureau est installé au début de la rue Neuve qui venait d’être aménagée, à droite en descendant au Bout-du-Pont (aussitôt après le Crédit Agricole actuel). Plus tard, cette maison appartiendra à la famille Morand qui y tiendra une épicerie. Quelques dizaines d’années plus tard, le bureau de poste sera transféré à l’angle de la rue Montauban et du champ de foire

 

Avant 1840, le courrier venant de Redon était distribué à La Gacilly par François Eoche-Duval alors capitaine de la garde nationale sans qu’il y ait de bureau de poste dans la localité, celui-ci était installé à Carentoir ; une malle-poste à deux chevaux passait alors quotidiennement à La Gacilly. Le bureau de poste manquait donc terriblement à La Gacilly et le besoin s’en faisait de plus en plus sentir surtout après le retour du chef-lieu de canton. Son installation fut décidée par M. le Directeur de la Poste et des Télégraphes en date du 25 septembre 1840 avec l’appui de M. Bernard après avoir donné lieu à une correspondance plutôt acerbe adressée au maire de La Gacilly dans laquelle il écrit : « Je vous avais prié, la dernière fois que j’eus l’honneur de vous voir, de m’écrire aussitôt que quelque chose se présenterait à faire pour La Gacilly. Or, pas un mot, pas le moindre avis, ni direct, ni indirect, n’est venu me prévenir de cette affaire d’un bureau de poste. » Le bureau est installé au début de la rue Neuve qui venait d’être aménagée, à droite en descendant au Bout-du-Pont (aussitôt après le Crédit Agricole actuel). Plus tard, cette maison appartiendra à la famille Morand qui y tiendra une épicerie. Quelques dizaines d’années plus tard, le bureau de poste sera transféré à l’angle de la rue Montauban et du champ de foire.

 

 

 

 

Éclairage de La Gacilly

Aidé par des spécialistes de Nantes, c’est M. Denis qui, en 1898, installe une turbine dans le moulin capable de produire de l’électricité pouvant approvisionner en courant électrique les habitations gaciliennes ainsi que de permettre de substituer les brûleurs à pétrole des lampadaires municipaux par des ampoules.

30 juillet 1899 : M. le maire, Albert Barbotin, informe le conseil que l’accord passé par la commune avec M. Parpaillon de Bordeaux pour l’éclairage de la ville prend fin le 31 octobre 1899, époque à laquelle généralement commence l’éclairage.

Il demande au conseil s’il est d’avis de passer un autre traité avec M. Parpaillon ou s’il n’y aurait pas lieu d’entrer en relation avec M. Pierre-Marie Denis minotier à La Gacilly qui a une installation d’usine électrique et qui lui a fait des propositions pour l’éclairage de la ville

Le conseil décide à l’unanimité des membres présents que ces installations présentent de grands avantages sur l’ancien mode d’éclairage et donne pleins pouvoirs à M. le maire pour traiter et s’entendre avec M. Denis pour tous les détails de l’installation. Le traité à passer ne pourra être de plus de 10 années et la redevance annuelle à passer par la commune ne pourra dépasser la somme de 420fr. M. le maire doit faire le nécessaire pour que ce nouveau mode d’éclairage de la ville soit assuré pour la fin du mois d’octobre

20 août 1899 : Comme suite à la délibération du 30 juillet dernier, M. le maire a passé un contrat avec M. Pierre-Marie Denis, minotier à La Gacilly pour l’éclairage de la ville de La Gacilly à la lumière électrique ; ce contrat, signé le 18 août 1899, ne deviendra définitif qu’après avoir été approuvé par M. le préfet du Morbihan. Le contrat comporte 2 articles généraux, 23 articles pour l’éclairage de la ville et 4 articles pour l’éclairage des particuliers.

Le 1° article général annonce que l’éclairage de la ville de La Gacilly au moyen de l’électricité est concédé à M. Pierre-Marie Denis pour une période de 15 années commençant le 1° octobre 1899 en admettant que les autorisations des autorités compétentes soient accordées à cette date. Le concessionnaire fournira et placera à ses frais tous les appareils nécessaires à la production de la lumière électrique et au transport de l’énergie et il restera propriétaire des canalisations qu’il aura faites. Cependant à l’expiration de la concession, le premier contractant aura la faculté de racheter lesdites canalisations à des prix fixés à dire d’experts. Le concessionnaire aura le droit de poser au-dessus et sous les rues, places publiques, les poteaux potences, fils et câbles pour canalisations quelconques nécessaires à la conduite de l’électricité, le tout à ses risques et périls et à ses frais.

L’éclairage public (Art. 1) devra fonctionner, le soir, de la chute du jour jusqu’à 11h et, le matin, de 5h 30 jusqu’au jour. Bien sûr, il s’agit de l’heure solaire, celle qu’on appelle aussi « l’ancienne heure ».

13 lampes de 16 bougies devront être placées pour un forfait de 420 Fr annuels ; ces lampes seront fournies et remplacées aux frais du concessionnaire, seules les lampes brisées par choc et non usées par le courant électrique seront payées par la ville.

Les articles qui suivent donnent la liste de toutes les charges revenant au concessionnaire : lampes, matériels, appareils, machines, poteaux, câbles, fils, …La mairie se réserve le droit d’augmenter le nombre de lampes en augmentant la redevance annuelle de 30fr par lampe nouvelle. Elle pourra également demander que la durée d ‘éclairage prévue soit prolongée pendant 7 nuits dans l’année gratuitement. Le concessionnaire pourra utiliser les réverbères fonctionnant au gaz hydrocarburé qui resteront la propriété de la commune. Le concessionnaire est autorisé à utiliser la station centrale de La Gacilly pour alimenter d’autres communes. En cas de panne de production pendant dix heures, une amende de 10fr sera imposée et au double pour la seconde interruption. Le concessionnaire ne pourra céder ses droits à une société ou à des particuliers qu’après agrément par la ville.

Pour ce qui est de l’éclairage des particuliers, le concessionnaire ne pourra refuser l’électricité aux habitants de la ville qui en feront la demande et qui auront à s’entendre avec lui pour toutes les installations intérieures, mode d’éclairage au compteur ou à l’abonnement.

Le concessionnaire ne pourra exiger plus de 48fr par an et par lampe de 16 bougies pour un abonnement et 1,50fr du kilowatt pour l’électricité au compteur.

L’installation de nouvelles lampes est demandée à M. Denis : une à la Bouère, deux autres au Champ de Foire ; une quatrième sera placée dans les classes des garçons mais elle ne fonctionnera que pendant quatre mois de l’année ; le forfait annuel passera alors à 515fr. Ce nouveau contrat fut signé le 28 août 1900. (CM du 22 mai 1900)

Sur une carte postale expédiée le 23 septembre 1903, on voit très nettement une ampoule dans un lampadaire. C’est très tôt par rapport à bien des communes de même importance. Mais tous les réverbères ne sont pas encore modifiés pour pouvoir fonctionner à l’électricité. Maxime Chantreau, vers 1907-1908, faisait encore l’allumage des réverbères à pétrole, chaque soir, avec une petite échelle à crampons et, chaque matin, les nettoyait et les remplissait (JAG p. 18)

M. Denis, entrepreneur de l’éclairage public, réclame à la municipalité le montant de ce qui lui est dû pour l’éclairage du 1° juillet 1906 au 31 décembre 1907 et le reliquat de la somme due pour le premier semestre de 1908. Il y a lieu de solder 257,50fr avec une réduction de 50% d’où 128,75fr pour le 2° semestre de 1906, 515fr pour l’année 1907 et 27,30fr de reliquat 1908 soit un total de 671,05fr. 171,65fr ayant été réglés, il reste donc à payer 499,40fr. (CM du 19 juillet 1908)

M. Denis demande que M. Chaumeil, nouveau propriétaire de la minoterie, soit agréé en son lieu et place par la municipalité comme commissaire de l’éclairage électrique. La Société Électrique de l’Ouest demande un contrat de 10 ans pour faire de sérieuses réparations au secteur électrique. M. Chaumeil est agréé par la municipalité à partir du 1° mai 1911 pour 10 ans. Le nombre de lampes serait porté à 20 pour le même prix annuel de 515fr y compris la lampe placée à l’école en fonction 4 mois de l’année. Par contre, les lampes seront éteintes à 10h du soir au lieu de 11. M. le maire fait savoir que M. Chaumeil est décidé à accepter ce prix de 515fr pour ces 21 lampes avec lumière jusqu’à 10h du soir. Le conseil prie M. le maire de faire le nécessaire. Les 2 lampes nouvelles seront placées, l’une au cimetière, l’autre dans la traverse de La Gacilly vers la maison du percepteur. Une 3° lampe est demandée pour la rue St-Vincent. Le conseil prie M. le maire de voir s’il ne serait pas possible de mettre cette lampe sans augmenter la redevance annuelle. Si M. Chaumeil ne pouvait l’accepter, on trancherait à la première réunion la question de cette lampe et le prix à payer en plus. M. le maire est donc autorisé à passer un contrat de 10 ans avec M. Chaumeil au prix de 515fr pour 20 lampes fonctionnant comme il a été dit. (CM du 26 mars 1911)

M. Chaumeil continue à fournir de l’électricité mais en plus grosse quantité ce qui l’oblige à remplacer la vieille turbine par une Radian de 35 chev. Mobilisé en août 1914, l’électricité sera alors coupée à La Gacilly. En 1921, il mettra en route une seconde turbine de 25ch. C’est ce matériel, assisté d’un moteur à gaz pauvre pour les périodes de basses eaux, qui fournira l’énergie jusqu’en 1941.

Le maire soumet au conseil une demande de M. Chaumeil qui fait connaître qu’en raison du prix élevé du charbon et des huiles de graissage, il ne lui est pas possible de maintenir le prix de 0,15fr l’hectowatt et demande qu’il soit porté à 0,25fr, tarif applicable aux compteurs jusqu’à la fin du contrat en 1921. Il reste bien entendu que ce relèvement de tarif ne s’appliquera qu’aux particuliers au compteur et ne vise nullement l’éclairage de la ville et des particuliers à l’abonnement. Suivant l’article 25 du contrat, le prix ne peut être modifié sans l’accord du conseil ; celui-ci décide de donner un avis favorable à partir du 1° octobre 1920. (CM du 7 septembre 1920)

Le contrat de l’éclairage électrique de la ville expire au 1° mai 1921. M. le maire est entré en pourparlers avec M. Chaumeil, le concessionnaire actuel pour le renouvellement du dit contrat. Un nouveau avait été élaboré mais brusquement M. Chaumeil a rompu les pourparlers en disant ne pas vouloir renouveler ce contrat d’éclairage. A cause de la cherté du charbon, les difficultés de l’exploitation et de la main-d’œuvre et le désaccord avec la Société Électrique de l’Ouest au point de vue du matériel. Dans ces conditions, le maire a cherché à trouver un nouveau concessionnaire mais sans succès de sorte que la ville est menacée d’être bientôt privée de son éclairage électrique. Après discussion, le conseil, considérant que l’éclairage électrique de La Gacilly existe depuis une vingtaine d’années ce qui n’est pas sans donner à la commune un certain cachet et une réelle importance, considérant aussi que M. Chaumeil ou la Société Électrique de l’Ouest a laissé faire et même engagé à faire l’année dernière de nombreuses installations électriques particulières laissant à entendre que le contrat serait certainement renouvelé, qu’il y a là en quelque sorte engagement moral de la part de M. Chaumeil, espère que la décision de M. Chaumeil n’est pas définitive et donne mandat au maire pour entrer de nouveau en pourparlers avec lui , la commune n’ayant qu’à se louer des rapports excellents qu’elle a toujours entretenus avec ce concessionnaire. (CM du 6 février 1921)

Ce que la municipalité gacilienne - et même peut-être M. Chaumeil ne savait pas, c’est que la Société Électrique de l’Ouest avait été rachetée, le 25 mai 1920, par un ingénieur électricien, M. Léon Callaud demeurant 6 rue Dugommier à Nantes ; il était devenu propriétaire de toute l’installation électrique du secteur de La Gacilly et donc les conditions de production et d’exploitation de M. Chaumeil avaient dû changer. Ce renseignement important est donné par le paragraphe intitulé « Origine de propriété » qui figure dans le contrat de vente signé entre M. Callaud et M. Cosme Guimard lorsque ce dernier lui a racheté ces mêmes installations électriques le 28 septembre 1921. Ce contrat donne la liste des matériels et lignes composant les installations du secteur électrique de La Gacilly. La vente est consentie moyennant le prix de 15.000fr.

Né au village de Roscoët en Naizin entre Pontivy et Locminé en 1895, M. Cosme Guimard, fit ses études d’abord au Petit Séminaire puis à St-François-Xavier à Vannes où il passe son baccalauréat avec succès. Après sa mobilisation pendant la guerre 14-18 où il fut blessé trois fois et avec en poche son diplôme de technicien, il arrive à La Gacilly (JAG p. 18) et achète donc le réseau gacilien. Puis il fait construire, sur la place du Bout-du-Pont, une baraque, appelée la « baraque à Guimard » pour y installer le matériel nécessaire à la distribution de l’électricité à partir d’un moteur à bois et à charbon ; il fallait trois personnes pour le mettre en marche au moyen d’un volant. Le 15 février 1930, M. Guimard cède son entreprise à une société privée Énergie Électrique de la Basse-Loire où il devient chef de district du secteur de La Gacilly et ce, jusqu’en juillet 1945, date à laquelle il est nommé à la même fonction par l’EDF naissante, la nouvelle entreprise nationalisée. Il partira en retraite en 1949. On lui doit en grande partie les travaux électriques qui ont permis de métamorphoser la vie de nos ancêtres.

Le 16 octobre 1895, le sieur Pierre Denis, minotier, demeurant à La Gacilly, demande, comme propriétaire d’une cour bordant le chemin de grande circulation n° 9 de Redon à Dinan et inscrite sous le n° 1525 de la section E l’autorisation d’acquérir un excédent de chemin situé au droit de cette cour et d’y établir une bascule. A cet effet, il devra construire, à ses frais, des rampes permettant d’accéder latéralement à cette bascule de manière à ne pas gêner la circulation. La bascule sera placée à 4,20m de l’axe du chemin et sa plate-forme sera située au niveau du bord extérieur de l’accotement. Par suite de l’alignement, le pétitionnaire prendra à la voie publique une superficie de 12,48m² pour laquelle il paiera une indemnité de 24,96fr calculée à raison de 2fr par mètre superficiel et ne pourra, en aucun cas, commencer les travaux avant d’avoir acquitté le prix de ce terrain.

Signé par le préfet le 27 décembre 1895.

En 1929, cette bascule sera remplacée par deux ponts-bascules publics, l’un de 15.000kg sur la place du Bout-du-Pont et un autre sur la place du Champ de Foire de 4.000kg.

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TRANSPORT

 

  • Les Routes.

En 1802, le maire de La Gacilly affirme, pour les besoins de la pétition pour le rapatriement du chef-lieu de canton que sa commune possède les chemins les plus beaux et les plus faciles de tout le canton. Six ans plus tard, ils sont devenus impraticables et complètement défoncés. Dans une délibération du conseil municipal du 15 mai 1808, le maire déplore l’état de dégradation où se trouvent les chemins vicinaux qui aboutissent à la ville de La Gacilly. Dans une seconde délibération du même jour, il y est dit que :      

« Depuis le commencement de la Révolution, il n’a été fait aucune réparation aux pavés de La Gacilly, que dans plusieurs endroits des rues de la ville, il y a des cassières qui brisent les charrettes et des mares qui tiennent les égouts de la ville en stagnation desquels il émane des miasmes délétères qui altèrent sensiblement les constitutions les plus fortes et fait succomber celles qui sont détériorées. »

Il faut dire que, depuis le XV° siècle, les chemins sont restés les mêmes :

  • L’ancienne voie romaine qui part vers Ploërmel avec bifurcation pour Malestroit et Rochefort-en-Terre,
  • Le Redonnais, descendant des rochers de Lestun, escarpé et dangereux, qui s’en va vers Tréal et plus tard vers Carentoir,
  • Le Grand Chemin du Roy qui va de Redon à Guer en passant sur les hauteurs de la Grée Saint-Jean.

Voilà les trois voies principales qui ont desservi La Gacilly pendant des siècles. Les communications locales se faisaient par des sentiers ou des chemins à charrettes qui reliaient les villages entre eux ; certains devaient avoir une certaine importance, celui reliant La Gacilly à Glénac par exemple ou encore celui de la Glouzie, le Pâtis et la Gazaie.

Le 21 mai 1836, les pouvoirs publics classent les chemins en trois catégories :

  • Chemin de grande communication pour relier les chefs-lieux de canton et les villes importantes.
  • Chemin d’intérêt commun entre les chefs-lieux de canton et les communes.
  • Chemin ordinaire entre les communes et les hameaux.
  • Si les chemins des deux premières catégories sont à la charge du département, la construction et l’entretien des chemins de la troisième catégorie sont du ressort des communes au moyen de la corvée qui existe toujours. Ainsi, le 14 mai 1867, le conseil municipal de La Gacilly décide : « qu’il serait imposé un rôle de prestation en nature montant, pour chaque individu passible de la prestation, ainsi que pour les membres ou les serviteurs de la famille, les bêtes de train ou de somme, à trois journées.

Dans une de ses sessions de l’année 1836, le préfet Lorois et le conseil général du Morbihan décident la création de cinq grandes routes départementales à partir de La Gacilly en direction de Vannes, Redon, Châteaubriant, Ploërmel et Dinan :

  • Le chemin de grande communication n° 8 d’Ille-et-Vilaine dit de La Gacilly à Bain-de-Bretagne passant par Sixt-sur-Aff, Pipriac, Guipry et Messac et qui deviendra la D.777.
  • Le chemin partant de La Gacilly et se dirigeant vers Vannes qui est en fait la suite du chemin ci-dessus passant par Saint-Martin-sur-Oust, Saint-Gravé et Rochefort-en-Terre. Le maire de La Gacilly, comme le préfet, avait pensé à cette route depuis plusieurs années puisque, lors de l’allocution de M. Robert à l’occasion de la pose de la première pierre de la Maison de Ville, donc en 1834, celui-ci déclare, en parlant de M. Lorois : « Il vient aujourd’hui même parcourir nos communes pour y faire exécuter le tracé d’une grande route de La Gacilly à Rochefort » et, un peu plus loin…  « Une route pour nous mettre en communication avec le chef-lieu de notre département. » Dans une lettre de M. Bernard, député de l’arrondissement de Vannes, adressée à M. Robert, le maire de La Gacilly, le 27 avril 1841, il déclare : « J’ai appris avec chagrin l’abandon des travaux du pont du Gueslin. Cette voie de communication est d’une haute utilité pour la partie du département que vous administrez. Je vais me livrer à des démarches actives pour obtenir du gouvernement la reprise de ce travail important. » Effectivement, quelque temps après, la route était ouverte.
  • En 1862, le chemin n° 13 d’Ille-et-Vilaine qui vient de Peillac par le Bas Limur et le pont de Bilaire, traverse La Gacilly, la Chapelle-Gaceline, Quelneuc et Saint-Séglin ; ce chemin est devenu la route départementale n° 138.
  • Le chemin menant à Tréal sera réaménagé en 1892 ; les travaux donneront lieu à une très vive controverse car ils conduiront à la démolition de la chapelle et de l’enclos de Bonne Rencontre au Rocher en Tréal.

 

  • Le Chemin de Fer

le chauffeur du camion n’a pas vu le « train », heureusement il n’y aura que des dégâts matériauxDès 1884, le conseil municipal gacilien émet le vœu qu’une ligne de chemin de fer Redon-Paimpont passant par La Gacilly soit construite pour rejoindre la ligne prévue de Ploërmel à Montfort. En 1862, la ligne Rennes-Redon est ouverte. La compagnie des Tramways à vapeur d’Ille-et-Vilaine, la TIV, construit alors plus de 500km de ligne de chemin de fer d’intérêt local à voie métrique. Une autre ligne Rennes-Redon par Pipriac et Maure de Bretagne est inaugurée en 1920. Celle de La Gacilly/Guer/Plélan-le-Grand sera mise en service en 1924. De petites locomotives à vapeur traînent dans sept ou huit wagons aussi bien des voyageurs que des marchandises. Plus tard, ce seront des autorails Verney

 

 

 

 

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ENSEIGNEMENT

 

École Communale de Garçons

Avant la construction d’une salle officielle d’enseignement en 1835, les jeunes, surtout les garçons, recevaient une certaine instruction soit au bourg, soit dans les villages comme à la Haute Bardaie par exemple où, au début du XVIII° siècle, il existait une maison-école dont les ruines étaient encore visibles en 1930. Ces petites écoles étaient souvent des écoles presbytérales qui enseignaient surtout l’instruction religieuse. En 1738, Joseph Le Gouër de la Gazaie est maître d’école au bourg de La Gacilly. En 1773, est signalé comme maître d’école à La Gacilly, Jean-Baptiste Guillaume de la Saudraie, veuf de feue Marie-Joseph Le Rouzic, originaire de la paroisse et de la ville de Saint-Pol-de-Léon.

Pour La Gacilly, ces petites écoles dureront jusqu’en 1835, année d’inauguration de la Maison de Ville dans laquelle une salle d’enseignement est aménagée au premier étage pour les garçons. Un an plus tôt, le 8 mai 1834, pour la pose de la première pierre de cet édifice, le maire, en présence du préfet, déclara : « que chaque citoyen songe donc, en travaillant à la construction d’une maison d’école, qu’il y prépare une place pour ses fils ou petits-fils… » Cette salle « la mieux disposée et la plus belle du département », étant à l’étage, les sabots de la centaine de petits écoliers devaient quelque peu gêner le maire ou le juge de paix qui se trouvaient au rez-de-chaussée. Les cours de récréation n’existaient pas encore et les écoliers allaient jouer sous les halles surtout par temps de pluie. Les écoliers étaient choisis par le conseil municipal et étaient admis gratuitement dans cette école. Il faut savoir, qu’en 1834, le Morbihan comptait plus de 80% d’analphabètes chez les recrues des classes 1830-1833 ; c’était 31% de plus que la moyenne française. Le dimanche 26 août 1838, lors de la distribution des prix de l’école municipale, le maire, M. Robert, prononça un très long discours.

En 1881, afin de niveler le terrain destiné à la construction de la future école publique des garçons, l’entrepreneur, Louis Bourrée, a dû procéder à l’arasement de la butte du vieux château soit 15 à 20.000 mètres cubes de pierres et de terre. Ce même entrepreneur construira donc l’école de La Gacilly mais également les écoles de Guer et de Tréal.

En février 1884 : une lettre du préfet du Morbihan au maire de La Gacilly autorise ce dernier à construire une école publique de garçons derrière l’église actuelle. Il y aura donc, à La Gacilly, comme dans beaucoup de communes, quatre écoles : deux de garçons et deux de filles. M. François Garel sera le premier instituteur dans cette nouvelle école. Il aura comme adjoint Jules Barbier originaire du Jura et formé à l’École Spéciale de Montbéliard. M. Garel sera remplacé par Joseph Texier, le petit-fils du chef des Bleus de Carentoir pendant la Révolution.

Cette école communale des garçons deviendra l’école publique des garçons de La Gacilly.

École Communale de Fille.

Le 17 octobre 1837, Marie-Elisabeth et Jeanne-Louise Grinsart Lasalle donnent à la ville de La Gacilly, outre des terrains pour la construction de l’église, une maison pour l’instruction primaire et la demeure de la personne qui pourra être chargée de diriger l’éducation des filles de cette commune. Le 25 juin 1838, le conseil municipal accepte la donation. Cette école de filles ne sera ouverte, rue de la Bourdonnaye (rue Yves Josso actuelle) que le 9 octobre 1861. Ce sont deux sœurs de la congrégation des Filles du Saint-Esprit dont la maison mère est à Saint-Brieuc qui sont chargées de faire fonctionner cette école. Le maire d’alors, Jean-Marie Rouxel, leur accorde un traitement commun et annuel de 400 francs ; à cette époque-là, le directeur de l’école des garçons avait ce salaire à lui tout seul, son adjoint n’était pas aussi bien rémunéré ; c’est la raison pour laquelle ces adjoints avaient besoin d’activités secondaires comme secrétaire de mairie ou adjoint aux écritures près des fonctionnaires de l’Etat.

En 1864, le conseil municipal constate que, pour l’école des filles, « le local est trop étroit, bas d’étage, sombre et malsain. Les enfants et les maîtresses sont continuellement indisposés par la chaleur et le manque d’air. D’autre part, cette maison est tellement vieille et délabrée que toutes réparations et augmentations seraient en pure perte. » Les élus décident de vendre la maison d’école car, en 1866, l’abbéJoseph Collet fait don à la commune d’une maison de huit pièces situées au bas de la rue La Fayette et attenant au cimetière à la condition que cette demeure soit transformée en école de jeunes filles. En 1869, une troisième sœur des Filles du Saint-Esprit arrive à La Gacilly.

Après la construction de l’église actuelle, l’ancienne église Saint-Nicolas est démolie, sauf une chapelle latérale. En 1880, le cimetière Saint-Nicolas est transféré sur un terrain également donné par l’abbé Joseph Collet. A la place de l’ancienne église et du cimetière, le conseil municipal décide de construire une école publique de filles avec deux classes, la maison donnée par l’abbé Collet devenant la demeure des institutrices en attendant que la maison à étages de Patern Soulaine soit libre.

On trouve, dans le registre des délibérations du conseil municipal du 14 mai 1882, avec la création d’un poste d’adjointe qui sera assuré par Sœur Cécilia, la mention suivante : « Attendu que le conseil municipal a été entièrement satisfait de la bonne tenue de l’école des Le 17 octobre 1837, Marie-Elisabeth et Jeanne-Louise Grinsart Lasalle donnent à la ville de La Gacilly, outre des terrains pour la construction de l’église, une maison pour l’instruction primaire et la demeure de la personne qui pourra être chargée de diriger l’éducation des filles de cette communefilles et de l’instruction donnée par la sœur Eugénie… » Il semble bien que cette Sœur Eugénie fût la troisième sœur des Filles du Saint-Esprit à assurer l’enseignement dans cette école communale.

Cette école communale deviendra l’école publique des filles après le départ des religieuses.

 

 

 

Lois Guizot et Combes.

En 1833, la loi Guizot obligea chaque commune à entretenir une école primaire.

Le 15 mars 1850, l’Assemblée Nationale votait une loi qui instituait la liberté d’enseignement : deux écoles sont donc autorisées, l’école publique ou laïque ou école de l’Etat et l’école privée ou libre, la plupart du temps confessionnelle. L’instruction religieuse devient obligatoire dans les deux écoles. Un peu plus tard, la III° République, avec Jules Ferry, institue le service public d’enseignement : laïcité, gratuité et obligation. Ce sera le début des difficultés entre les deux écoles. En 1905, la séparation de l’église et de l’Etat ne fera qu’envenimer les

Après la victoire des radicaux aux élections de 1902, Émile Combes fut appelé à la tête du gouvernement. Ancien séminariste, il se lança à fond dans la lutte contre l’influence de l’Église dans la République. En mars 1904, il fit voter une loi interdisant à toutes les congrégations d’enseigner. Une autre loi fut votée, la loi de la séparation de l’Église et de l’État le 9 décembre 1905. Dans un premier temps, la loi prévoyait que les biens du clergé et des fabriques, devenus biens d’État, seraient transférés à des associations culturelles. Cette décision engendra des réactions violentes ce qui obligea le gouvernement à en atténuer les rudesses. Clémenceau finalement laissa les édifices religieux à la disposition du clergé, le nouveau ministre des Cultes, Aristide Briand, décida de suspendre les inventaires.

Le Procès (Voir détails ici)

Comme suite aux lois Combes, les prêtres et les religieuses gaciliens reçurent l’ordre de cesser leur enseignement dans les écoles communales. La supérieure de l’école des filles, Sœur Rogatien, quitta donc l’établissement, fut chargée de l’entretien de l’église et alla habiter dans une maison appartenant à M. Labarre. Les deux autres religieuses quittèrent La Gacilly et furent remplacées par les demoiselles Le Goff et Chauvin, ces dernières étant novices non sécularisées, c’est-à-dire qu’elles ne portaient pas l’habit religieux. Sœur Rogatien et Melle Le Goff furent accusées de poursuivre l’enseignement. Un procès eut lieu au tribunal correctionnel de Vannes le 20 mai 1903. Très bien défendues, elles furent acquittées quelques jours plus tard. Mais cet incident accentua l’animosité entre les deux écoles : chaque camp voulant disposer de son école. Le recteur, les vicaires et les paroissiens de La Gacilly décidèrent d’avoir leurs propres établissements. Il y aura donc, à La Gacilly, comme dans beaucoup de communes, quatre écoles : deux de garçons et deux de filles.

École Libre de Garçons.

L’école libre de Saint-Jugon verra le jour le 7 septembre 1891 : ce sera la première du diocèse de Vannes et l’abbé Eugène Brunet, originaire de Ploërmel et jeune prêtre bachelier, deviendra le directeur. Il sera suivi par les abbés Alexis Dréano, Jean-Pierre Douarin et Louis Montfort.

Commune de La Gacilly.

  • Construction d’une école de garçons

Par une délibération du 15 mars 1881, le Conseil municipal de La Gacilly a voté la construction d'une maison d'école de garçon.

En vue de l'exécution de ce projet, la municipalité a fait le choix d'un emplacement qui, d'après les renseignements fournis par l'inspection académique, convient à la destination qu'on se propose de lui donner.

Le devis complété conformément à l'avis de la commission de surveillance des bâtiments scolaires, atteint le chiffre de 32,000, francs

A cette sommé viendra s'ajouter celle de 1,800 Fr environ 'Pour l'acquisition du terrain que le sieur Rouxel refuse de vendre à l'amiable.

Total 33,800 francs

La commune affecta à. cette dépense 4,000 frs à provenir d'un emprunt voté le 13 novembre 1881 et la fourniture de six ares de terrain d'une valeur do 1,500 frs, ensemble 5,500 frs

Il reste déficit de 28,300 qui fait l’objet d’une• demande de secours sur les fonds du département et de l'État.

Ce déficit est considérable ; mais il est à, remarquer que la commune n'est pas riche, que non centime ne vaut que) 7.4 Fr., qu’elle supporte déjà 55 centimes, dont 21 pour insuffisance de revenus, et huit pour une imposition trentenaire affectée à l'achèvement des chemins Vicinaux et qui prendra fin qu'en 1910. De plus elle a. construit l'an dernier à- Ses frais une école .de filles. Toutes ces circonstances la recommandent à la bienveillance particulière de l'Administration.

Je vous prie, Messieurs, de vouloir bien lui allouer une subvention 'à prendre sur l’article, sous-chapitre IV du budget d’instruction publique ; et la recommander à M : le Ministre pour l'obtention d'un secours sur les fonds de l'État

 

École libre de Filles.

Photo des élèves de l’école libre de Filles de la Gacilly  en 1938

 

 

 

 

L’école libre des filles ouvrira ses portes le 6 mars 1899 avec les sœurs des Filles du Saint-Esprit, les anciennes de l’école communale.

Une école enfantine libre ouvrira ses portes en 1938.

   

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LES SAPEURS POMPIERS

 photo des sapeurs-pompiers de la Gacilly vers 1900

L’incendie de cinq maisons de la rue de Montauban, en 1840, avait marqué les esprits. Une pompe à bras et des seaux entoile furent achetés peu de temps après et, le 14 mai 1867, le conseil municipal émettait le désir de construire une baraque pour loger ce matériel. Si la pompe à bras est efficace lorsqu’elle est utilisée au début de l’incendie, elle devient pratiquement inefficace dans le cas contraire. Pour faire fonctionner la pompe à bras, il était fait appel à des bénévoles. Lorsqu’un incendie se déclarait, le propriétaire ou les voisins de celui-ci venaient chercher cette pompe et s’en servaient tant bien que mal pour essayer d’éteindre l’incendie.

Le 29 janvier 1869, la foudre tombe sur l’église des Fougerêts et met le feu au clocher. Les pompiers de La Gacilly sont appelés en renfort. Mais la pompe et l’eau amassée ne suffirent pas et il était urgent de faire lapart du feu. C’est alors que deux pompiers, munis de haches, montèrent sur le toit de l’église. Ils enlevèrent des ardoises et coupèrent poutres et chevrons pour éviter l’embrasement de tout l’édifice. La manœuvre s’avéra efficace car le clocher s’écroula mais le reste du bâtiment fut épargné Les deux pompiers en question furent Chantreau et Épaillard. Quelques mois après, ils reçurent la médaille d’honneur en argent de 2° classepour avoir « au péril de leur vie, arrêté les progrès d’un incendie causé par la foudre ».

Ce n’est que le 25 août 1931 qu’un corps de sapeurs-pompiers est créé officiellement à La Gacilly par le maire Alexandre Bruc. Le premier responsable sera François Morin, l’agent-voyer, avec 17 hommes sous ses ordres. Une moto-pompe de marque SAMDI fut achetée en 1933 ; elle était encore en service en 1991. A cette époque-là, il n’y avait pas de sirène< ; Théophile Leclerc qui jouait très bien du clairon, parcourait les principales artères de la ville en jouant »au feu » afin d’avertir ses collègues et les inviter à se rendre près de l’école publique de garçons où était stationné le matériel d’incendie ainsi qu’une tour de séchage des tuyaux située à l’extrémité Nord de l’école.

En 1947, une sirène d’alarme fut installée et, l’année suivante, un magnifique fourgon d’incendie avec avertisseur, dévidoir et pompe auxiliaire fut fourni au corps des sapeurs-pompiers de La Gacilly.

Conseil Général 1937 -Demande de subvention

J'ai L’honneur de vous soumettre une délibération par laquelle le Conseil municipal de La Gacilly sollicite une subvention du département pour la construction d'un séchoir pour le matériel d'incendie et l'achat d'une tenue de ville et de souliers pour les sapeurs-pompiers.

Pour l'aider à couvrir cette dépense qui s'élève à 16.960 francs, soit 10.700 francs pour la construction du séchoir et.6.260 francs pour la tenue de ville et les souliers, la commune de La Gacilly a sollicité le concours de L’Etat. Mais la Commission spéciale de répartition ayant décidé, dans sa dernière réunion, de ne pas accorder de subvention pour les dépenses de cette nature, M. le Ministre de l'Intérieur m'a fait connaître, par dépêche en date du 13 septembre 1937, que la demande de subvention formée par la commune de LaGacilly, ne pouvait être retenue.

En 1935, la commune de La Gacilly a fait l'acquisition d'un important matériel d'incendie et a dû, pour couvrir la dépense qui s'est élevée à 54.000 francs, faire un gros effort financier.

L'entretien de ce matériel lui impose une charge annuelle variant de 2.000 francs à 3.000 francs. Elle prend également à sa charge les prestations des sapeurs-pompiers et leur accorde en outre, une indemnité de 25 francs à titre de remise sur la cote mobilière.

J'ai l'honneur de vous prier, Messieurs, de vouloir bien statuer sur la demande qui vous est soumise.

 

 

 

AMENAGEMENT DES RUES (à la fin du XIX siècle)

  • Place Municipale

Après la construction des halles vers 1740, puis celle de la Maison de Ville en 1834/35, le carrefour Olivier était beaucoup moins grand et plutôt morcelé ; c’est pourquoi la place située au Sud et devant la mairie prit le nom de Place Municipale parce qu’elle se trouvait devant le siège de la municipalité et des séances du conseil municipal. Sur cette place, on y voit bien sûr, la toute récente Maison de Ville, mais aussi :

  • Le Puits.

Sur la photo on y voit bien sûr, la toute récente Maison de Ville, mais aussi Le Puits.Situé à l’angle Sud-Ouest de la Maison de Ville, c’est entre le puits et la façade de cette Maison de Ville, dans l’alignement des halles, que s’élevait le carcan de la justice seigneuriale où les malfaiteurs étaient exposés en public les jours de foire et de marché. En 1793, il fut remplacé par l’arbre de la liberté qui n’y resta pas très longtemps puisqu’il fut arraché par les Chouans le 8 juin 1795. En 1830, sa toiture est formée par un chapiteau en ardoises, supporté par quatre piliers informes de moellon. En 1831, ils furent remplacés par des piliers en grison avec plate-forme à corniche sur laquelle fut placé un piédestal pour recevoir une statue de Saint Fabien que donna M. Etrillard et qui venait de la chapelle de Launay en Carentoir, propriété qu’il avait acquise par son mariage avec Marie-Thérèse Seguin. En 1837, cette statue fut surnommée Saint Canton par le public qui voulait ainsi en faire un objet allégorique et commémoratif du transfert du chef-lieu de canton de Carentoir à La Gacilly.

 

 

 

 

 

 

 

 

  • La Maison Lasalle.

Située au milieu de la Place Municipale, du côté de l’Ouest, elle est une des plus anciennes constructions de La Gacilly. Elle porte ce nom car elle fut érigée par la famille Lasalle qui fit graver ses armes au-dessus de la porte d’entrée. Par ordre administratif, elles furent effacées en 1792. M. Robert, maire de La Gacilly, fut propriétaire de cette maison et fit reconstruire la façade en 1838 en y adjoignant un balcon, ce fut le premier à La Gacilly. Le jardin, le clos, les prés et tout le terrain qui se trouvait derrière cette maison, depuis la rue Saint-Vincent jusqu’à l’étang de la Bouère, tout cela appartenait à la famille Lasalle ; c’est la raison pour laquelle toutes ces terres prirent le nom de domaine Lasalle.

 

  • Passage Lassalle

Situé à l’extrémité Sud de la rue de Montauban, face aux halles, côté Ouest, il fut ainsi nommé en mémoire de Paul Lasalle et de sa famille et aussi parce qu’il desservait le domaine Lasalle ; ce passage conduisait en effet dans le jardin et la cour situés derrière la maison Lasalle

 

 

 

 

Situé à l’extrémité Sud de la rue de Montauban, face aux halles, côté Ouest, il fut ainsi nommé en mémoire de Paul Lasalle et de sa famille et aussi parce qu’il desservait le domaine Lasalle ; ce passage conduisait en effet dans le jardin et la cour situés derrière la maison Lasalle.

 

 

 

 

 

  • Rue La Bourdonnaye

Située au Nord des halles, entre la rue Montauban et le chemin du Château, elle fut ainsi nommée, sans la particule, en mémoire de M. le marquis de la Bourdonnaye, seigneur de La Gacilly et grand bienfaiteur de cette commune. A l’extrémité Ouest de cette rue, une maison importante fut construite, en 1781, par M. Joseph Le Roy, chirurgien ; elle devint par la suite la caserne de gendarmerie.Située au Nord des halles, entre la rue Montauban et le chemin du Château, elle fut ainsi nommée, sans la particule, en mémoire de M. le marquis de la Bourdonnaye, seigneur de La Gacilly et grand bienfaiteur de cette commune. A l’extrémité Ouest de cette rue, une maison importante fut construite, en 1781, par M. Joseph Le Roy, chirurgien ; elle devint par la suite la caserne de gendarmerie. Vers 1930/40, elle abritait l’étude de maître Gaudin, huissier de La Gacilly. Elle n’existe plus actuellement car elle a été démolie lors de l’agrandissement du garage du centre-ville.

A l’extrémité Est, se trouvait une école primaire de filles dans une maison qui, avec ses cour et jardin, fut donnée à la commune, le 17 octobre 1837, par les demoiselles Grinsart Lasalle, Marie-Elisabeth et Jeanne-Louise, natives de La Gacilly et religieuses ursulines à la communauté de Redon. Ce sont elles également qui donnèrent deux autres terrains pour la construction de l’église actuelle.

En 1789, tout le terrain compris entre la butte et le derrière des maisons de la rue la Bourdonnaye était encore vague ; il fut ensuite divisé et transformé en jardins.

 

 

  • Rue Montauban

Située à l’Ouest des halles, elle remplace en fait le début de la rue des Barres et va de la Place Municipale au champ de foire ; elle fut ainsi nommée en mémoire des seigneurs de Montauban, les plus anciens possesseurs de la seigneurie de La Gacilly. La moitié de cette rue fut détruite par un incendie qui éclata dans la nuit du 2 mai 1840Située à l’Ouest des halles, elle remplace en fait le début de la rue des Barres et va de la Place Municipale au champ de foire ; elle fut ainsi nommée en mémoire des seigneurs de Montauban, les plus anciens possesseurs de la seigneurie de La Gacilly. La moitié de cette rue fut détruite par un incendie qui éclata dans la nuit du 2 mai 1840 et qui eut pour cause un feu de cheminée qui pénétra dans un grenier par un ancien trou d’échafaudage non rebouché. Cinq maisons dont trois sur le devant et deux à l’arrière, devinrent en quelques minutes la proie des flammes avec tout le mobilier qu’elles contenaient mais personne ne périt. La sécheresse était telle et le feu si vif et si épouvantable que, sans le calme de l’atmosphère, toute la ville eut été brûlée. Du linge et du fil prirent feu au loin dans les jardins et des flammèches et tisons furent lancés jusqu’au haut de la rue Saint-Vincent dans des lucarnes et sur des toits de chaume qui se fussent embrasés si, par hasard, il ne s’était trouvé sur les lieux des personnes prêtes à éteindre le feu. Beaucoup de Gaciliens aidèrent à éteindre cet incendie ; le journal du département signala alors particulièrement à la reconnaissance de leurs concitoyens, et comme s’étant constamment portés aux postes les plus dangereux, les sieurs Julien Epaillard, charpentier, les frères Chantreau, fabricants d’instruments aratoires, les frères Poligné, aubergistes, les sieurs Mérel, oncle et neveu, serruriers et le maréchal des logis Petit-Jean ; c’est lui qui monta le premier sur la toiture de la maison contiguë au foyer de l’incendie et conduisit avec bonheur les travaux de démolition qui firent la part du feu. M. Foloreille, le digne pasteur de la commune prit part à l’extinction de l’incendie et se montra constamment dans la chaîne des porteurs d’eau qu’il dirigea et au milieu de laquelle il donna l’exemple du travail le plus actif.

 

  • Rue Bernard

= elle passait devant l’église et le champ de foire et allait jusqu’à la chaussée de la Bouère ; elle fut ainsi nommée en mémoire de M. Louis-Désiré Bernard de Rennes, conseiller à la Cour de Cassation et député de l’arrondissement de Vannes. Ce député avait rendu d’éminents services à La Gacilly par des appuis répétés auprès du gouvernement pour le transfert du chef-lieu de canton de Carentoir à La Gacilly,C’est la continuation de la rue Montauban ; elle passait devant l’église et le champ de foire et allait jusqu’à la chaussée de la Bouère ; elle fut ainsi nommée en mémoire de M. Louis-Désiré Bernard de Rennes, conseiller à la Cour de Cassation et député de l’arrondissement de Vannes. Ce député avait rendu d’éminents services à La Gacilly par des appuis répétés auprès du gouvernement pour le transfert du chef-lieu de canton de Carentoir à La Gacilly, pour la construction de plusieurs voies de circulation, l’implantation d’un bureau de poste, pour sa protection qu’il accorda à l’école primaire et l’attribution d’un prix annuel ; c’est d’ailleurs pour cette attribution que « le conseil municipal de La Gacilly vota sur-le-champ et par acclamation des remerciements bien sincères. Il voulut même que, dans cette circonstance extraordinaire, la reconnaissance des Gaciliens fut exprimée par un signe sensible et permanent, consistant dans l’inscription nouvelle de la rue Bernard. »

 

 

 

  • Rue Lorois

Située à l’angle Sud-Ouest de la Place Robert, en fait la rue du Menhir actuelle, elle fut dénommée ainsi en mémoire de Edouard-Louis Lorois, préfet du Morbihan, comme témoignage de reconnaissance pour sa participation active au développement et à la prospérité de La Gacilly.Située à l’angle Sud-Ouest de la Place Robert, en fait la rue du Menhir actuelle, elle fut dénommée ainsi en mémoire de Edouard-Louis Lorois, préfet du Morbihan, comme témoignage de reconnaissance pour sa participation active au développement et à la prospérité de La Gacilly. C’est lui qui fit ouvrir, en 1841, un passage dans le domaine Saint-Vincent pour laisser passer la route que trois ans auparavant il avait tracé à travers les domaines et les landes du Grand Bois, depuis les Brelles jusqu’à la chaussée de Mabio. C’est à l’extrémité Ouest de cette rue que se trouve le menhir de la Roche-Piquée.

C’est également le préfet Lorois qui, en 1842, traça la nouvelle route allant de La Gacilly à Ruffiac et Ploërmel, toujours à travers le domaine de Saint-Vincent et les prés des Brelles pour atteindre Gazeau. Avant la construction de cette voie, les habitants du Pâtis, de Brozéas et de tous les villages de ce quartier ne pouvaient se rendre à La Gacilly que par le chemin rapide de Jacquary et/ou par la descente de la Glouzie à la mare des Brelles.

 

 

  • Rue Hervo

Située à l’angle Nord-Ouest de la Place Robert, c’était en fait l’ancien nom de la rue de l’Hôtel de Ville actuelle ; elle fut ainsi nommée en mémoire de M. Hervo, procureur du roi près le tribunal civil de Vannes qui aida grandement La Gacilly à recouvrer le chef-lieu de canton.

 

  • Place Ducrest de Villeneuve

Entre la rue Saint-Vincent et la rue La Fayette, se trouvait le Placis du Cas Rouge qui a été débaptisé le 2 février 1841 par le conseil municipal pour apporter un témoignage de reconnaissance à M. Emile Ducrest de Villeneuve pour les services qu’il a rendu à La Gacilly surtout dans la lutte pour le retour du chef-lieu de canton dans cette communeEntre la rue Saint-Vincent et la rue La Fayette, se trouvait le Placis du Cas Rouge qui a été débaptisé le 2 février 1841 par le conseil municipal pour apporter un témoignage de reconnaissance à M. Emile Ducrest de Villeneuve pour les services qu’il a rendu à La Gacilly surtout dans la lutte pour le retour du chef-lieu de canton dans cette commune. Sur cette place, se trouve une maison remarquable reconstruite en 1780 par Mathurin-Amaury Orinel alors avocat à la cour et sénéchal du marquisat de la Bourdonnaye. C’est dans cette maison qu’habita, de 1822 à 1824, Ducrest de Villeneuve pendant son passage à La Gacilly en qualité de receveur de l’enregistrement et des domaines. Cette maison abrite actuellement la pharmacie.

Lorsque Ducrest de Villeneuve apprit que son nom figurerait sur une des places de La Gacilly, il adressa une lettre pour remercier le maire et le conseil municipal en ces termes : « Je vous prie de bien vouloir communiquer l’expression de ma reconnaissance à MM. les membres du conseil et l’agréer en particulier pour vous. Je suis vivement touché, Messieurs, du témoignage d’estime que vous me donnez en échange du peu que j’ai fait pour La Gacilly, mon pays d’affection. » Par la même occasion, on apprend que M. Robert, à cette date, n’avait pas d’inscription publique à son nom et donc que le champ de foire ne portait pas son nom en 1841, contrairement à ce qui a été écrit.

 

 

  • Rue La Fayette.

Entre la Place Ducrest de Villeneuve et le pont sur l’Aff, c’est en fait le nouveau nom de la rue du Pont, l’ancienne rue de la Louiserie. Elle fut ainsi dénommée vraisemblablement vers 1832 en souvenir de la Révolution de 1830 et du général La FayetteEntre la Place Ducrest de Villeneuve et le pont sur l’Aff, c’est en fait le nouveau nom de la rue du Pont, l’ancienne rue de la Louiserie. Elle fut ainsi dénommée vraisemblablement vers 1832 en souvenir de la Révolution de 1830 et du général La Fayette. Vers son milieu et peu après l’embranchement de la route de Glénac, fut construite, en 1833, du côté Sud, vis-à-vis de l’église Saint-Nicolas, la maison de Pierre-Patern Soulaine. Ce fut la première maison à deux étages de La Gacilly. Plus tard, elle devait faire partie de l’école publique de filles.

Un peu plus bas, sur le même côté, il y avait le presbytère avec cour et jardin murés ; il fut acquis par la commune le 18 décembre 1828 d’avec dame Marie-Anne Le Gall, veuve Viviers, pour la somme de 5.000fr. Avant cette date, La Gacilly, comme beaucoup d’autres communes environnantes, n’avait pas de presbytère ; les ecclésiastiques devaient louer des maisons particulières pour se loger.

 

 

  • Rue Neuve.

C’est la rue du Relais Postal actuelle. Elle fut construite dans la seconde moitié du XIX° siècle

 

C’est la rue du Relais Postal actuelle. Elle fut construite dans la seconde moitié du XIX° siècle ; le trafic délaissa alors la rue La Fayette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Rue du Port.

C’est l’extrémité de la rue La Fayette qui prit ce nom lorsque le port fut mis en service et qui remplaça le pâtis Sainte-Julitte avec la fontaine du même nom. C’est dans cette rue que fut implantée la Chamoiserie en 1772.

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 PERSONNALITES GACILIENNES

 

  • Jean MESCHINOT.

 

Il est né au château de la Cour des Mortiers à Monnières en Loire- Atlantique, près de Clisson, en 1420 ou 1422. Très tôt, il se retrouve gentilhomme au service du duc de Bretagne Jean V. A 65 ans, il veille en qualité de maître d’hôtel sur la table de la jeune duchesse Anne. Pendant soixante ans, il aura exercé cette charge tant auprès des princes qu’auprès de la duchesse Anne et des rois Charles VII et Louis XII.

Sieur des Mortiers et de la Villelouët, il fut aussi connu sous le pseudonyme de Banni de Liesse, car privé de plaisir, nom qu’il s’est donné dans une requête présentée par lui à François II, duc de Bretagne et qu’il donna à l’un des personnages de ses écrits. Connaissant Louis d’Amboise, vicomte de Thouars, époux de Marie de Rieux, dame de La Gacilly, il semble qu’il passa un jour de 1460 par La Gacilly où il fit la connaissance de N. Elvart, fille de Perrot Elvart, seigneur de la Villouët. Il la prit pour épouse en 1465.

Poète du groupe des Grands Rhétoriqueurs à la cour des ducs de Bretagne, il en fut le plus connu. Sa poésie ouvre une littérature d’expression française enfin digne de ce nom. Clément Marot lui-même a signalé sa naissance bretonne : « Nantes la Brete où Meschinot se baigne ». Il fut l’auteur universellement admiré de son temps et universellement méconnu aujourd’hui. Il a écrit des ballades, mais c’est surtout son recueil intitulé « Les Lunettes des Princes », paru le 15 avril 1493, qui fit son succès. Ce traité rimé d’optique morale chante les vertus cardinales, celles que l’on trouve chez les cardinaux, mais aussi chez beaucoup de chrétiens et même chez certains qui ne le sont pas, plus rarement chez les souverains. Prudence, justice, force, tempérance même et surtout si le souverain est devenu collectif et s’il s’appelle, comme le diable, légion.

Toujours fidèle à sa vocation de pédagogue, Jean Meschinot met en ballades une dissertation sur le mauvais prince. Il crayonne l’un des premiers, dans le sillage de Charles d’Orléans et de Marie de France, la complainte de solitude qu’il appelle joliment le Banni de Liesse et que reprendront tant d’illustres écrivains mal aimés, de Joachim du Bellay à Guillaume Apollinaire, en passant par Gérard de Nerval.

Curiosité, l’un de ses poèmes pouvait se lire en commençant par la fin ou par le milieu tout aussi bien que par le commencement, de 38 manières différentes mais en gardant toujours sens et rime. Voici ce qu’il en dit : « Les huit vers ci-dessous décrits se peuvent lire et retourner en trente-huit manières. » Il décéda en 1491.

Quelques années plus tard, Nicolas Dadier de Campénéac (1553-1628), prieur, prit, pour maître, Jean Meschinot et écrivit de nombreux poèmes théologiques. A la même époque, Marguerite d’Avaugour épousa Gabriel de Goulaine ; tous les deux composèrent de nombreux poèmes. A la mort de Marguerite, le 17 novembre 1599, son époux composa « Tombeau de Marguerite », un recueil d’éloges funèbres. Dans les mêmes années, il faut signaler que René de Tournemine, un jésuite, un des professeurs de Voltaire, composa une défense du grand Corneille. On sait que la famille Tournemine fut toujours très proche des seigneurs de La Gacilly.

 

  • Joseph-Marie SEGUIN.

 

Né le 8 mai 1752 à La Gacilly, il est le fils de Jean-Marie Seguin et de Jeanne-Louise Grinsart. La famille Seguin, à cette époque, était très connue dans la région de La Gacilly, Carentoir et la Chapelle-Gaceline, une branche était devenue notable au XVIII° siècle.

Joseph Seguin, le grand-père de notre personnalité gacilienne, fut notaire de plusieurs seigneuries et en particulier du marquisat de la Bourdonnaye à sa création. Le prénom de Joseph sera une tradition dans cette famille ; c’est pourquoi, par la suite, les Seguin ajouteront un second prénom pour se reconnaître les uns des autres.

Jean-Marie Seguin, le père de notre personnalité, devient notaire et procureur du marquisat de la Bourdonnaye à la suite de son père qui fut également sénéchal de plusieurs juridictions. Il épousa le 14 octobre 1750 à La Gacilly Jeanne-Louise Grinsart, une autre famille très connue à La Gacilly. L’un de ses beaux-frères, Joseph-Marie Grinsart, sieur de la Salle, sénéchal du marquisat de la Bourdonnaye, résidait à La Gacilly ; il fut aussi procureur de plusieurs juridictions et régisseur de la famille Yviquel de Laily.

Joseph-René Seguin, sieur de Portaubeau, époux de Marie-Anne Sero, est l’oncle de notre personnalité. Il fut notaire des marquisats de la Bourdonnaye et de Sourdéac.

Joseph-Marie-Anne Seguin, notre personnalité, eut cinq frères et trois sœurs, l’une d’elles étant l’aînée de la famille et Joseph-Marie étant le second enfant et donc le premier garçon, c’est pourquoi, par la suite, il signera parfois Seguin aîné Après avoir fréquenté les « petites écoles », il devient apprenti-clerc à l’étude de son père et/ou à celle de son oncle Joseph-René. En 1779, il réside à La Gacilly tout en étant notaire du marquisat de la Bourdonnaye, des juridictions de Castellan, du prieuré de Ruffiac ; en 1786, il a en plus des fonctions de procureur. 

Il épouse Perrine Huet née à Nantes en 1753 ; de ce mariage, il eut un seul fils, Joseph-Jean-Martin né le 11 novembre 1779. Le 26 mai 1790, il est déclaré électeur pour la formation du département du Morbihan et membre du Directoire du district de Rochefort. Au début du mois de décembre 1790, il devient juge de paix du canton de La Gacilly, élection confirmée le 30 décembre 1790 par le Directoire du district suite à l’enquête provoquée par un notable de Saint-Martin-sur-Oust. En plus de toutes ses fonctions publiques, il continue son activité notariale.

La loi du 22 juillet 1792, relative au renforcement de l’armée, appelle particulièrement les gardes nationaux à s’engager pour servir aux frontières. Pour ce faire, des commissaires recruteurs sont nommés et des bureaux ouverts dans toutes les communes. Pour La Gacilly, c’est J.M. Seguin qui devient commissaire mais, malgré une attente de quatre heures dans le bureau, aucun candidat à l’enrôlement ne s’est présenté.

A la fin de 1792, le personnel des justices de paix, y compris les greffiers, est soumis à réélection. La région étant toujours parcourue par les Chouans, les électeurs sont moins nombreux que la première fois ; les juges de paix sont confrontés à la vindicte populaire parce qu’ils représentent le pouvoir républicain. Joseph-Marie Seguin est réélu avec une majorité flatteuse : 55 voix sur 61 votants. Suivant les règles de la loi du 15 août 1792 qui prévoyait que les conseils municipaux, de districts et les fonctionnaires doivent désormais prêter serment, le juge de paix gacilien fait sa prestation de serment à La Gacilly le 23 septembre 1792 avec un « certain cérémonial ». Le rapport de cette cérémonie précise « qu’après le serment des municipaux, se présentent François Clémenceau, enregistrateur des actes, Joseph-Marie Seguin, juge de paix, Louis Thomas, son greffier, Jacques Janvier, homme de loi, commis par la municipalité à la poursuite des délits de police criminelle, lesquels ayant la main levée, ont prêté le serment d’être fidèles à la Nation et de maintenir de tout leur pouvoir la liberté et l’égalité ou de mourir à leur poste ».

En bon républicain, et pour ne pas déplaire à ses amis révolutionnaires, Joseph-Marie Seguin achète des biens nationaux, il fut même parmi les premiers acquéreurs :

11 avril 1792, il achète, pour 300 livres, le pré du Vaugleu à La Gacilly, bien ecclésiastique provenant de la fondation Jean Garel et femme Grimaud, suivant acte du 20 avril 1722.

5 avril 1793, notre juge de paix continue à acheter des biens nationaux puisque d’après le registre de l’enregistrement et des domaines, il acquiert des meubles à la vente de la Gaudinais en Glénac pour la somme de 18 livres et 3 sols. 

18 mai 1793, il continue à acheter des meubles à la Gaudinais conjointement avec un nommé Ricaud pour la somme de 80 livres et 8 sols appartenant au sire de Quélo, émigré. Le même jour, toujours avec le dénommé Ricaud, il acquiert, pour la somme de 110 livres et 16 sols, des meubles lors de la vente de la Forêt-Neuve appartenant au sire de Rieux, émigré.

17 juin 1794, il achète, pour 5650 livres, la métairie de Launay aux Fougerêts appartenant à Guillard de Launay.

29 juin 1798, il achète, toujours aux Fougerêts, une maison et un jardin appartenant à l’émigré Boscouart pour la somme de 3700 francs. A remarquer, au passage, que cette dernière acquisition est évaluée en francs et non plus en livres et sols. Si notre juge de paix a bien profité de la situation, il n’est pas le seul, un autre notaire du nom de Cheval est surtout acquéreur de meubles dans les mêmes conditions, c’est à dire meubles vendus après saisie, à la Bourdonnaye pour 4380 livres, des meubles du recteur de Glénac, P. Fleury, déporté, pour 837 livres, du vicaire de Glénac, déporté, pour 222 livres, du prêtre Robin, déporté, pour 320 livres et enfin du recteur de Cournon, J. Robert, déporté, pour 518 livres.

Le 8 avril 1793, le Directoire du district de Rochefort décide de compléter son effectif pour siéger au complet. Joseph-Marie Seguin qui est le second suppléant, le premier étant en prison, est convoqué à Rochefort et sollicité d’entrer au Directoire comme administrateur ; il conserve cependant la liberté de choix. Il répond que ce serait un vrai plaisir pour lui de partager les travaux pénibles de l’administration du district mais que, remplissant des fonctions également nécessaires et pénibles surtout dans les circonstances actuelles, il restait à son poste de juge de paix du canton de La Gacilly.

Fin octobre 1793, il est nommé membre de la commission administrative du département (le conseil général actuel) par le représentant en mission Prieur de la Marne. C’est ainsi qu’à l’assemblée du 1° novembre 1793, les citoyens Perron, Seguin et Jean, administrateurs convoqués par le citoyen Prieur, représentant du peuple, entrés à l’assemblée, ont remis sur le bureau leurs lettres de convocation et, sur les conclusions du procureur général-syndic, ont pris place au bureau. Mais Joseph-Marie Seguin comprit très vite qu’il valait mieux se tenir éloigné de Prieur et, le 8 novembre, il adresse une missive au district de Rochefort qui la transmet au département ; les arguments invoqués devaient être crédibles car, le 20 novembre, il appose sa dernière signature sur le registre du département et retrouve son étude notariale à La Gacilly. Pas pour longtemps car une nouvelle loi va interdire aux juges de paix d’être également notaire ; par lettre du 4 avril 1794, il démissionne de ses fonctions de notaire en précisant qu’il avait devancé la loi en s’abstenant d’exercer lesdites fonctions à partir de son élection de juge de paix.

Vers la fin de 1793, les Chouans firent émettre de faux assignats et les juges de paix avaient été priés de détecter ces faux papiers. C’est ainsi que, le 2 janvier 1795, ayant trouvé un faux assignat de 250 livres, il demande au district de Rochefort ce qu’il doit en faire. La réponse l’invite à consulter le bulletin n° 4 des lois et à suivre les instructions contenues dans celle du 2 messidor où il trouvera la marche à suivre.

Fin octobre 1793, il est nommé membre de la commission administrative du département (le conseil général actuel) par le représentant en mission Prieur de la Marne. C’est ainsi qu’à l’assemblée du 1° novembre 1793, les citoyens Perron, Seguin et Jean, administrateurs convoqués par le citoyen Prieur, représentant du peuple, entrés à l’assemblée, ont remis sur le bureau leurs lettres de convocation et, sur les conclusions du procureur général-syndic, ont pris place au bureau. Mais Joseph-Marie Seguin comprit très vite qu’il valait mieux se tenir éloigné de Prieur et, le 8 novembre, il adresse une missive au district de Rochefort qui la transmet au département Le 26 frimaire an III (16 décembre 1794), le district de Rochefort décide de créer une vingtaine d’écoles sur son territoire à raison d’une école pour mille habitants. Une étude concernant l’instruction à la veille de la Révolution montre qu’à défaut d’école proprement dite, beaucoup de petites paroisses rurales, de trêves et même de villages comme la Haute Bardaie possédaient un local où les enfants recevaient un minimum d’instruction. C’est la raison pour laquelle beaucoup de personnes savaient au moins signer leur nom ; ainsi 30% des gens de La Gacilly signaient les actes de baptême ; à Quelneuc, il y en avait 37% mais à Glénac, ce pourcentage n’était que de 15 à 20 %.

Pour lancer son programme d’instruction publique, le directoire du district de Rochefort met en place des jurys d’instruction dans chaque commune ou groupe de communes. Ces jurys sont composés de trois membres nommés par le directoire du district et les personnes désignées reçoivent la lettre suivante : « Nous t’avons nommé pour exercer dans la commune cette mission honorable … patriote vertueux et éclairé, tu ne placeras à la tête de cette jeunesse si précieuse à l’Etat, ni ces hommes avilis par la crapule, ni ces êtres immoraux plus capables par leurs discours et leurs exemples de corrompre son cœur encore tendre et flexible que d’orner son esprit par des connaissances utiles… ». Pour La Gacilly, les membres de ce jury sont Joseph-Marie Seguin, François Clémenceau, percepteur de La Gacilly, et Joseph-Marie Grinsart, cousin germain de Augustin Grinsart La Salle, le maire actuel de La Gacilly ; ce Joseph-Marie Grinsart est aussi oncle de J.M. Seguin, et ancien sénéchal du marquisat de la Bourdonnaye. Le jeune frère de Seguin, Charles-Florentin, né en 1764, est membre de la municipalité et commissaire chargé de l’enlèvement des fers et plombs des maisons nationales dans le canton de La Gacilly. Par maisons nationales, il faut entendre les immeubles saisis sur les émigrés ou les condamnés. Les trois personnes composant le jury gacilien se connaissent très bien ; elles doivent commencer par trouver, avec l’aide de la municipalité, un local scolaire. Elles décident de prendre la demeure du citoyen François Clésio et rendent compte de leur choix à la municipalité de La Gacilly, laquelle approuve le projet le 17 janvier 1795 et décide de réquisitionner le logement du sieur Clésio qui « est prié de partir de chez lui pour le 1er mars prochain. S’il ne trouve pas de logement pour cette date, il devra se présenter huit jours avant à la municipalité qui lui en procurera un ». Le jury est aussi chargé d’équiper en mobilier le local scolaire, de recruter et de surveiller les instituteurs et institutrices. C’est pourquoi, à la demande de Seguin, la municipalité lance un appel d’offres pour la fourniture de bancs et de tables pour ladite école primaire. Pour ce qui est de trouver un instituteur la difficulté est plus grande car un décret de la Convention du 28 octobre 1793 interdisait aux ecclésiastiques, aux nobles et aux religieuses d’exercer cette profession. Cette situation a dû perdurer quelques mois car le directoire du district écrivait au département, fin novembre 1793, que « seuls Missiriac, Questembert, Carentoir, Tréal, Caden et Vincent (l’appellation « Saint » est interdite) ont réussi à nommer des instituteurs ». Pour La Gacilly, le poste d’instituteur fut pourvu le 14 nivôse an III (3 janvier 1795), les membres du jury gacilien ayant proposé la candidature de Mathurin Robert, le district de Rochefort l’accepta avec empressement. Malheureusement, il devait être tué lors de l’attaque de La Gacilly par les Chouans le 9 mai suivant (voir à ce chapitre). Ayant toujours des difficultés à trouver des instituteurs, la loi interdisant aux ecclésiastiques de s’occuper d’instruction est assouplie en mars 1795 mais il ne restait pas beaucoup de prêtres et, en 1796, le district avait toujours très peu de candidats et en arriva à recruter des militaires.

En février 1795, un cousin de Joseph-Marie Seguin, Joseph Seguin, qualifié de patriote des Fougerêts, est fusillé par les Chouans ; Joseph-Marie Seguin participe au conseil de famille concernant Françoise, la fille du patriote.

En juin 1795, le district de Rochefort se plaint de ne plus trouver de candidats pour assurer l’administration des communes, à l’exception de La Gacilly et Questembert. Il se trouve dans l’obligation de salarier des commissaires qui remplissent des fonctions municipales. C’est ainsi que Charles-Florentin Seguin est nommé commissaire provisoire pour le canton de Carentoir.

Le 9 juillet 1795, il rend compte au district de l’entrée des Chouans dans la ville de La Gacilly et du meurtre du citoyen Le Gal un peut plus tard.

Le 20 fructidor an VI (6 septembre 1798), l’épouse de Joseph-Marie Seguin décède et il reste seul pour élever son jeune et unique fils âgé de neuf ans.

En frimaire an VII (novembre 1798), une affaire curieuse se déroule au domicile de Pierre Hervieux, cultivateur à la Croix en Cournon. S’étant absenté de son domicile, celui-ci y trouve à son retour un bébé que, d’après sa « sœur et domestique », Toussainte Hervieux, une certaine Jeanne Roquet, ancienne servante de la maison, domiciliée au village de Colomel en Bains-sur-Oust, est venue déposer sur la maie, près du lit, en déclarant « qu’elle l’avoit pris là et qu’elle le remettoit là ». Le juge de paix, Joseph-Marie Seguin, ayant été appelé, constate que l’enfant, une petite fille âgée d’une dizaine de jours, est bien vivante et correctement habillée ; il la laisse à la garde de Toussainte Hervieux en lui recommandant de lui fournir les soins et aliments nécessaires. Puis il écrit au directeur du jury de l’arrondissement de Vannes, en fait le Parquet, quelques jours après et, dans cette lettre, il déclare que l’enfant n’est pas abandonné, sa mère étant revenue le chercher ; le but de celle-ci était de déterminer le père à l’épouser mais Pierre Hervieux conteste la paternité et le magistrat conclut son rapport en écrivant : « la fille s’en tient à son pacquet ».

Le 11 thermidor an IX (30 juillet 1801), notre juge de paix doit trancher une autre affaire entre deux personnalités de La Gacilly, Jacques Le Roy, chirurgien, le plaignant et Alexandre Orinel, surnuméraire au bureau de l’enregistrement, son adversaire. Le Roy déclare que, quelques jours auparavant, dans la soirée, étant à prendre le frais à sa porte, survient le citoyen Orinel qui, sans aucun doute et sans qu’on lui eut dit un mot, se met à l’injurier, le traitant de « coquin et de couillon, grinçant des dents en lui disant qu’il craignoit l’as de pique pour ce qu’il n’avoit pas l’as de cœur ». Cité à comparaître, Orinel, sans doute dégrisé, ne se présente pas à l’audience. Il est condamné par défaut à une amende de trois journées de travail, faisant une somme de trois francs.

Le 3 brumaire an X (25 octobre 1801), un arrêté des consuls de la République fixe à 37 le nombre de justices de paix dans le département et celle de La Gacilly est supprimée, c’est Carentoir qui devient la seule pour le nouveau canton. Les maires des communes de Cournon, Les Fougerêts, La Gacilly, Glénac et Saint-Martin-sur-Oust protestent et Joseph-Marie Seguin se joint à eux. Pourtant aux élections du 3 mars 1802, il est réélu très correctement avec 1349 voix sur 2459 suffrages exprimés ; son concurrent direct, Hoëo-Lavallière de Carentoir, est nommé premier suppléant avec 1102 voix et un nommé Saulnier qui n’a obtenu que deux voix est nommée deuxième suppléant. Seguin installe la justice de paix à Carentoir mais continue d’habiter à La Gacilly, près des halles ; il y tient d’ailleurs ses audiences pour les justiciables habitant l’Ouest de la circonscription.

En janvier 1803, le ministre demande aux préfets des renseignements sur les juges de paix. Le général Jullien, préfet du Morbihan, transmet les notes suivantes concernant J.M. Seguin : « Ancien jurisconsulte éclairé, digne en tout de la confiance publique, des mœurs les plus douces. Très conciliant, juge depuis le commencement de la Révolution ». Seguin est un personnage très bien considéré tant par ses supérieurs que par la population. Dans sa note, le préfet indique que la fortune personnelle de notre magistrat s’élève à 750 francs. Il est plus raisonnable de penser qu’il s’agit du montant de ses revenus annuels, environ deux francs par jour ; Seguin n’est pas un homme riche malgré l’acquisition de biens nationaux. Il faut dire que le travail de juge de paix n’est pas très accaparant avec une moyenne de 147 actes par an entre 1801 et 1814 bien qu’il soit difficile de juger par rapport à notre époque car, lorsqu’il doit aller faire un inventaire ou un constat dans un village éloigné, il lui faut sûrement une journée entière, tous les documents s’accordant pour déclarer que les chemins sont exécrables, surtout en hiver.

En 1807, l’élection des juges de paix disparaît ; par décret du 31 mai de Sa Majesté l’Empereur, J.M. Seguin est nommé juge de paix du canton de Carentoir et c’est lui-même qui procède à sa propre installation ainsi qu’à celle de son greffier Pierre-Marie-Cyprien Hoëo dans la maison commune de Carentoir, le 1er octobre 1807. Le 4 mars 1808, son jeune frère, Charles-Florentin, décède, laissant une veuve et trois jeunes enfants. Françoise Nivet, la veuve, est nommée tutrice et J.M. Seguin devient subrogé tuteur. Mais en 1811, la veuve décède à son tour et il devient alors tuteur de ses neveux. Le 29 mai 1811, il perd son propre fils à l’âge de 31 ans ; il était « docteur médecin » à La Gacilly. Resté seul, le magistrat décide de se remarier, il a alors 61 ans, un âge très respectable pour l’époque. Le 15 juillet 1813, il épouse Marie-Jacquette Le Roy née le 15 avril 1773, elle a donc 40 ans. Cette gacilienne est fille de Joseph Le Roy, maître chirurgien décédé en 1786 et de Jeanne Turquety. Le 13 février 1815 naît un fils, Prosper-Marie-Constant qui décèdera à 16 ans le 13 mai 1831.

Le 8 octobre 1815, J.M. Seguin donne sa démission de juge de paix auprès du procureur du Roi près le tribunal de première instance de Vannes. Est-ce par fatigue morale ou par lassitude ou n’est-ce pas la crainte, pour lui républicain convaincu, de retrouver la Royauté après l’Empire. Il a donc accompli une longue carrière de juriste, d’abord comme notaire seigneurial, puis juge de paix, dans une période plus que troublée de notre histoire ; il a surtout survécu à la Terreur alors que, dans sa position, il fallait très peu de chose, voire simplement une médisance, pour être déclaré suspect. Il ne semble pas avoir été inquiété par les Chouans bien que la ville ait été plusieurs fois envahie et qu’il aurait très facilement pu faire l’objet d’une exécution sommaire comme plusieurs de ses concitoyens. Bien considéré par tous, toujours réélu dans ses fonctions, bien noté par ses supérieurs, c’était ce que l’on peut appeler, avec le sens que l’on donne à ce terme au XVIII° siècle, un honnête homme. Joseph-Marie Seguin est décédé le 12 juin 1824 à La Gacilly, il avait 72 ans

 

Jean-Mathurin CHANTREAU.

Il est né à Carentoir de Jean Chantreau et d’Anne Moulin. Il est ordonné prêtre au Mené par Mgr de Bertin le 19 septembre 1772. Vicaire à La Gacilly de 1786 à 1791, puis curé, il refuse de prêter serment à la constitution civile du clergé en octobre 1791. Insermenté, des plaintes s’élèvent alors contre lui. Il reste pourtant courageusement à son poste pendant la tourmente, tant qu’il peut le faire, sans manquer à sa conscience malgré qu’il soit l’objet de poursuites, d’attaques, de dénonciations et même de persécutions par les révolutionnaires du pays. Les archives du district de Rochefort-en-Terre, dont dépend alors le canton de La Gacilly, en fournissent une preuve qu’il est peut-être utile de rapporter pour se faire une idée de la situation triste et pénible faite aux prêtres fidèles à cette époque de notre histoire. Le fait se passe au mois d’octobre 1791. L’Assemblée Nationale vient d’achever la rédaction de la constitution française dont elle a arraché l’approbation à la faiblesse du roi Louis XVI, le 14 septembre. Le moins qu’on puisse dire de cette fameuse constitution, c’est qu’elle bouleverse tout en France, ébranle et renverse presque la royauté, introduit le schisme dans notre pays, établit la division et la haine entre les Français, confisque les biens de l’église et des pauvres. L’Assemblée, avant de se séparer le 30 septembre, décide qu’on chante un Te Deum dans toutes les églises et qu’on allume un feu de joie dans toutes les localités pour fêter cet événement mémorable. L’évêque constitutionnel du Morbihan ne manque pas l’occasion d’adresser une lettre pastorale dans ce sens. Le Directoire du département, de son côté, envoie des ordres à toutes les municipalités. Que va faire l’abbé Chantreau dans ce cas ? Il ne peut obéir aux ordres de l’évêque schismatique dont il n’a pas le droit de reconnaître l’autorité. Il ne peut non plus adhérer par un acte public à une constitution que sa conscience réprouve. Il prend donc le parti de se taire, de faire le mort pour laisser passer l’orage et rester ainsi quelque temps encore au service de ses fidèles désemparés par la persécution violente qui commence à sévir. Cette conduite sage et prudente met en fureur les « purs » de La Gacilly qui se hâtent de dénoncer leur curé au district. François-Michel Clémenceau, le deuxième maire de La Gacilly, venu de la Loire-Inférieure et arrivé peu de temps avant la Révolution comme enregistrateur des actes publics, quelque chose comme receveur d’enregistrement et, malgré qu’il fut un ancien fonctionnaire de la royauté, rédige un rapport le 9 octobre 1791 :

« Nous, François-Michel Clémenceau, maire, Mathurin Bizeul, Joseph Guéhenneuc, officiers municipaux, Joseph Danard, Jean Plet, Pierre Soulaine, René Guéhenneuc et Jean-Marie Tatard, notables de la municipalité de La Gacilly, certifions, qu’étant aux vêpres pour être présents au Te Deum annoncé dimanche dernier et qui devait être chanté à l’issue des dites vêpres de ce jour, le sieur Chantreau, vicaire de cette trève, a refusé de l’entonner, quoique sommé de ce, de la part de nous dit maire, en présence du public, donnant pour excuse qu’il était fatigué, ce que prenant pour refus nous avons pris le parti de nous transporter à la butte du château près de cette ville pour mettre le feu au bûcher destiné pour le feu de joie ordonné par arrêté du Directoire du département du Morbihan du 28 septembre dernier, et voyant le refus manifeste du dit sieur Chantreau, lui avons sur le champ déclaré procès-verbal. »        

Le citoyen Clémenceau, en adressant le procès-verbal au district, y joint une lettre particulière où il s’efforce de charger encore davantage son curé.

« La municipalité me charge de vous faire passer un procès-verbal rapporté contre M. Chantreau faute d’avoir entonné le Te Deum sous différents prétextes. Le seul que je crois qu’il ait, c’est que Monsieur le doyen de Carentoir lui avait défendu. En vertu de la lettre pastorale, on avait préparé l’église à l’effet d’avoir la bénédiction ; il a refusé d’exposer le Saint-Sacrement sous le prétexte qu’il n’avait pas d’hostie consacrée. Tout cela n’est que subterfuge ou défaite… »

Là-dessus, les membres du district se réunissent et élaborent la délibération suivante :

« Vu le procès-verbal, le directoire, ouï le procureur syndic, considérant que le refus du Sieur Chantreau de se conformer à la lettre pastorale de Monseigneur l’évêque du Morbihan, particulièrement dans une circonstance où il s’agissait de cérémonie religieuse, de témoigner sa reconnaissance à la divinité sur l’heureux événement de la Constitution française en chantant le Te Deum, est un acte de désobéissance au premier pasteur du Morbihan, et le trait le plus marqué d’incivisme ; est d’avis quoiqu’il n’y ait pas de la loi positive sur un pareil délit, que le dit Chantreau doit être extrait pour deux ans de la liste des citoyens actifs et réprimandé ; même que l’ordonnance qui interviendra soit affichée un jour de dimanche ou fête à l’issue de la grand’messe à la porte de l’église de La Gacilly… ».  

La peine pour une fois était légère à cette époque troublée où l’accusation d’incivisme menait le plus souvent en prison et même devant le peloton d’exécution et l’abbé Chantreau dut au moins sourire de se voir menacé d’être rayé pendant deux ans de la liste des citoyens actifs alors qu’il serait condamné par une série de décrets, d’ordonnances et de lois, à l’exil ou à la prison pour n’avoir pas prêté le serment schismatique. On peut aussi penser charitablement que le directoire de Rochefort-en-Terre, composé à ce moment en grande partie de Gaciliens (anciens officiers du marquisat de la Bourdonnaye ou anciens fonctionnaires royaux), ayant encore à La Gacilly leurs femmes et leurs enfants, n’avait pas voulu user de sévérité vis-à-vis d’un prêtre sur lequel il avait des éléments plus sains et plus précis d’appréciation que les rapports haineux et intéressés des Clémenceau et consorts. Il semble que l’affaire n’eut pas de suite et que le directoire du Morbihan intervint pour ordonner « d’extraire le sieur Chantreau de la liste des citoyens actifs ». En tout cas, ces dénonciations et ces préventions n’empêchèrent en aucune façon son activité pastorale. Il continue à baptiser, instruire les enfants, prêcher, visiter les malades et leur porter les consolations religieuses, il remplit courageusement toutes les fonctions de son ministère malgré les terribles menaces suspendues sur sa tête. Il reste au milieu de sa population fidèle jusqu’à la dernière minute où il put y rester.

Un nouveau coup dur attend le clergé réfractaire avec les décrets du 26 août 1792 :

« Tous les ecclésiastiques qui n’ont pas prêté le serment ou qui, après l’avoir prêté, l’ont rétracté et ont persisté dans leur rétractation, seront tenus de sortir sous huit jours hors des limites du district et du département de leur résidence, et dans quinzaine hors du royaume. Passé le délai de quinze jours, les ecclésiastiques non-sermentés qui n’auraient pas obéi aux dispositions précédentes, seront déportés à la Guyane française. ».

Ainsi M. Chantreau qui a toujours refusé le serment n’a plus qu’à choisir entre l’exil ou la relégation dans le pays lointain et insalubre de la Guyane. Ces décrets reçus à Vannes le 1° septembre 1792, furent notifiés les jours suivants aux districts. Or le 18 septembre, M. Chantreau est toujours à son poste et rédige ce jour-là un acte de sépulture et signe au registre. Le lendemain, c’est pour lui l’arrestation et la déportation. C’est alors qu’il disparaît. Que devint-il ? On n’a aucun renseignement sur sa vie depuis cette date jusqu’en 1800. Il dut comme beaucoup de ses confrères rester caché dans le pays pour continuer secrètement son ministère auprès de ses paroissiens. Son nom ne figure ni parmi les exilés, ni parmi les prisonniers, ni parmi ceux qui furent envoyés à l’île de Ré à destination de la Guyane. Et cependant, huit ans après, lorsque sous le Consulat, l’amnistie permet aux prêtres non assermentés de rentrer chez eux, il réapparaît à Carentoir pour dire qu’il y fera désormais sa résidence. Il était donc resté dans le pays, caché par ses parents, ses amis et ses paroissiens et le secret de sa cachette fut si bien gardé qu’il put échapper à la prison, à la relégation et à la guillotine où montèrent de si nombreux prêtres pendant cette période sanglante.

L’abbé Chantreau avait des parents du côté de sa mère née Anne Moulin à la Haute Bardaie et il était d’autre part titulaire de la chapellenie de Maupas en Carentoir dont il avait été pourvu par l’évêque de Vannes, le 7 août 1771. C’est peut-être sur ces deux points que des recherches sur sa retraite pourraient être tentées. En tout cas, il est à noter qu’à Maupas existe une cachette parfaitement aménagée dans l’épaisseur d’un mur qui, d’après la tradition du pays, aurait servi de refuge à des prêtres pendant la Révolution. Dans cette cachette éventuelle, l’abbé Chantreau passa sans doute dix ans et son cœur de prêtre fidèle dût être douloureusement attristé des évènements qui allaient se dérouler dans la paroisse et autour de l’église. Il avait déjà assisté impuissant à la vente d’une partie des biens de l’église en janvier et avril 1792. Ce vol du bien des pauvres et des défunts allait se continuer et s’étendre au mois d’octobre de la même année. Les acquéreurs dans ces premières adjudications furent surtout, il faut le reconnaître à l’honneur des Gaciliens, des étrangers à la paroisse et des fonctionnaires de passage. Un grand nombre de fondations ne trouvèrent pas preneurs malgré la modicité de la mise à prix et la facilité de se libérer par paiement en assignats au bout de six ans. Enfin il faut se rappeler qu’à cette époque, un certain nombre d’héritiers des donateurs et de tenanciers de fabriques achetèrent les biens d’église pour les sauver et les restituer ensuite à leurs propriétaires

 

  • René Noël RUBAULT.

René-Noël Rubault de Béculeux en Ruffiac était très connu des Gaciliens. Né à Malestroit de Jacques Rubault et de Honorée Jarnier en 1743, il apparaît à La Gacilly dès 1766 où il signe au registre des baptêmes comme clerc minoré (il avait pris l’habit chez les Bernardins de Prières le 4 janvier 1765) puis en 1770 comme sous-diacre. Ces séjours à La Gacilly s’expliquent par le fait, qu’à cette époque, résidait à La Gacilly un nommé Jarnier, homme de loi et procureur du marquisat de la Bourdonnaye. Or c’était sans doute son oncle et il venait chez lui passer ses vacances de séminariste. Ordonné prêtre le 21 septembre 1771 au Mené par monseigneur de Bertin, il revient à La Gacilly comme vicaire de Claude-René Le Masle, en 1776 ; il demeure à La Gacilly jusqu’en 1784 où il est nommé curé de Malansac. De là, il n’oublie pas ses amis de La Gacilly où il vient de temps en temps comme en 1785 et en 1786 pour présider à un baptême et à un mariage. Il est nommé curé de Glénac en 1787 et rend de nombreuses visites à La Gacilly ; au cours de cette année, il assiste à deux sépultures et plusieurs baptêmes dans cette trève ; en 1788, il y fait quatre baptêmes, un mariage et quatre sépultures et, en 1789, quatre baptêmes et deux mariages. Il avait peut-être abandonné dès 1788 son poste de Glénac pour se retirer à La Gacilly, car il dit la messe matines à l’église de cette ville en 1789 et, en 1790, il assiste à la bénédiction de la seconde cloche où il signe Rubault de Béculeux sans faire suivre son nom d’un titre clérical comme auparavant. Il prête le serment constitutionnel le 20 février 1791. Il signe encore un baptême en avril de cette même année sur le registre de La Gacilly puis il rejoint Malestroit où il vient d’être nommé vicaire par l’évêque schismatique Le Masle. Le 10 septembre de cette même année, il refuse le rectorat de Taupont à cause de « sa santé ruinée par le chagrin et la calomnie » écrit-il au district mais plutôt parce qu’il sait la façon dont les catholiques de la région de Ploërmel accueillent les prêtres jureurs. Resté à Malestroit dans l’attente vaine d’un traitement qui ne vient pas ou par bribes insignifiantes, il y est dans la misère et meurt de faim. On le retrouve « vicaire et bénéficier » à Sérent en 1792. Il prête encore, le 8 janvier 1793, le nouveau serment exigé par la loi de septembre 1792 de tous les fonctionnaires publics : « Je jure de maintenir de tout mon pouvoir la Liberté et l’Egalité ou de mourir à mon poste ». Mais une première lâcheté en entraîne une autre et pris dans l’engrenage, le pauvre Rubault ne pourra plus se dépêtrer qu’il n’ait touché le fonds de l’abîme et ne soit devenu traître à ses engagements les plus sacrés. Il prêtera en effet sans hésitation et sans trouble apparent de conscience tous les serments demandés aux fonctionnaires et il en signera les formules variées au registre de La Gacilly, de sa grande écriture épaisse et anguleuse. A aucune époque on n’eut recours au serment comme pendant la période révolutionnaire. En onze ans, de 1789 à 1800, on n’exigea pas moins de sept serments différents des membres du clergé de France, pour ne parler que d’eux.

L’état misérable de René-Noël Rubault fut vite connu à La Gacilly et émut ses nombreux amis. En particulier les jeunes qui tenaient alors le haut du pavé et se partageaient les honneurs et les traitements, ne purent rester indifférents aux malheurs de celui qui, quinze ans plutôt, avait été leur maître d’école. Comme il n’y avait pas alors d’école publique, les prêtres de paroisse et ordinairement les vicaires s’occupaient seuls de l’instruction des enfants surtout de ceux qui aspiraient à des fonctions publiques pour lesquelles la connaissance du latin était obligatoire en ce temps-là. Les Cheval, Leroy, Grinsart, Saulnier et Seguin devaient donc aux bonnes leçons du vicaire Rubault, leurs situations lucratives et leur rapide fortune. Dans l’espoir de procurer à leur ancien maître une situation stable qui le mettrait à l’abri du besoin, ils l’appelèrent auprès d’eux. Invité à venir à La Gacilly dans les premiers jours de février, il y accourt de suite et y célèbre la messe deux dimanches. Après la délibération en sa faveur du 24 février 1793, il n’attend ni l’avis du citoyen évêque du Morbihan, ni la confirmation du Directoire du département et il continue de dire la messe dans l’église Saint-Nicolas. Il pouvait croire cette fois que sa vie, jusqu’alors agitée et vagabonde, avait enfin trouvé un lieu de repos sûr et confortable. Entouré d’amis dévoués soucieux de ses intérêts même matériels, bien accueilli par une population qui ne voyait en lui qu’un prêtre connu depuis longtemps, de bonne vie et mœurs, il est prêt à leur donner les secours religieux dont il sentait la privation ; du reste, il était bien incapable dans sa théologie simpliste et son ignorance religieuse de discuter les questions de serment qui divisaient alors les esprits, ; il était assuré d’un traitement convenable qui lui permettait désormais de vivre sans l’âpre souci du pain de demain ; il va enfin connaître la tranquillité. Ce bonheur ne dura même pas un mois. Le 19 mars, à peine installé dans la chambre qu’il vient de louer chez la veuve Legouër, boulangère, dans la deuxième maison de la rue du Pont, à droite, en partant du Cas-Rouge (emplacement de l’ancienne maison P. Debray, n° 2 de la rue La Fayette d’aujourd’hui), il est obligé de fuir en toute hâte et d’aller se réfugier à Redon, sous la protection des soldats du général Beysser, pour éviter la colère des paysans révoltés qui se portent partout dans notre pays à l’assaut du centre où le pouvoir révolutionnaire est organisé. A la fin du mois, les Chouans se retirèrent et l’abbé Rubault put revenir. C’est alors que Montméjean est arrêté et guillotiné ; ses propriétés en Carentoir sont vendues comme biens nationaux ; sa métairie et son pourpris de la Danais sont adjugés à René Rubault pour la somme de 7.175 livres. Mais l’accalmie, cette fois encore, ne devait pas être bien longue pour notre curé, la Terreur n’était pas loin. En janvier 1794, La Gacilly eut sa fête de la Raison sous les yeux du curé constitutionnel Rubault, honteux, humilié et impuissant. Le petit troupeau de fidèles qui s’était réuni autour de son curé constitutionnel se dispersa pendant cette période troublée et leur curé jureur prit le parti de se cacher. Le pauvre René-Noël Rubault ne pouvait qu’être effrayé par les ruines amoncelées par le torrent dévastateur dont il avait contribué lui-même à rompre les digues par sa complaisance pour des idées nouvelles et dangereuses, sa désobéissance vis-à-vis de ses chefs spirituels, sa lâcheté devant Dieu et devant les hommes. On n’arrête pas un torrent débordé, on est nécessairement entraîné ou broyé par lui. Le curé intrus put croire un instant que le flot destructeur ne monterait pas jusqu’à lui qui avait pris tant de précautions, même coupables, pour sauver son existence, car la persécution furieuse et sanglante s’abattit d’abord sur les prêtres restés fidèles à leurs devoirs et cachés dans le pays pour pouvoir venir au secours des pauvres âmes désemparées. Les prêtres restés en France au péril de leur vie, furent traqués comme des bêtes fauves, les uns comme réfractaires au serment schismatique, les autres comme entrés sur le territoire après leur exil ou leur déportation. Dénoncés ou pris au hasard des perquisitions exercées par les troupes républicaines dans tout le pays, jeunes, ils étaient exécutés dans les vingt-quatre heures, comme le demandait le décret de la Convention du 11 mars 1793 ou envoyés en prison s’ils avaient plus de soixante ans ou étaient malades. C’est ainsi que Rubault vit deux de ses confrères voisins qu’il avait nécessairement connus dans son ministère régulier d’autrefois à La Gacilly et à Glénac, monter à l’échafaud pour rester fidèles à leur foi : Michel Després, natif de Bains-sur-Oust et vicaire de cette paroisse qui, tombé entre les mains des révolutionnaires, fut guillotiné à Redon le 24 octobre 1793 et Julien Racapé, né à Saint-Just et vicaire à Brain-sur-Vilaine. Ce dernier, caché chez ses parents, arrêté, traduit devant le tribunal révolutionnaire et condamné à mort, marcha vers l’échafaud le 1° novembre 1793 en chantant courageusement le cantique du Père de Montfort : « Allons amis au bonheur véritable ». Bains-sur-Oust et Saint-Just faisaient alors partie du diocèse de Vannes comme La Gacilly et Glénac. Le pauvre renégat put, de même, voir partir pour être emprisonnés à la retraite de Vannes les prêtres âgés ou malades de son voisinage qu’il avait connus, respectés et estimés autrefois. De même, Rubault ne peut ignorer l’arrestation et l’emprisonnement à Josselin de son ancien confrère et prédécesseur à Glénac, l’abbé Fleury de Buléon, car le fait suivant consigné aux archives de Josselin ne put manquer de défrayer les conversations de La Gacilly lorsqu’il y fut connu. M. Fleury était l’oncle des Clésio de La Gacilly. Le bruit de sa mise en prison ayant couru, l’un de ses neveux partit immédiatement pour Buléon afin d’avoir des renseignements sûrs. Ayant reçu là-bas confirmation de l’emprisonnement de son oncle à Josselin, il résolut d’aller le voir avant de rentrer à La Gacilly et de lui porter quelques secours. Accompagné et guidé par un de ses cousins, Trévalinet de Buléon, aussi neveu de l’abbé Fleury, il se dirigea sur Josselin et tenta d’entrer en relation avec son oncle. Mal lui en prit, car le 23 décembre 1794, le directeur de la poste de Josselin annonçait au département l’arrestation de Trévalinet de Carascouët en Buléon et de Clésio de La Gacilly « parce qu’ils demandaient à voir un prêtre nommé Fleury et avaient l’intention de lui remettre quelque chose ». Les deux cousins payèrent de quelques mois de séjour dans les infectes prisons de Josselin (c’est le mot du représentant du peuple, Prieur de la Marne) leur acte de dévouement pour leur vieil oncle.

Ces exemples de courage et de fidélité au devoir de ses anciens amis, n’ont pas l’air d’émouvoir l’endurci Rubault et il reste dans sa situation pénible de jureur et de révolté. Il n’est pas encore tombé assez bas et il faudra qu’il touche le fond de l’abîme pour voir ses yeux se dessiller et comprendre l’indignité de sa vie.

Mais voici que la persécution menace à leur tour les prêtres constitutionnels et il va avoir à trembler pour lui. C’est que la Convention, sous la poussée des clubs de Paris composés d’impies et de francs-maçons, ne tendait à rien moins qu’à l’athéisme officiel, à la suppression de tout culte religieux et d’abord du culte catholique, pour le remplacer par celui de la déesse Raison. Après avoir réquisitionné les églises pour le culte de la Raison et interdit l’exercice du culte en dehors du décadi, sans tenir compte du dimanche, ils vont exiger des prêtres jureurs la remise de leurs lettres d’ordination et la renonciation à l’exercice de leur culte. Le 13 avril 1794, Le Carpentier, représentant du peuple (c’est à dire de la Convention) en mission dans la région prend l’arrêté suivant :

« Sont déclarés suspects, tous les prêtres qui ont attendu jusqu’à ce jour pour déposer leurs lettres de prêtrise soit à la municipalité, soit au district ; tous ceux qui, après avoir renoncé à leurs fonctions en ont repris ou continué l’exercice, les autres prêtres qui travailleraient d’une façon quelconque à exciter le fanatisme dans les cités ou dans les campagnes.

En conséquence, tous les prêtres ci-dessus désignés (et tous les prêtres restés dans le pays rentraient dans l’une ou l’autre des catégories énoncées) seront mis en état d’arrestation et conduits à la maison d’arrêt du lieu comme perturbateurs ou ennemis de l’ordre public.

Les autorités constituées sont expressément chargées de procéder à la célébration du décadi dans les lieux où cette institution morale et civique ne serait pas encore établie, comme de veiller à son maintien dans les communes qui ont déjà élevé un temple à la Raison. »

Voilà donc le curé schismatique, malgré son empressement à prêter tous les serments qu’on lui demande et même ceux qu’on ne lui commande pas, considéré à son tour comme suspect et menacé d’être mis en état d’arrestation. Les autorités constituées ayant devancé l’appel du représentant du peuple en célébrant la fête de la Raison et de l’Etre Suprême, il avait dû, impuissant et caché, subir les mascarades impies et sacrilèges des Laloy, Saulnier, Chedaleu et Seguin. Maintenant que va-t-il faire devant la menace d’emprisonnement qu’il sait être sérieuse car il n’a pas été sans apprendre que l’évêque jureur du Morbihan, Le Masle, ses vicaires généraux et d’autres prêtres constitutionnels ont été enfermés au Petit Couvent de Vannes pour n’avoir pas voulu livrer leurs lettres de prêtrise ? Il prend peur comme d’habitude et n’a même pas le courage d’imiter ses chefs schismatiques. Dès le 18 avril, il est à Rochefort-en-Terre devant le district pour y remettre ses lettres d’ordination et de prêtrise et renoncer à ses fonctions sacerdotales.

« Citoyens, déclare-t-il, vu que les fonctions de mon ministère paraissent contraires à l’esprit public et ne voulant en rien contrevenir aux lois, je déclare y renoncer. N’ayant en vue que l’entretien du bon ordre et du bien public, je me ferai toujours un devoir indispensable de donner en tout des preuves de mon civisme et d’obéir perpétuellement aux lois si sages de notre république. »

Il semble qu’il soit impossible d’aller plus loin dans la voie de la lâcheté vis-à-vis de sa conscience et de la flagornerie, vis-à-vis d’un pouvoir injuste dont il ne pouvait pas ne pas voir la tyrannie. Voilà le pauvre René-Noël Rubault renégat et apostat. Il rentre en hâte à La Gacilly cacher sa honte dans sa petite et étroite maison de la rue du Pont (la 2° à droite en partant de la place du Cas-Rouge, partie de l’ancienne maison Debray, n° 2 de la rue La Fayette de maintenant) où il restera terré pendant plusieurs mois, n’osant plus remplir publiquement les fonctions de son ministère par crainte de la persécution religieuse qui sévit alors dans toute son horreur multipliant les victimes dans toute notre région. Et alors commence aussi le temps de la grande pitié pour l’église de La Gacilly qui va rester pendant vingt mois sans garde ni surveillance, ouverte à tous et dans laquelle ne se fera plus aucune cérémonie du culte même constitutionnel. Abandonnée, elle servira de refuge aux passants sans abri, en attendant qu’elle soit prise comme corps de garde par la troupe républicaine qui viendra bientôt creuser des tranchées et construire des barricades autour du cimetière pour garantir la ville contre les incursions des Chouans qui la menacent du côté de la Forêt-Neuve. La pauvre église sera, entre temps, témoin de scènes encore plus tristes. Des bandits, comme il en pullulait à cette époque de trouble, profitèrent de l’abandon et de l’isolement de l’église pour y commettre leurs crimes ou y cacher leurs victimes. C’est ainsi que le 22 août 1795 on y trouva, le matin, le corps d’une femme assassinée pendant la nuit ou la veille comme en fait foi le procès-verbal : « Le 2 fructidor an III, sur la déclaration de Jacques-Marie Le Roy, officier de santé, nous, Joseph-Marie Seguin, juge de paix et officier publique (sic), assisté de Pierre Soulaine et Jean Hersart, accompagné d’Augustin Briand, officier de santé de Carentoir, nous sommes transportés en l’église de cette ville de La Gacilly, où nous avons trouvé un corps mort, lequel vérifié et examiné s’est trouvé être celui d’une femme âgée d’environ 36 ans et connue pour être Louise Année, du Patis-Sébillet, en la commune des Fougerêts, morte tout récemment de mort violente, soit par chute ou par avoir été frappée ».

Au printemps de 1794, les Gaciliens n’ont plus de prêtres ou, du moins, s’il leur reste un curé constitutionnel, celui-ci n’exerce plus aucun ministère public. Il se cache d’abord et bientôt, pour mieux montrer son civisme, il accepte toutes les fonctions dont veut bien le charger la municipalité. C’est ainsi que nous le voyons successivement agent de recensement pour les toiles, puis pour les chanvres et, un peu plus tard, pour les grains. Cependant, comme il sait bien que le fait d’avoir déposé au district de Roche-des-Trois sa lettre d’ordination ne lui enlève point le caractère sacerdotal et qu’il reste prêtre pour l’éternité, il continue en cachette à baptiser, confesser, préparer à mourir, marier religieusement ceux qui s’adressent à lui, lorsque le danger d’être dénoncé ne paraît pas à craindre. C’est ainsi que le 25 mai 1794, ayant appris que Pierre Chevalier, un des chefs de l’insurrection paysanne de 1793, vient d’être pris traîtreusement par les soldats républicains et que, pour effrayer les populations, il a été condamné à être guillotiné à Carentoir, sur la place en face de l’église, il va le trouver pour lui offrir les secours de son ministère. Nous ne savons pas comment fut accueillie par le prisonnier cette démarche pourtant courageuse, cette fois, de René Rubault. Il est probable cependant que Pierre Chevalier qui était un catholique convaincu et généreux refusa les offres du prêtre jureur. Nous avons une preuve de ses sentiments intimes dans sa lettre qu’il écrivait, peu de temps avant son arrestation, à un de ses amis républicain de La Gacilly :

« Mon cher frère et ami, malgré tes sentiments, tu peux encore venir auprès de moi, pourvu que tu aimes la religion, car c’est pour elle et pour le bien des malheureux que nous combattons, pour Dieu et sa Sainte Mère. »

Quoiqu’il en soit de ses rapports avec le curé constitutionnel de La Gacilly, Pierre Chevalier monta courageusement à l’échafaud le 26 mai 1794.

Si le curé Rubault échoua auprès de Pierre Chevalier, il avait plus de succès auprès des Gaciliens qui, par nécessité ou par accoutumance, recouraient volontiers à ses services. Il dut en particulier faire en cachette les baptêmes, les mariages et même le catéchisme car, lorsqu’il reprendra la rédaction des registres de l’église en 1796, il donnera la sépulture chrétienne aux enfants nés à cette époque et inscrira comme époux légitimes ceux qui s’étaient mariés pendant cette période, sans qu’il soit question de nouvelles cérémonies religieuses. C’est ainsi qu’à la fin de cette année 1794, en novembre en particulier, il eut à célébrer plusieurs grands mariages :

« 14 brumaire an III. 5 novembre 1794. Devant nous, Pierre Roussel, officier publique de la municipalité, à quatre heures du matin se sont présentés à la maison commune, Jean Cheval, âgé de 29 ans, agent nassional et notaire publique de cette commune, demeurant au Châtelier, fils de feu Pierre Cheval et de Thomasse Phélippot, futur marié, et Marie Bizeul, âgée de 23 ans, fille de défunt Jean Bizeul et de Julienne Polignée. Ont été témoins et signent : Jean-Marie Duhirel, de la Ville Orion, Jean Hersart, marchand, beau-frère de la dite Bizeul, Joseph Texier, de la Ville Chaplet, en Carentoir, Louis Pignaud, chamoiseur, Pierre Soulaine, tanneur, Petit, tanneur, Vincent Thomas, tanneur, Jean Sandenis, tanneur, Joseph Provost, chapelier, Joseph Guéhenneuc, cultivateur, Joseph Danard, cultivateur. »

« 17 brumaire an III. Devant nous, officier publique, à six heures du soir, se sont présentés, Louis Viviers, âgé de 53 ans, originaire de Chartre en cy-devant Dauphiné, négociant de profession (il habitait le presbytère actuel), fils de Jean Viviers et de Marie Chabrot, demeurant au dit lieu de Chartre, futur marié et Marie-Anne Le Gall, âgée de 33 ans, fille de Gilles-Joseph Le Gall, homme de loi et de Magdelaine-Gillette Blanchard, décédée, veuve de Noël Le Quéré de Plonéour (Finistère). Gilles-Joseph Le Gall demeurant à Roche-des-Trois. Ont été témoins : Joseph Morice, tisserand, Jean Cheval, agent national et notaire public, Mathurin Boucher, blatier, Joseph Antoine, du Filhol, négociant, domicilié à La Gacilly depuis le 5 vendémiaire an III. »

Ce qui frappe tout d’abord dans ces deux procès-verbaux, c’est le grand nombre de tanneurs existants alors à La Gacilly. Cinq signent au mariage de Jean Cheval en y comprenant le chamoiseur. Comme nous savons par ailleurs que Viviers était aussi tanneur ainsi que du Filhol, d’abord son associé, puis son successeur à la Chamoiserie, qu’un frère de Marie Bizeul, Joseph Bizeul, le maire de l’époque Augustin Grinsart, Le Guiff d’Hennebont domicilié à la Bouère et plusieurs autres encore exerçaient le même métier, nous sommes amenés à conclure que la tannerie était, à ce moment, l’industrie la plus florissante de La Gacilly.

Une autre remarque s’impose, c’est le grand nombre d’étrangers qui sont venus se réfugier à La Gacilly, en ces temps troublés et qui y prennent tout de suite le haut du pavé. Viviers est de la Drôme, Le Gall de Quimper, du Filhol de Lorient, Clémenceau de Rennes, Laloy, on ne sait d’où. Ce sont pourtant ces gens-là qui, avec tous les anciens fonctionnaires de la Royauté et du marquisat de la Bourdonnaye, et à qui quelques Gaciliens emboîtent le pas par ambition, qui vont parler, écrire, agir au nom de La Gacilly et donner au loin à la localité une réputation peu enviable et qui durera au moins un siècle et peut-être un peu plus.

Enfin, il est à remarquer les heures de la célébration civile de ces deux mariages : quatre heures du matin et six heures du soir, au mois de novembre. Ils furent enregistrés aux chandelles. Ceci montre bien que, sous le régime de l’Egalité qui sévissait alors sur notre pays, comme sous les autres régimes, lorsqu’on est riche ou revêtu d’une parcelle d’autorité, il y a toujours avec la loi commune des accommodements.

Rubault sera membre du Synode de Lorient en juillet 1800 avec le titre de « vicaire de La Gacilly depuis 1776 »

 

 

  • Pierre ETRILLARD.

Né le 19 février 1776 et baptisé le lendemain, il est le fils de Gilles Etrillard, laboureur et de Marie Leblanc du village de Lézalain en Carentoir, près du Temple. A 18 ans, le 8 mai 1794, il devient militaire à la 102° brigade d’Infanterie de Ligne. Il est blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche à la bataille de Fleurus le 26 juin 1794. Deux ans plus tard, il est touché au pied gauche. Le 21 novembre 1798, il est affecté comme 2° canonnier au 5° régiment d’Artillerie à pied. En 1802, il est à nouveau blessé par un coup de feu à la tête à Ciudad Rodrigo ; le 27 décembre 1809, il reçoit le grade de chevalier de la légion d’honneur ; il a été successivement 1° canonnier, artificier, caporal, sergent puis sergent-major ; le 18 décembre 1813, il devint lieutenant en second et le 1° septembre 1814, il est classé à son grade de lieutenant d’artillerie par la réorganisation du Corps Royal. « Ce sous-officier plein de zèle et d’activité et d’une bonne conduite, a toujours su se concilier l’estime et la confiance de ses chefs et mérite, par son intelligence et sa capacité, de remplir le grade de lieutenant d’artillerie. »

Il a donc servi dans les armées de Sambre et Meuse, dans celle de Rhin et Moselle, ensuite deux ans sur les côtes de l’Océan, cinq ans dans la Grande Armée, trois ans en Espagne et au Portugal. En 1812, il est en Russie et, en 1813, en Prusse. Il revient en France en 1814 et cesse son activité militaire le 15 décembre 1815 après plus de 21 ans de services effectifs, sa solde étant alors de 900fr. En septembre 1816, il fait une demande de réintégration dans un régiment d’artillerie mais cette demande n’aura pas de suite.

Lorsqu’il rentre au pays, il est toujours célibataire. A 41 ans, il se marie avec une Gacilienne, orpheline de 21 ans, Melle Marie-Thérèse Seguin, fille de feus Charles-Florentin Seguin et de Agathe-Françoise Niged. Le mariage fut célébré par le maire M. Orinel le 28 mai 1817, les témoins étant Joseph-Marie-Anne Seguin, oncle de la mariée, Joseph Fichet, greffier du juge de paix, Pierre Le Roy, chirurgien et Pierre-Mathurin Soulaine, marchand. De 1818 à 1828, ils eurent sept enfants, les deux derniers furent des garçons jumeaux appelés Emmanuel et Prosper.

En 1824, il devient propriétaire de la Roquennerie. En 1830, Pierre Etrillard est élu conseiller municipal et devient l’adjoint du maire Mathurin Robert. Le 31 juillet 1831, il est retenu pour faire partie de la garde nationale gacilienne avec le grade de capitaine-adjudant-major. En 1834, il est nommé commissaire municipal pour surveiller la construction de la Maison de Ville. Il s’occupe également de son château de Launay en Carentoir que sa femme lui a apporté lors de son mariage. C’est dans la chapelle de ce château qu’en 1837, des Gaciliens dérobèrent les statues de St Sébastien et de St Fabien. Cette dernière fut placée sur la fontaine municipale et rebaptisée St Canton pour rappeler le retour du canton à La Gacilly.

Dans sa descendance, il eut le docteur Aillet qui sera maire de La Gacilly et qui fit construire, au bas du champ de foire, le chalet Les Camélias en 1908. Derrière cette villa, quelques années avant sa construction, existait un très grand parc et un très beau jardin. Un paon se promenait dans les allées et faisait l’admiration des Gaciliens et des gens de passage ; lorsqu’il poussait son cri caractéristique, on l’entendait du milieu de la ville. Les bâtiments du côté droit de la route de Ruffiac furent construits quelques années avant le chalet sauf le notariat qui était plus vieux.

Dans le discours que M. Robert, maire de La Gacilly, prononça pour la distribution des prix de l’école municipale le dimanche 26 août 1838, il déclara, au sujet de Pierre Etrillard : « Jeunes élèves, pourquoi chercher au loin des modèles de succès obtenus par des études particulières et spontanées, quand votre commune peut elle-même vous fournir en ce genre des exemples frappants ? Dans cette enceinte, Messieurs, ici, devant vous, se trouve un ancien compagnon du maréchal Soult, comme lui fils de laboureur ; il était moins instruit que vous lorsque la réquisition vint l’enlever aux travaux des champs ; mais, en partant pour la défense de nos frontières, il emportait avec lui des sentiments élevés, un cœur ardent et la volonté ferme de devenir un homme de quelque importance…A ces traits, Messieurs, vous avez reconnu M. Etrillard, notre honorable collègue qui, sous plus d’un rapport, est à notre commune ce que le maréchal Soult est à la France. »

Le maire cite ensuite d’autres concitoyens qui ont réussi dans l’ordre civil : Cheval, Le Gouër, Provost, Jarnier. Ce dernier était-il un descendant des Jarnier qui ont donné leur nom à la Ville Jarnier ?

 

  • Mathurin Marie Joseph ROBERT.

Né le 4 juillet 1794, il était le fils de Mathurin Robert, l’instituteur qui fut tué par les Chouans lors de la prise de La Gacilly le 8 juin 1795, il avait donc à peine un an. Dès la première nouvelle des évènements de la capitale en 1830, il ne tarda pas à se mettre courageusement à la tête du mouvement populaire dans sa commune. Il sut organiser une garde nationale nombreuse qui, par acclamation, le nomma d’abord son premier commandant ; mais il se démit de ce grade en faveur d’Etrillard, ex-lieutenant d’artillerie qui, des champs d’Austerlitz et de Wagram, avait rapporté, sur sa poitrine, l’étoile des braves. Resté néanmoins de fait et par la volonté de ses concitoyens, le chef de cette milice urbaine, il persista à ne pas vouloir d’autre rôle que celui de simple garde national qu’il continua de remplir avec une extrême ponctualité, même après qu’il eut accepté les fonctions de maire. Malgré la faiblesse de sa complexion, le nombre et l’urgence de ses occupations, il se montra toujours le premier dans les rangs, le fusil sur l’épaule, entraînant ainsi, par son exemple, les gens indécis qui, pour s’affranchir de tout devoir, auraient été tentés de prétexter quelque indisposition ou des affaires.

Après la révolution de 1830, M. Robert, croyant que le grand jour des réparations était enfin arrivé, engagea avec Carentoir, dans l’intérêt général du pays, relativement à la possession du chef-lieu de canton, cette longue et pénible lutte qu’il a soutenue pendant six ans avec autant d’habileté que de persévérance. Cette lutte de pétitions, de délibérations et de pièces administratives à laquelle prirent part les municipalités de sept communes dans les sessions annuelles des conseils d’arrondissement et de département, fut enfin couronnée d’un plein succès grâce aux généreux appuis politiques que M. Robert avait acquis à sa commune et qui se firent un devoir de consacrer leurs efforts, leurs talents et leur crédit à la réussite d’une cause si juste. De ce nombre et au premier rang, on doit compter M. Bernard de Rennes, conseiller à la cour de cassation, député de l’arrondissement électoral de Muzillac, défenseur élégant et zélé des droits de ses commettants. La restitution de la justice de paix à La Gacilly est attachée à son nom.

Une fois la Maison de Ville terminée, M. Robert eut l’idée d’instruire ses concitoyens par un procédé fort ingénieux : ce moyen très simple consiste dans l’exposition permanente d’un journal mis, gratis, à la disposition du public, dans un chassis mobile recouvert à l’extérieur d’un réseau de fils de fer à grandes mailles. La feuille est suspendue au moyen de deux règles juxtaposées, jointes par trois petites charnières et fermées par trois clés à vis qui, en serrant fortement ces lames, leur donnent la facilité de pincer le bord supérieur du journal tandis qu’à son bord inférieur des tringles semblables le tiennent tendu par l’effet de leur propre poids. Cette boîte ou châssis, verticalement placée sur des gonds scellés dans la muraille peut, en décrivant un demi-cercle, tourner à droite et à gauche, jusqu’au mur contre lequel elle s’applique et est retenue au besoin par des cliquets qui, en l’accrochant spontanément, la rendent immobile et l’empêche d’être battue par le vent. Ainsi disposé, le journal peut être lu commodément et des deux côtés par plusieurs personnes à la fois.

 

 

Autres Personnalités Gaciliennes

En fait, il s’agit de personnes, gaciliennes ou non, ayant en charge des responsabilités communales plus ou moins grandes et qui étaient en place en 1899, c’est à dire à la toute dernière année du XIX° siècle, donc au moment où se termine cet ouvrage.

 

Maire

  • Léon Eoche-Duval, il sera suivi par Albert Barbotin la même année.

Adjoint

  • Homet.

Curé :

  • Grasland avec son vicaire Le Douarin.

Juge de Paix :

  • Etrillard et son greffier Peigné.

Huissier :

  • Fravalh.

Receveur de l’Enregistrement :

  • Barrier.

Percepteur

  • Gallot.

Receveur des Contributions Indirectes :       

  • Deshais avec son commis principal Gauthier.

Docteur :

  • Alexandre Bourrée.

Sage-Femme de 1° classe :

  • Melle Adèle Audemar.

Instituteurs

  • Garel, Barbier, Lafage.

Institutrices :

  • Mmes Mahé de Kerouan et Jambon.

Notaires :

  • J. Heslouin et Joseph Cebron.

Receveur des Postes :

  • Melle Levillain.

Président de la Société de Courses :

  • Le maire Eoche-Duval.

Conseiller Général ayant en charge La Gacilly :

  • M. de Behr.

Conseiller d’Arrondissement :

  • M. Homet.

Jury d’Expropriation du Morbihan :

  • Albert Barbotin qui fit construire le pavillon de la Bergerie.

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