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Cartulaire de Redon

MOt : clerc

Explications sur certains mots du Cartulaire de Redon

Diacre -Machtiern - Minihi - Plou -Prieuré - Ran -Treb -Treve - Villa

 

L'origine et l'histoire du mot CLERC en Armorique

(qui est en cours de devenir la Bretagne vers l'an 800) est profondément liée à l'Église chrétienne et à la diffusion du latin.

Étymologique du Mot CLERC

Le mot français clerc vient du latin chrétien clericus, qui lui-même est dérivé du grec ancien klêrikós.

Grec Ancien : \kappa \lambda \eta \rho \iota \kappa\varsigma (klērikós)

Latin Chrétien : clericus

Signification Originelle (Grec) : Issu de \kappa \lambda \tilde{\eta} \rho \omicron \varsigma (klêros), qui signifie "héritage" ou "part tirée au sort". Dans un contexte chrétien, cela désignait ceux qui avaient Dieu pour héritage, c'est-à-dire les membres du clergé

Le Contexte en Armorique vers l'An 800

Vers 800, l'ancienne Armorique est déjà en grande partie appelée Bretagne (depuis le VIe siècle) suite aux importantes migrations des Bretons insulaires (de Grande-Bretagne). La société est fortement influencée par la christianisation.

Le Rôle du Clergé : Le clergé (évêques, prêtres, moines) jouait un rôle essentiel non seulement spirituel, mais aussi culturel et politique. Les monastères et les sièges épiscopaux étaient des centres de pouvoir et de savoir.

La Langue : Même si le vieux-breton était la langue parlée par la majorité, le latin restait la langue de l'Église, de l'administration, et des écrits.

Sens Principal de CLERC : À cette époque en Bretagne (comme ailleurs dans la chrétienté occidentale), le terme clericus, puis clerc (dans les textes en langue romane qui émergent progressivement, bien que le latin domine encore les documents formels), désignait avant tout :

Toute personne ayant reçu la tonsure et faisant partie du clergé (par opposition au laïc).

Par extension, toute personne instruite ou lettrée, car l'éducation et la maîtrise de la lecture et de l'écriture (principalement en latin) étaient alors presque exclusivement réservées aux gens d'Église (les clercs).

En Armorique/Bretagne vers l'an 800, le mot CLERC s'est donc implanté par le biais de l'institution ecclésiastique pour désigner les hommes d'Église et, par dérivation essentielle, les savants et les scribes qui perpétuaient le savoir au sein des monastères bretons (comme à Landévennec, Dol, ou Saint-Malo, fondés par les saints bretons).

 

Le Rôle des CLERCS dans la Société Bretonne (Haut Moyen Âge)

Le clergé, ou les clercs (oratores – ceux qui prient), formaient la première des trois ordres de la société médiévale (avec les bellatores – ceux qui combattent, et les laboratores – ceux qui travaillent). Leur fonction s'étendait bien au-delà du spirituel

1. Fonction Spirituelle et Liturgique (Le Culte)

Encadrement des Fidèles : Ils assuraient les sacrements (baptême, mariage, funérailles) et étaient les guides spirituels des laïcs, intervenant minutieusement dans leur vie quotidienne.

Diffusion de la Foi : Ils étaient responsables de la propagation de la doctrine chrétienne et du rythme des fêtes religieuses (Pâques, Noë)

Le Clergé Régulier : Les moines (clercs réguliers) dans les monastères suivaient une règle stricte (comme la règle bénédictine de l'Abbaye de Redon) et partageaient leur temps entre la prière, le travail et l'étude.

2. Fonction Culturelle et Intellectuelle (Le Savoir)

Monopole de l'Écrit : Les clercs étaient pratiquement les seuls à savoir lire et écrire (en latin). Ils produisaient des manuscrits de prestige (comme des Évangiles) et conservaient le savoir.

Archivistes et Scribes : Ils rédigeaient et conservaient les actes légaux et les chartes de donations, jouant un rôle essentiel dans la mémoire et la légitimité des domaines fonciers.

Enseignement : Ils étaient les seuls à prodiguer un enseignement, même s'il était principalement destiné aux futurs membres du clergé.

3- Fonction Économique et Politique (L'Administration)

Gérance de Domaines : Les évêques et les abbés étaient de véritables administrateurs de vastes domaines (les biens d'Église), percevant des taxes (la dîme) et des revenus.

Pouvoir Temporel : L'Église, et donc les clercs qui la représentaient, détenait un pouvoir considérable, parfois égal à celui des seigneurs laïcs. Ils pouvaient exercer la justice seigneuriale sur leurs terres.

Influence sur l'Élite : Les évêques, souvent issus de familles nobles, étaient parmi les plus puissants de la société et étaient des conseillers importants.

 

 

 

 

 

 

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