










Explications sur certains mots du Cartulaire de Redon
Clerc -Diacre -Machtiern - Minihi - Plou -Prieuré - Ran -Treve - Villa
Le mot « treb » est un élément toponymique d'origine brittonique (breton / vieux breton), qui signifie à l'origine « ferme, habitation, village, domaine ». En Armorique, il apparaît surtout dans les noms de lieux sous des formes comme « Treb- / Tre- », souvent suivis d'un anthroponyme ou d'un qualificatif, pour désigner un établissement humain ou un petit territoire organisé
« Treb » remonte à un radical celtique commun *treb- / *trebā, attesté en gaulois et en brittonique, avec le sens général de lieu habité ou de groupement de maisons.
On le rapproche du gallois « tref » (village, ferme, ville) et du cornique « tre », très courant dans la toponymie cornouaillaise (Trevelyan, Trelawney, etc.).
En contexte armoricain, il est porté par le breton ancien (vieux breton) puis par le breton médiéval, d'où sa présence dans les microtoponymes et toponymes de Bretagne.
Dans la toponymie de Bretagne, « treb / tre- » désigne à l'origine une unité d'habitat : a. soit une ferme ou un domaine agricole, b. soit un hameau / village associé à un personnage (Tre- + nom de personne), c. parfois un ensemble foncier dépendant d'un monastère ou d'un seigneur.
Le terme a donc un sens à la fois : a. spatial (un lieu habité, un noyau d'occupation), b. et socio-économique (un « domaine » structuré, avec ses terres et dépendances).
Place par rapport aux autres éléments toponymiques
« Treb / Tre- » se distingue d'autres radicaux bretons : a. « Plou- » (paroisse d'origine, communauté chrétienne), b. « Lan- » (ermitage ou fondation monastique), c. « Ker- » (habitat, village, mais plus tardif et plus répandu dans le breton moderne).
Dans les zones où ces couches toponymiques se superposent, « treb » renvoie souvent à une phase ancienne de structuration de l'habitat et du terroir, d'inspiration britannique.
En résumé, « treb » en Armorique renvoie à un terme celtique ancien désignant un lieu habité – ferme, domaine ou petit village – passé dans la toponymie bretonne sous forme « Tre- », et marque des noyaux d'occupation et d'exploitation du sol d'époque alto- ou plein médiéval.
Plusieurs toponymes armoricains conservant l'élément issu de treb (souvent réduit à Tre- / Tré-), même si l'analyse détaillée de chacun peut être discutée au cas par cas :
Trebeurden (Côtes d'Armor) : généralement interprété comme « domaine / lieu habité de Beurden/Beurdenn » (anthroponyme)
Tréboul (Douarnenez, Finistère) : souvent expliqué par « le domaine du trou / de la mare » ou « lieu habité du bas-fond », l'élément Tre- gardant le sens de « ferme, village ».
Trégastel, Tréguier, Trévron, Trélévern, etc. : même si leur étymologie fait parfois intervenir d'autres radicaux (notamment trev « village » assimilé à treb ), ils illustrent la productivité de ce type d'élément dans la toponymie bretonne.
De nombreux microtoponymes ruraux en « Tre- » (ou « Tré- ») désignent encore des hameaux, fermes ou anciens domaines, parfois fossilisés dans des noms de lieux-dits cadastraux.
Dans certains cas, la frontière entre treb (lieu habité / domaine) et trev (village) d'origine britannique est difficile à tracer, mais sur le plan fonctionnel, ces toponymes renvoient à toutes des unités d'habitat et d'exploitation.
Pour un travail fin, il est utile de croiser cartes IGN, cadastres anciens et dictionnaires toponymiques bretons (Abalain, Deshayes, etc.) pour vérifier, commune par commune, les occurrences de Tre-/Tré- et discuter de leur rattachement à treb .
Les éléments treb , plu et ker sont trois composantes toponymiques majeures en Bretagne, d'origines et de significations distinctes qui tirent différentes dimensions de l'occupation et de l'organisation du territoire.
trebest un terme d'origine brittonique ancienne signifiant « ferme », « habitation » ou « domaine ». Il désigne en général un lieu habité individuel ou un petit groupe de maisons, avec une forte connotation économique et foncière.
ploudu latin plebs , représen en breton, et fait vient référence à une paroisse primitive, c'est-à-dire une communauté chrétienne organisée. Ce terme est lié à la structuration ecclésiastique et religieuse du territoire, souvent liée à une ancienne fondation paroissiale.
kera également des racines brittoniques et signifie « village », « bourg » ou « lieu habité ». Il est plus tardif et plus largement utilisé dans le breton moderne, désignant souvent un plus grand noyau d'habitat ou un centre villageois.
Treb-apparaît dans les noms de domaines agricoles ou hameaux anciens souvent associés à une famille ou un seigneur.
Plou-désigne souvent le nom de paroisses médiévales, par exemple Plouha, Plourin, etc.
Ker-désigner les agglomérations, villes petites ou moyennes, et est très fréquente dans les noms bretons comme Kerjean, Kerguélen.
Ainsi, treb met l'accent sur l'habitat rural et la propriété foncière prédominante à un stade ancien, mais souligner l'organisation paroissiale chrétienne, et ker joue un rôle dans la désignation des centres villages plus structurés voire urbains au fil du temps.
Le nom se décompose en deux parties principales :
1. Tré- (ou Treb-)
2. Horenteuc
Sens : Comme nous l'avons vu, il est dérivé du vieux breton "treb" (ou tref en gallois) signifiant "établissement", "village", "domaine", ou "hameau".
Fonction : Il marque l'idée d'un lieu habité, qui est souvent le noyau d'une paroisse primitive.
C'est la partie la plus spécifique, désignant le fondateur ou le caractère du lieu.
Origine : C'est un nom de personne, probablement un saint ou un propriétaire foncier, dont le nom s'est déformé au fil du temps
Hypothèses courantes : Le radical pourrait dériver d'un ancien nom breton comme "Horent" ou "Horentoc". L'historien Bernard Tanguy suggère une origine dans un nom théophore (portant le nom d'un dieu) breton, possiblement "Harentoc". Une autre hypothèse le relie à "Harant" (nom de saint gallois ou breton), mais la finale est plus complexe.
La finale "-euc" (-eug ou -oc) est un suffixe fréquent en toponymie bretonne pour désigner l'appartenance ou l'origine, et il est souvent lié à des noms d'hommes.
Le nom Tréhorenteuc signifie donc : "Le village (ou le domaine) d'Horenteuc." C'est l'établissement fondé ou possédé par un individu nommé Horenteuc ou un nom similaire
Bien que l'étymologie soit purement géographique (le village de M. Horenteuc), Tréhorenteuc est célèbre aujourd'hui car il est considéré comme un lieu central de la Forêt de Brocéliande, abritant notamment :
L'Église du Graal (où sont représentées les légendes arthuriennes).
La proximité du Miroir aux Fées et de la Fontaine de Barenton. C'est une excellente question qui permet de mesurer l'impact du mot celtique "treb" (village/établissement) sur la géographie de la Bretagne historique. Le préfixe Tré- ou Tre- (et parfois Trez-) est l'un des plus courants et des plus reconnaissables dans la toponymie bretonne, après Plou- (paroisse), Lan- (ermitage) et Ker- (ferme/village).
Bien qu'il n'y ait pas de chiffre officiel unique et précis à jour (notamment à cause des fusions de communes), on peut estimer qu'il y a plus de 100 toponymes majeurs (communes et anciennes paroisses) qui commencent par Tré- ou Tre- en Bretagne
Le préfixe Tre- peut également être confondu avec des mots français ou gallo-romains, surtout dans les zones limitrophes de la Bretagne, bien que cela soit rare pour les toponymes majeurs :
Trets (dans les Bouches-du-Rhône) n'a absolument aucun lien étymologique avec le breton "treb"
Tréport (en Normandie) vient de Trans-portus (au-delà du port). En conclusion, chaque fois que vous voyez un nom de lieu en Tré- ou Tre- en Bretagne, vous identifiez un ancien établissement rural fondé par (ou nommé d'après) une personne spécifique.