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les Frairies

-Explications sur certains mots du Cartulaire de Redon
-Clerc -Machtiern - Minihi - Plou -Ran -Treb -Treve - Villa- Paroisse - Fabrique

Organisation d’un pardon

 

Origine et Concept de la Frairie

- Définition

Une frairie (du latin fraternitas, fraternité) est avant tout une communauté de voisinage et de parenté, plus petite que la paroisse ecclésiastique. Elle regroupe un ensemble de hameaux, de fermes ou de villages souvent liés par des liens familiaux (souche commune) et une forte solidarité.

- Origines Profondes

L'origine des frairies est pré-médiévale, remontant potentiellement à la période des migrations bretonnes (IVe au VIIe siècle) et aux structures sociales celtiques antérieures.

Lignée et Souche : Elles dérivent des anciennes structures basées sur la lignée (le Ker) et le patrimoine foncier. L'organisation du territoire s'est faite autour de la mise en valeur des terres par des groupes familiaux étendus.

Structuration de l'Habitat : Elles apparaissent comme l'unité de peuplement originelle, l'échelon de base qui, par regroupement, a formé les trèves (succursales d'une paroisse) puis les grandes paroisses.

- Organisation et Fonctions

La frairie est une structure à la fois laïque, économique, et religieuse, même si son rôle laïc tend à diminuer après le Moyen Âge au profit de l'administration royale, tandis que le rôle religieux se maintient avec force.

Rôle et organisation

-Évolution Historique et Développement Territorial

Moyen Âge : L'Âge d'Or

Pendant le Haut et le Bas Moyen Âge, la frairie est l'unité de vie fondamentale. Elle est semi-autonome et exerce de vastes prérogatives. L'espace est alors perçu non pas comme une division administrative linéaire, mais comme une juxtaposition de communautés de vie.

Période Moderne (XVIe-XVIIIe siècles) : Centralisation

Le pouvoir central, ducal puis royal, cherche à structurer son administration sur la base de la paroisse ecclésiastique, plus vaste et plus facile à contrôler fiscalement.

Les frairies perdent peu à peu leurs fonctions purement administratives et juridiques (perception des impôts, justice) au profit des élites paroissiales (les fabriciens et les députés).

Elles se maintiennent et se renforcent paradoxalement dans leur rôle religieux et identitaire : la construction et l'embellissement des chapelles de frairie deviennent des marqueurs de fierté et de compétition intercommunautaire.

Révolution Française et Époque Contemporaine

La Révolution de 1789 supprime théoriquement toutes ces anciennes structures. Le découpage administratif se fait par communes, calquées sur les paroisses (ou les trèves).

Survivance : Malgré cela, la frairie a laissé une empreinte indélébile sur le maillage territorial et l'identité locale. Les relations de voisinage, les solidarités, et surtout l'attachement à la chapelle et au Pardon de la frairie perdurent encore dans de nombreuses zones rurales.

Héritage Toponymique :

On retrouve souvent leur trace dans la toponymie (exemples : Kerfrairies, nom de lieu, ou l'organisation spatiale d'un bourg autour d'une ancienne trève)

Influence sur la Population Locale

L'influence des frairies a été profonde et structurante sur la société armoricaine :

Réseau Social Sécurisant : Elles ont créé un réseau de solidarité extrêmement dense, offrant une protection sociale essentielle dans un environnement rural et souvent difficile. L'individu isolé n'existait pas ; il était toujours membre d'une frairie.

Identité et Fierté Locale : Le sentiment d'appartenance à la frairie (plus fort souvent que celui à la paroisse ou la commune) a alimenté une identité locale très forte, visible dans le costume traditionnel (souvent différent d'une frairie à l'autre), les traditions et les rivalités de clocher (dans le bon sens du terme).

Culture du Mécénat Local :

La concurrence pour la construction de chapelles et de calvaires a permis l'émergence d'un art religieux remarquable (l'art des enclos paroissiaux étant l'apogée de cet effort communautaire). Les frairiens finançaient ces projets collectivement.

Procession

-Grandes familles de sources

Pour le Moyen Âge, les frairies sont surtout repérables à travers :

les cartulaires et chartes monastiques ou capitulaires (Redon, Quimperlé, Saint-Melaine, Marmoutier, Saint-Florent, etc.), où se lisent les premiers maillages d'ecclesiae, chapelles et villae ; les chartes seigneuriales et ducales, rôles de fouage et autres documents fiscaux de la fin du Moyen Âge, qui révèlent l'usage fiscal ou territorial des « treff », frairies ou unités assimilées.

À cela s'ajoutent, pour la transition médiévale / moderne, les premières comptabilités locales (fabriques, « bâtonniers » de fraîcherie), qui éclairent la structuration pratique de ces communautés de voisinage

-Cartulaires et actes diplomatiques

Les cartulaires de Redon et de Sainte Croix de Quimperlé, bien qu'antérieurs à la formulation classique des frairies, sont fondamentaux pour suivre la mise en place des noyaux de peuplement, des églises-mères, des chapelles et des réseaux de villae qui préparent les découpages infra paroissiaux. Les actes y mentionnent des listes de manses, de villages, de sanctuaires, permettant de reconstituer les proto territoires paroissiaux et infra paroissiaux dans lesquels s'insèreront plus tard les frairies

D'autres cartulaires et recueils d'actes liés à Saint-Melaine de Rennes, Marmoutier (prieurés bretons) ou Saint-Florent de Saumur, conservés et signalés notamment dans les instruments de travail des PUR, fourniture des chartes nantaises, vannetaises ou rennaises utiles pour suivre l'essaimage des chapelles, prieurés et lieux de culte secondaires. Ce sont des terrains privilégiés pour repérer les premiers faisceaux de hameaux et de desserte religieuse qui préfigurent des frairies.l

-Rôles fiscaux et découpages infra paroissiaux

Pour le bas Moyen Âge, les rôles de fouage et listes de contribuables constituent une entrée directe sur les unités de base de la territorialité paysanne, parfois désignées sous des termes proches (treff, frairie, etc.). Des exemples bien connus, comme la paroisse de Gourin subdivisée en un grand nombre d'unités nommées dès 1464, s'insèrent dans ce type de documentation fiscale ou para fiscale.

Plus largement, les registres ducaux, seigneuriaux ou urbains relatifs au prélèvement de l'impôt, à la levée de milice, ou à la gestion de certains communs peuvent identifier des frairies comme cadres de référence pratiques. Ces séries sont souvent repérables par les inventaires sommaires des Archives départementales (Ille et Vilaine, Morbihan, Finistère, Loire Atlantique), qui signalent parfois précisés des « abbés de frairie », des « biens de frairie » ou d'autres termes voisins.

-Comptes, cahiers et archives locales de Frairie

La compréhension fine de la frairie comme communauté organisée repose surtout sur des cahiers de comptes, registres de décisions et papiers de gestion, généralement datés de la fin du Moyen Âge ou du début de l'époque moderne mais prolongeant des pratiques plus anciennes. Des exemples deviennent classiques dans l'historiographie, comme le petit cahier de la frairie de la Grée du Vaut (marais de Vilaine), qui conserve pour 1765 1827 la trace d'une frairie sans chapelle, définie principalement par la propriété de biens communaux gérés par des « bâtonniers ».

Des notes érudites anciennes, telles celles du marquis de l'Estourbillon sur les frairies de Vay, retournant à des archives paroissiales et locales aujourd'hui versées aux dépôts diocésains ou départementaux, où l'on trouve inventaires de mobilier, actes de fabrique, procès verbaux, etc. continuité des chapelles, permanences des villages) vers des réalités médiévales.

-L'Organisation des Frairies

. La Lignée et l'Assemblage des Feux

Avant toute chose, l'organisation de la frairie était fondée sur les liens du sang et le voisinage immédiat.

Le Foyer (Ar C'her) : L'unité de base était le feu (la ferme/le ménage).

La Lignée : Ces foyers étaient souvent les descendants d'une même souche familiale qui avait essaimé dans la région.

L'Assemblée de Frairie : L'ensemble des chefs de famille (pères de feu) formait l'assemblée, qui prenait les décisions concernant les biens communs (gestion des landes, des chemins, des fontaines).

Le Cœur de l'Organisation : Les Fabriciens/Marguilliers

Bien que la frairie ait des fonctions laïques, son organisation la plus visible et la plus structurée tournait autour de la gestion du culte et du patrimoine (la chapelle et ses revenus).

Le Rôle des Fabriciens (Fabrique ou Marguilliers)

Les fabriciens (ou marguilliers en français d'oïl) étaient les responsables élus de la chapelle de frairie. Ce n'était pas un rôle clérical, mais un mandat laïc essentiel.

 Fabriciens

Note : Être élu marguillier était un signe de prestige et d'honorabilité au sein de la communauté. C'était généralement un laboureur aisé ou un artisan respecté

Les Trésoriers et les Collecteurs

Pour les tâches spécifiques liées à l'entraide et à l'économie, d'autres rôles pouvaient exister, souvent sous la supervision des fabriciens :

• Le Trésorier : Chargé de la garde de l'argent de la fabrique ou de la caisse de secours mutuel de la frairie.

• Les Collecteurs : Désignés pour aller chercher les dons ou les cotisations spécifiques (en nature ou en argent) nécessaires à un projet précis (ex. : la reconstruction d'un mur de chapelle, l'aide à une famille sinistrée).

La Justice Informelle : Le Rôle du Conseil

Bien que la justice formelle fût du ressort du seigneur ou du roi (puis de la paroisse/commune), la frairie conservait une fonction de régulation sociale et de justice informelle :

• Arbitrage : Les anciens ou les fabriciens jouaient le rôle d'arbitres pour résoudre les conflits de voisinage, les querelles de limites de champs, ou les désaccords d'héritage.

• Maintien de l'Ordre Moral : La pression sociale de la frairie était très forte pour garantir la bonne conduite de ses membres. L'exclusion (même temporaire) ou le blâme public étaient des sanctions redoutées.

• En résumé, l'organisation de la frairie était une démocratie locale de chefs de famille (patrilinéaire), centrée sur la gestion du sacré et du patrimoine, tout en assurant l'entraide économique nécessaire à la survie de la communauté. Cette décentralisation du pouvoir et de l'action est ce qui a permis à ces structures de perdurer à travers les siècles.

- 1447, la paroisse de Carentoir comporte

Seize frairies dont trois à La Gacilly :

• le bourg de La Gacilly.

• la Bouère avec la Ville aux Aînés, la Ville d’Aval, le Haut et Bas Lieuvy, les Villes Geffs, la Haute et Basse Provostais, la Mandraie, Dramels, les Tay aux Epaillard et aux Perré, la Haute et Basse Gazaie.

• Saint-Jugon avec Saint-André, Buhan, Brozéas, la Haute Bardaie, la Corblaie, la Gourgandaie, le Châtelier, Haudiart, la Glouzie, le Chêne, le Pâtis, Lauloyer, le Laurier-Vert, Grand et Petit Mabio, la Roche Gestin, le Palis-Percé, la Saudraie, la Villio, la Ville Orion, la Villouët, la Ville Jarnier, Talhuart.

- 1573.

Cette année-là, une réorganisation religieuse dut intervenir et la trève de La Gacilly, en plus des frairies de la ville, de la Bouère et de Saint-Jugon récupéra une partie de la frairie de Saint-Jacques sur Carentoir et eut alors la permission de remplir des registres de catholicité, c’est à dire des registres paroissiaux. D’ailleurs, à partir de cette date, certains prêtres n’hésitèrent pas à porter la mention « dans l’église paroissiale de La Gacilly ».

Pendant ces années, l’église de La Gacilly semble jouir d’une certaine indépendance ; le doyen, par exemple, n’y paraît que pour les enterrements de prêtres ou lorsque, par commission de l’évêque, il vient bénir une chapelle ou une cloche, le procès-verbal dit de La Gacilly : « trève dépendant de notre doyenné et non de notre paroisse. »

Pardon

Procès et résistance à la féodalité : le cas de Carentoir

Organisation territoriale et conflits

• La paroisse de Carentoir était divisée en frairies, contrairement à sa voisine Guer, organisée en « traits ». Cette division administrative et financière permettait une gestion collective des terres et des ressources, limitant l’emprise seigneuriale.

• Les frairies de Carentoir étaient souvent en conflit avec les seigneurs locaux pour la délimitation des terres, la perception des dîmes, ou la gestion des chapelles. Par exemple, la chapelle Saint-Joseph, construite en 1608 près du manoir de L’Épinay, était entretenue par les habitants de la frairie, qui finançaient aussi les messes et les fêtes.

Procès et archives

• Les archives de la commanderie du Temple de Carentoir mentionnent des litiges sur les droits de dîme et la répartition des revenus entre le commandeur, le recteur et le prieur. Ces conflits étaient parfois portés devant le Parlement de Bretagne ou les juridictions seigneuriales.

• Les frairies de Carentoir ont aussi été impliquées dans des procès contre des seigneurs pour défendre leurs droits d’usage sur les terres communes, notamment contre des tentatives de privatisation ou d’augmentation des redevances.

1573

Cette année-là, une réorganisation religieuse dut intervenir et la trève de La Gacilly, en plus des frairies de la ville, de la Bouère et de Saint-Jugon récupéra une partie de la frairie de Saint-Jacques sur Carentoir et eut alors la permission de remplir des registres de catholicité, c’est à dire des registres paroissiaux.

D’ailleurs, à partir de cette date, certains prêtres n’hésitèrent pas à porter la mention « dans l’église paroissiale de La Gacilly ». Pendant ces années, l’église de La Gacilly semble jouir d’une certaine indépendance ; le doyen, par exemple, n’y paraît que pour les enterrements de prêtres ou lorsque, par commission de l’évêque, il vient bénir une chapelle ou une cloche, le procès-verbal dit de La Gacilly : « trève dépendant de notre doyenné et non de notre paroisse. »

1790

Pour marquer l’émancipation de la commune de La Gacilly, certains de ses citoyens abattirent la croix de la chapelle Saint-Vincent. La création des communes amena bien des litiges surtout entre La Gacilly et Carentoir qui perdait ainsi ses trèves. Le 26 avril 1791, le citoyen Joseph Guéhéneuc, officier municipal de La Gacilly, se plaint auprès du Directoire de Roche-des-Trois qu’il vient d’être désigné par la municipalité de Carentoir pour assurer la collecte du vingtième et des fouages pour l’année 1790 dans les frairies de la Bouère et de Saint-Jacques.

Pendant cette période intermédiaire entre l’Ancien Régime et l’administration issue de la Révolution, la collecte des impôts obéit encore aux règles anciennes. Il faut savoir également qu’avant la Révolution, Carentoir était le siège du doyenné et que La Gacilly n’en était qu’une trève ; or, à cette époque, c’est le doyenné ou la paroisse qui est chargé de la collecte des impôts. Joseph Guéhéneuc se plaint parce que cette nomination est tardive, qu’il est seul pour faire cette collecte, alors qu’en fait, il habite La Gacilly. enfin il a déjà été désigné pour faire cette corvée en 1789, ce n’est donc pas à lui d’y être assujetti.

La municipalité de Carentoir répond qu’elle n’est pour rien dans le retard apporté à la nomination, ayant reçu les rôles d’imposition de Vannes seulement le 1° avril ; que l’année précédente, c’est Joseph Métayer qui a fait la collecte ; que, si l’année suivante, il était encore désigné, ce que l’on ne se propose pas, ce ne serait pas une injustice puisque chaque paroissien, après avoir fait la collecte de sa frairie, est encore assujetti à faire la recette générale de la paroisse ; enfin il est notoire que Guéhéneuc possède des biens dans la frairie de Saint-Jacques qui lui rapportent deux cents livres de revenus.

A leur tour, les municipaux de La Gacilly défendent leur collègue. Pour eux, Joseph Guéhéneuc a bien fait la collecte de la capitation dans la frairie de Saint-Jacques en 1789 et il est d’usage de n’assujettir un particulier à une nouvelle corvée que trois ans après la décharge de la première. Par ailleurs, étant officier municipal, il est tenu d’assister souvent aux délibérations et ne peut être surchargé de travail. Enfin la municipalité de La Gacilly fait observer à Messieurs les Administrateurs du district que, depuis leur rivalité (sic), les citoyens de La Gacilly n’ont cessé d’être opprimés par Carentoir ; ils citent à l’appui de leurs dires plusieurs cas similaires concernant également le recouvrement de l’impôt.

Très rapidement, le 16 mai 1791, le Directoire du district de Roche-des-Trois donne son avis sur le litige. Après avoir analysé les faits, il propose à la municipalité de Carentoir de nommer un autre collecteur d’impôts que Guéhéneuc, celui-ci étant officier municipal de La Gacilly, puis transmet le dossier au Directoire du département pour information.

De par le Roi.

IL est ordonné à Joseph Fichet, demeurant à la Pescelaie, de travailler avec Jean-Marie du Hirel ! à prendre les noms et la demeure de tous les requis de La Gacilly, de la frairie de Saint-Jacques et de celle de Saint-Julien ; de signifier aux requis que rien ne peut les dispenser de marcher aux ordres qui leur seront donnés, sans égard. aux exemptés par la République, et ceux mariés depuis la réquisition, ni à ceux qui ont atteint depuis l'âge de la réquisition. On n'exigera point des requis qu'ils sortent pour aller combattre loin de leur pays ; mais simplement pour sa défense. Toutes les paroisses voisines sont déjà organisées. Aujourd'hui il faut opter entre le roi et la République. Si, contre notre attente, il s'en trouvait qui refusassent de s'inscrire et d'obéir aux ordres qui leur seraient donnés, et qui préférassent de garder une neutralité coupable, ils seraient regardés comme rebelles aux ordres du roi, et traités comme tels.

fait à Carentoir, le 8 mai 1705.

Signé, DESOL DE GRISOLLES, chef.

 

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