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Cartulaire de Redon

mot : treve

 

Explications sur certains mots du Cartulaire de Redon

Clerc -Diacre -Machtiern - Minihi - Plou -Prieuré - Ran -Treb - Villa

Divisions Ecclesiastiques

"Trève" en Armorique

Le terme « trève » est un élément fondamental du paysage toponymique et du vocabulaire historique de l'Armorique, désignant traditionnellement un territoire paroissial secondaire dépendant d'une paroisse-mère (ou « mère-église »). L'étude de son origine et de son développement en Bretagne offre un aperçu fascinant des structures ecclésiastiques et socio-territoriales qui ont façonné la région du haut Moyen Âge à l'époque moderne

Définition et Contexte

La trève (en breton trev / treo / treoù) est une division territoriale et religieuse typique de la Bretagne historique. Contrairement à une paroisse (du latin parochia), qui possédait un droit de baptême (fonds baptismaux) et une complète autonomie canonique, la trève était une subdivision de celle-ci, dotée de son propre lieu de culte (souvent appelé chapelle tréviale ou église tréviale), mais dont les habitants devaient se rendre à l'église de la paroisse-mère pour les sacrements les plus solennels, notamment le baptême et l'inhumation.

Le concept de trève reflète un développement démographique et un éparpillement de l'habitat qui ont rendu nécessaire l'établissement de lieux de culte plus proches des fidèles éloignés du centre paroissial principal. L'on distingue souvent deux types de trèves :

1. Les trèves qui ont fini par acquérir une autonomie complète pour devenir des paroisses à part entière (souvent sous l'Ancien Régime).

2. Les trèves qui sont restées des subdivisions jusqu'à la Révolution française, où elles furent généralement érigées en communes indépendantes ou réintégrées dans la paroisse mère, en fonction des découpages administratifs.

Les Origines Étymologiques

Du Foyer au Territoire Secondaire

L'étymologie du mot « trève » est essentielle pour comprendre sa signification initiale et son évolution sémantique. Le terme provient directement du breton ancien treb, dont le sens premier était « habitation, domaine, hameau, foyer ».

La Racine Celtique

Le terme treb est issu d'une ancienne racine celtique commune : trebā, qui se retrouve dans les langues celtiques insulaires et continentales.

En moyen gallois, on trouve tref (moderne tre), signifiant « village, hameau, ville ». Ce terme est extrêmement productif dans la toponymie galloise (ex. : Cardiff, du gallois Caerdydd, anciennement Caer Taff, mais la racine est présente dans de nombreux microtoponymes).

En vieil irlandais, la racine est représentée par treb (moderne treabh), qui signifie « domaine, ferme, foyer ».

L'évolution sémantique du celtique trebā en breton suit une logique d'extension progressive :

« text{Foyer} \rightarrow \text{Groupe de foyers} \rightarrow \text{Hameau/Village} \rightarrow \text{Territoire secondaire} »

Ce sens initial de « lieu habité » explique pourquoi, dans le système ecclésiastique breton, le treb ou trev est devenu le nom de l'entité territoriale inférieure à la paroisse (plou).

Le Couple Plou et Trev

Le développement de la toponymie ecclésiastique bretonne s'est structuré autour de deux termes principaux, tous deux d'origine celtique :

1. Plou- : Dérivé du latin tardif plebs (la « peuple », l'« ensemble des fidèles »), il a donné naissance au plou en breton, désignant la paroisse principale. La plou est l'entité territoriale fondée par le saint fondateur (souvent issu des migrations des Bretons insulaires).

2. Trev- : Comme détaillé, issu de treb, désignant initialement l'établissement ou l'habitat.

L'étude des microtoponymes suggère que les trev étaient souvent des lieux de peuplement secondaires qui se sont développés autour de la plou primitive. Leur fonction religieuse (église ou chapelle secondaire) est venue se greffer sur une réalité d'habitat préexistante, marquant le passage de la simple agglomération au statut de district religieux subordonné

Évolution Historique et Culturelle en Armorique

Le mot « trève » a évolué en Armorique en lien étroit avec la christianisation et la structuration du pouvoir seigneurial et ecclésiastique.

A. Le Développement au Haut Moyen Âge

La phase la plus significative du développement des trèves coïncide avec le IXe et le Xe siècle, après la première vague de fondations paroissiales (les plou). Face à l'accroissement démographique et aux défis de l'administration des vastes territoires des plou, l'Église a dû décentraliser le culte.

L'établissement d'une chapelle tréviale permettait aux fidèles d'assister à la messe et aux offices sans parcourir de longues distances. Cependant, la nécessité de maintenir l'autorité de l'église-mère sur les revenus (la dîme) et le contrôle des sacrements majeurs (le baptême et l'inhumation) a préservé la distinction entre la paroisse et la trève. Le terme a ainsi rapidement acquis une connotation institutionnelle qui s'est substituée à son sens purement descriptif "d' habitation "

B. Le Rôle dans le Paysage Toponymique

L'impact le plus visible du terme « trève » réside dans la toponymie bretonne. On le retrouve sous différentes formes, souvent en composition avec le nom d'un saint ou d'une caractéristique locale :

Trevou- (forme plurielle) : Par exemple, Tréogat (treb-cat signifiant littéralement « les trèves des combats » ou peut-être la trève du chef Cat).

Tré- (forme la plus courante et francisée) : Trégastel, Tréguier, Tréveneuc, Tréboul.

Les Trèves ou La Trève (forme simple, moins fréquente, souvent pour les lieux ayant gardé leur statut de trève jusqu'à la Révolution).

Dans la majeure partie des cas, la présence de Tré- dans un toponyme indique de manière certaine que le lieu était historiquement une trève dépendante d'une paroisse-mère (laquelle est souvent identifiée par le préfixe Plou- dans les environs). Ce marquage linguistique est un témoignage fossile de l'ancienne organisation ecclésiastique.

La Trève et l'Émancipation Administrative

La dynamique historique la plus importante pour les trèves fut leur processus d'émancipation. Du fait de la croissance de leur population, de l'augmentation de leur richesse (souvent par l'activité agricole ou maritime) et du désir d'autonomie des seigneurs locaux et des communautés, de nombreuses trèves ont cherché à devenir des paroisses indépendantes, en acquérant le droit de « clocher et de fonts ».

Ce processus s'est étalé sur plusieurs siècles. La Révolution française, avec la loi du 14 décembre 1789 sur l'administration des municipalités, a marqué la fin de l'ancienne distinction. Presque toutes les trèves ont été érigées en communes indépendantes (et souvent, par la suite, en paroisses indépendantes lors du concordat de 1801), fixant ainsi leur statut administratif moderne

Conclusion : L'Héritage d'un Terme

Le terme « trève » en Armorique est un puissant marqueur de l'histoire linguistique, religieuse et administrative. Issu d'un mot celtique signifiant « foyer » ou « établissement » (trebā), il a évolué pour désigner une entité territoriale subordonnée à une paroisse-mère (plou), jouant un rôle pivot dans l'organisation du territoire breton au Moyen Âge.

Son héritage se perpétue aujourd'hui dans l'immense corpus des **toponymes en Tré- ou Trè- ** qui parsèment la carte de la Bretagne. L'étude de la trève ne se limite donc pas à la linguistique historique, mais constitue un pan essentiel de la géographie historique et de l'anthropologie religieuse de la péninsule armoricaine, témoignant de la complexité et de la résilience des structures sociales bretonnes face aux évolutions politiques et démographiques.

1-Le Rôle Institutionnel et Territorial de la « Trève » en Armorique

Le terme « trève » (breton : trev) a joué un rôle fondamental et multidimensionnel dans la structuration ecclésiastique, démographique et toponymique de l'Armorique médiévale et moderne. Il ne se limite pas à une simple désignation linguistique, mais incarne une institution essentielle à la gestion du territoire et des fidèles en Bretagne.

Rôle Ecclésiastique : Décentralisation du Culte et Subordination Canonique

Le rôle primaire de la trève était de nature religieuse et administrative au sein de l'Église. Elle était une subdivision territoriale de la paroisse-mère (la plou).

• Décentralisation du Culte : La trève permettait d'établir un lieu de culte (l'église tréviale ou chapelle tréviale) plus proche des populations dispersées et éloignées du bourg paroissial principal. Ce faisant, elle assurait l'accès des fidèles aux offices réguliers (messes, vêpres), jouant un rôle crucial dans la pastorale de proximité.

• Subordination Canonique : Contrairement à la paroisse, la trève était canoniquement dépendante de l'église-mère. Ses habitants (les tréviens) devaient se rendre à la plou pour les sacrements les plus importants :

Le baptême (la trève n'avait pas de fonds baptismaux).

L'inhumation (la trève n'avait pas de cimetière béni à l'origine ou l'inhumation devait se faire au cimetière de la paroisse-mère).

• Contrôle des Revenus : Le curé de la paroisse-mère conservait l'essentiel des droits et des revenus, notamment la dîme. Le prêtre ou vicaire affecté à la trève (souvent appelé vicaire trévial) était sous l'autorité directe du recteur de la plou.

2- Rôle Démographique et Territorial : Évolution de l'Habitat

La trève est le reflet et l'outil de l'évolution démographique de la Bretagne.

Marqueur de Croissance : La création d'une trève signalait l'établissement d'un foyer de peuplement significatif (dérivé du sens originel celtique de « habitation » ou « domaine » : trebā) suffisamment éloigné et peuplé pour justifier une annexe religieuse.

Noyau d'Autonomie Future : Au fil du temps, la trève est souvent devenue un pôle de vie communautaire de plus en plus autonome. Les rivalités entre trève et paroisse-mère, souvent liées aux questions de droits, de prestige et de finances, ont alimenté un mouvement historique d'émancipation. Beaucoup de trèves ont progressivement acquis tous les droits paroissiaux (droit de clocher, de fonts baptismaux, d'enfeu) avant la Révolution.

3-Rôle Toponymique : L'Héritage Linguistique

Le rôle le plus durable de la trève réside dans son impact sur la toponymie bretonne contemporaine.

Fossile Linguistique : Le préfixe Tré- (ou Trè-, francisation du breton trev) dans les noms de lieux (ex. : Tréguier, Trégastel, Tréboul) indique presque systématiquement que la localité était historiquement une ancienne trève, c'est-à-dire un territoire secondaire dépendant d'une paroisse voisine, généralement en Plou- (ex. : la trève de Ploubezre est aujourd'hui une commune nommée Trébeurden).

Carte Historique : La distribution et l'alternance des toponymes en Plou- et Tré- constituent une véritable carte historique des fondations ecclésiastiques et de l'expansion du peuplement en Armorique.

Synthèse

La trève en Armorique n'était pas un simple village, mais une institution intermédiaire entre la paroisse rurale et le hameau. Son rôle était de maintenir la cohésion religieuse sur de vastes territoires tout en gérant la croissance démographique, agissant comme un sas d'autonomie qui a conduit, lors de la Révolution française, à son érection massive en commune indépendante, fixant le maillage administratif actuel de la Bretagne.

 

L'étymologie du mot breton treb

Le passage de trebà trève s'explique principalement par l'intégration du mot dans la langue d'oïl, où le suffixe et la phonétique ont évolué. En ancien français, le terme se retrouve sous la forme trive ou triewe, influence par l'ancien francique treuwa signifiant « contrat » ou « convention » et prononcé avec une diphtongue dans les premiers textes (XIIe siècle). Cette prononciation a évolué vers trêveau XIIIe siècle, sous l'effet des changements phonétiques français

L'évolution phonétique classique en français, notamment la diphtongaison du e fermé tonique en [ei] puis en [oi] et enfin en [e] ou [ê], explique en partie cette transformation. Le groupe eu est également stabilisé en ê, simplifiant la prononciation

Ainsi, le mot breton treba conservé sa forme dans la langue bretonne traditionnelle pour désigner « lieu habité », tandis que son intégration dans le vocabulaire médiéval d'Armorique, sous l'influence du latin et du francique via le français ancien, a donné naissance au terme trève, avec une signification élargie à celle d'une suspension de conflits, mais aussi une survie dans la toponymie bretonne régionale

Cette double évolution linguistique illustre comment des racines celtiques locales ont été intégrées et transformées dans le système linguistique dominant du français médiéval, tout en conservant une forte présence toponymique bretonne.

La comparaison des formes latinisées et vernaculaires de treb selon les siècles révèle des évolutions significatives en contexte médiéval et postmédiéval

Au début, dans les documents latins médiévaux (XIe-XIIe siècles), la forme vernaculaire celtique treb était souvent latinisée avec des terminaisons comme -um ou -um, conformes aux déclinaisons latines (exemple : Trebiumou Trebim), ce qui reflétait une tendance des clercs scribes à adapter localement les noms dans un cadre linguistique latin rigide.

Ces adaptations ont cependant pu déformer la forme originelle du nom breton, traduisant un déficit de compréhension réelle du terme vernaculaire par les scribes latins. À mesure que la langue vernaculaire, notamment l'ancien français puis le moyen français, s'impose à partir du XIIIe siècle, les formes locales proches de trebré apparaissent telles ou légèrement modifiées, donnant par exemple trive, triewe, et enfin trève.

La latinité s'efface alors au profit de formes phonétiquement plus fidèles à la prononciation vernaculaire, traduisant l'émancipation progressive de la langue romane d'avec le latin. Cette période est marquée par une coexistence longue entre formes latinisées et formes écrites en langue romane, avec parfois des documents comportant plusieurs orthographes d'un même lieu dans un même corpus

En résumé :

XIe-XIIe siècles : formes latinisées du type Trebium, avec adaptation aux déclinaisons latines.

XIIIe siècle et après : émergence progressive des formes vernaculaires trive, triewe, puis stabilisation sur trève.

Coexistence longue avec des variations orthographiques oscillantes entre latinisation et transcription phonétique vernaculaire

Ce phénomène s'est traduit à la fois par la complexité sociolinguistique médiévale en Armorique et par les processus d'adaptation linguistique liés à la latinisation et à la romanisation progressive des noms locaux.

Ainsi, l'étude des formes écrites témoigne d'un passage du latin rigide vers une langue vernaculaire dynamique, avec la conservation des racines treb dans diverses formes adaptées au fil des siècles.

La comparaison des traits phonétiques entre les formes latinisées et romanes, notamment dans le contexte de mots issus du breton ancien treb vers le français trève, met en lumière plusieurs différences clés

Traits phonétiques des formes latinisées

Les formes latinisées, comme Trebiumou autres variantes en -um, conservant les caractéristiques phonétiques du latin classique ou tardif, dont :

Une distinction marquée entre voyelles longues et courtes, influençant la qualité des voyelles prononcées.

Conservation de la syllabe accentuée tonique, avec une certaine stabilité des voyelles en syllabes initiales.

Prononciation claire et distincte des consonnes finales, souvent employées en latin, par exemple la prononciation du -m final

Absence de diphtongue marquée dans la plupart des cas, ou diphtongues respectant la structure latine classique.

Ces traits correspondent à une phonétique claire et précise, où chaque lettre produit un son distinct et où la longueur vocalique joue un rôle phonologique important.

Traits phonétiques des formes romanes (français médiéval et moderne)

Les formes romanes, enjeux des évolutions phonétiques du latin vulgaire en français, montrent des traits opposés :

Perte de la distinction entre voyelles longues et courtes; la quantité vocale latine ne joue plus de rôle phonologique.

❁-Changements vocaliques complexes, notamment la diphtongaison (ex. évolution des e et o en syllabes ouvertes), ainsi que plusieurs élisions et réductions vocales.

❁-Transformation de certaines consonnes latines en fricatives ou leur disparition ; par exemple, le passage du son [b] initial à [v] dans trève.

❁-Apparition de phénomènes typiquement français comme les nasalisations vocales absentes en latin, et des évolutions comme la lénition (affaiblissement) des consonnes intervocaliques.

Simplification et réduction syllabique plus importante, avec souvent la perte de consonnes finales ou l'affaiblissement de celles-ci.

En français médiéval, on passe ainsi de formes comme trive ou triewe à trêve, où la diphtongue initiale a été simplifiée, le [b] latente disparue ou transformée en une fricative labiodentale sonore [v], et la voyelle centrale modifiée en un [ê] prolongée.

Synthèse comparative

 

Synthèse comparative -

Cette comparaison illustre la transition majeure entre une phonétique précise et régulière du latin et une phonétique plus fluide, diverse et complexe des langues romanes comme le français, fruit de multiples influences sociolinguistiques et historiques

Ainsi, le passage de trebà trève s'inscrit dans ce changement phonétique fondamental entre latin et romane, où la forme évolue selon des principes morphophonologiques distincts, propres au français médiéval.

 

Le Processus d'Émancipation des Trèves en Paroisses Autonomes

(Ancien Régime)

L'accession d'une trève au statut de paroisse de plein exercice était un événement majeur, souvent le point culminant d'une longue lutte entre la communauté tréviale et la paroisse-mère (la plou). Ce processus était principalement régi par le droit canonique, mais fortement influencé par la démographie et l'économie.

I. Les Critères et Motivations de l'Émancipation

L'autonomie n'était pas un droit automatique, mais le résultat d'une requête soumise à l'autorité épiscopale, voire au Parlement de Bretagne ou au Conseil du Roi pour les questions temporelles.

A. Les Motivations de la Communauté

La principale motivation était la recherche de commodité et d'identité. L'éloignement de l'église paroissiale pour les sacrements essentiels (baptême, enterrement) était le grief le plus fréquent. Pour une trève, obtenir son autonomie signifiait :

L'acquisition du droit de fonts baptismaux (le droit de baptiser).

L'acquisition du droit de sépulture (le droit d'avoir un cimetière béni).

La gestion complète des offices et des biens par un recteur ou un curé propre, et non plus un vicaire subordonné.

B. Les Critères Canoniques

Pour être érigée en paroisse, la trève devait prouver qu'elle remplissait certaines conditions, notamment :

1. L'existence d'une population suffisante : La taille de la communauté devait être jugée trop importante pour être gérée efficacement par la paroisse-mère.

2. Des ressources financières adéquates : La communauté devait pouvoir subvenir aux besoins d'un curé permanent et à l'entretien de son église (payer la dîme et le casuel).

3. L'existence d'une église ou chapelle décente : Le lieu de culte trévial devait être en état d'accueillir tous les sacrements.

 

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